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[Exclusif] Les fusions-acquisitions dans les semi-conducteurs tombent à leur plus bas niveau en 4 ans

Ridha Loukil , , ,

Publié le

Etude La fièvre des fusions-acquisitions dans les semi-conducteurs tombe en 2018 avec, selon le décompte de L’Usine Nouvelle, 38 transactions annoncées pour un montant de 34,5 milliards de dollars, le plus bas en quatre ans. Un recul dû au contexte géopolitique mondial sur fond de tensions entre les Etats-Unis et la Chine.

[Exclusif] Les fusions-acquisitions dans les semi-conducteurs tombent à leur plus bas niveau en 4 ans
Les semi-conducteurs, objet d'une bataille féroce entre les Etats-Unis et la Chine

La vague de consolidation sans précédent, qui secouait l’industrie des semi-conducteurs depuis 2015, tombe brutalement. Selon le décompte de L’Usine Nouvelle, les entreprises du secteur ont conclu 38 fusions-acquisitions et accords d'investissement en 2018 pour un montant estimé à 34,5 milliards de dollars. C’est le résultat le plus bas en quatre ans. C’est loin, très loin du record de 188 milliards de dollars enregistré en 2017.

Une seule transaction à plus de 1 milliard de dollars

Ce record est dû à l’OPA hostile de Broadcom, géant américain des circuits de connectivité et réseau, sur son compatriote Qualcomm, leader mondial des puces mobiles. Par son ampleur et son audace, l’opération a créé une immense onde de choc dans l’industrie des

semi-conducteurs. Son montant initial atteint la bagatelle des 130 milliards de dollars. Un record dans toute l’histoire de la high-tech. Mais elle a été bloquée par le président américain Donald Trump pour des motifs de sécurité nationale. Sans cette opération exceptionnelle, le montant des fusions-acquisitions en 2017 aurait été de 58 milliards de dollars.

En 2018, le montant moyen des transactions chute à 908 millions de dollars, contre 3,5 milliards de dollars 2017 et 2 milliards de dollars en 2016. Si huit transactions s’affichent à plus de 1 milliard de dollars, une seule dépasse le seuil de 10 milliards de dollars : le projet d’acquisition de l’américain Microsemi par son compatriote Microchip pour 10,15 milliards de dollars.

Finies les méga transactions comme le rachat de Freescale par NXP en 2015 (11,8 milliards de dollars), de SanDisk par Western Digital en 2016 (19 milliards de dollars), d'ARM par Softbank en 2016 (31 milliards de dollars) ou de l’ex-Broadcom par Avago Technologies en 2016 (37 milliards de dollars). C’est du moins ce que pense Richard Clemmer, PDG de NXP, qui a vu le projet de rachat de son entreprise par Qualcomm pour 44 milliards de dollars tomber à l’eau faute d’un feu vert de la Chine. L’heure serait plutôt à des opérations ciblées pour compléter un portefeuille de produits, acquérir une technologie ou mettre la main sur des talents difficiles à trouver sur le marché de l’emploi. C’est ce qui semble avoir été privilégié en 2018.

Les grandes opérations désormais risquées

Le durcissement du contexte géopolitique sur fond de tensions entre les Etats-Unis et la Chine rend les grandes fusions-acquisitions risquées sur le plan règlementaire. Washington a mis son véto au rachat de Lattice, spécialiste américain de circuits logiques programmables, par un fonds d’investissement chinois, et Pékin a montré ses capacités de rétorsion en faisant capoter le projet de rachat de NXP par Qualcomm.

C’est pourquoi aucune opération n’a été menée par des acquéreurs chinois en dehors de la Chine en 2018. Ils savent qu’ils ont peu de chance de faire aboutir des transactions sur des cibles aux Etats-Unis, à Taiwan, au Japon ou même en Allemagne, qui a récemment adopté un régime restrictif de contrôle des investissements étrangers. Partout, les puissances qui comptent dans le secteur durcissent leur arsenal de contrôle pour protéger leurs joyaux dans un secteur considéré comme stratégique non seulement à l’ensemble de leur industrie mais aussi à leur sécurité nationale. Au grand dam de la Chine, qui voit ainsi ses ambitions dans les semi-conducteurs dans le cadre de son plan MIC 2025 sérieusement contrecarrées.

Un an de consolidation

·      38 opérations de fusion-acquisition ou d’investissement annoncées (53 en 2018, 80 en 2016 et 65 en 2015)

• Montant total de 34,5 milliards de dollars (188 milliards de dollars en 2017,  148,2 milliards de dollars en 2016  et 123,5 milliards de dollars en 2015)

• Moyenne par transaction : 908 millions de dollars (3,55 milliards de dollars en 2018,  1990 millions de dollars en 2016 et 1900 millions de dollars en 2015)

• 1 transaction à plus de 10 milliards de dollars (3 en 2017, 3 en 2016 et 5 en 2015)

• 8 transactions de plus de 1 milliard de dollars (6 en 2017, 19 en 2016 et 11 en 2015)

• L’opération la plus chère : 1,15 milliard de dollars (130 milliards de dollars en 2017,  47 milliards de dollars en 2016 et 37 milliards en 2015)

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