L'Usine Santé

Exclusif : "L’affaire Sanofi ne méritait pas tout ce battage médiatique"

Gaëlle Fleitour

Publié le

Entretien Christian Lajoux, président de Sanofi France, revient pour L’Usine nouvelle sur le plan de restructuration du premier groupe pharmaceutique mondial.

Exclusif : L’affaire Sanofi ne méritait pas tout ce battage médiatique © KERBAOL Gaël

L'Usine Nouvelle - Arnaud Montebourg s’est réjoui hier, mercredi 10 octobre, que Sanofi ait renoncé à des licenciements… Mais il n’en avait pourtant jamais été question ?
Christian Lajoux - Il n’y aura aucun licenciement. Le ministre voulait des réassurances. Sanofi fonctionne sur la base du volontariat.

Selon le ministre, le site de recherche de Toulouse est "préservé". Toute cession du site est donc écartée ?
Le site de Toulouse n’est pas dans le plan de restructuration actuel, hormis l’infectiologie et quelques fonctions supports. Pour le site de Toulouse, une mission ministérielle sera mise en place. Sanofi analysera les recommandations de cette mission avec la volonté d’étudier toutes les options pour que le site garde, à terme, une vocation scientifique ou technologique. Mais surtout, calmons le jeu sur cette affaire Sanofi qui ne méritait pas tout le battage médiatique qu’elle a eue ! Je pense que le ministre dit la même chose, avec ses mots.

Vous sentez-vous lié par les futures conclusions de la mission ?
Je me sens lié par tout ce que nous disons : nous allons faire cette restructuration sur la base du volontariat, sans licenciement. Nous acceptons les principes de cette mission et serons attentifs à ses conclusions. Mais je souhaite surtout que l’on retrouve un climat apaisé autour de ce que Sanofi veut mettre en place. Un climat apaisé avec le gouvernement, les collectivités territoriales et en premier lieu nos partenaires sociaux, qui sont nos interlocuteurs de premier plan.

A part les activités maladies infectieuses qui seront ramenées sur d’autres sites, est-il trop tôt pour savoir si d’autres activités vont être transférées ?
Les activités d’infectiologie et quelques fonctions support sont concernées.  Je vous rappelle que la procédure d’information et de consultation des partenaires sociaux débute aujourd’hui avec la tenue des premières réunions des CCE des entités concernées.

Selon le Ministre, vous vous êtes engagés à continuer à soutenir la recherche à Toulouse et l’Oncopôle.  De quelle manière ?
Sanofi continuera à soutenir l’Oncopôle.

Allez-vous poursuivre le partenariat signé avec Aviesan en mars dernier ?
Bien sûr : tous les partenariats seront poursuivis, y compris l’accord de collaboration de recherche translationelle en oncologie, signé le 29 mars avec l’Institut Claudius Regaud.

La CFDT a estimé à 3 000 le nombre d'emplois qui subiront l'impact de la restructuration, entre suppressions, départs volontaires, transferts… Est-ce correct ?
Je ne sais pas d’où vient ce chiffre ! Aujourd’hui, nous avons remis aux partenaires sociaux le livre 1 et le livre 2 dans lesquels sont comptabilisés, poste par poste, les postes concernés par la restructuration. Les seuls chiffres que nous ayons jamais donnés et que nous confirmons sont ceux-là : une réduction de 914 postes à l’horizon 2015.

La semaine dernière, l’annonce par Sanofi du rachat d’un fabricant colombien est mal passée auprès de certains de vos salariés, qui organisaient ce jour-là une grande manifestation contre la restructuration. Est-ce une erreur de communication ?
Il y a confusion des genres. Ce qui se passe sur le territoire français n’a aucun lien avec ce rachat, qui fait partie de la stratégie de croissance du groupe.

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