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L'Usine Santé

Exclusif : En France, Sanofi Pasteur se réorganise pour préparer sa croissance

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

Exclusif La direction de Sanofi Pasteur va dénoncer les accords d’entreprise concernant le temps de travail pour rendre la production de vaccins plus compétitive en France, en contrepartie d’investissements importants. Et entend céder ses activités historiques de sérum anti-rage et anti-tétanos.

Transformation en vue pour Sanofi Pasteur, la division vaccins du groupe pharmaceutique Sanofi. Lundi 30 novembre, une réunion s’est tenue sur les orientations stratégiques de cette filiale, numéro trois mondial du marché des vaccins avec 3,97 milliards d’euros de ventes l’an dernier.

Les trois sites français repositionnés
A l’horizon 2030, les trois usine de Sanofi Pasteur devront être repositionnées en pôles d’excellence. Le site de Marcy l’Etoile serait dédié à la formulation et la production de vrac et de vaccins pédiatriques, finie la mise sous forme et la répartition. Neuville, spécialisé sur la dengue, deviendrait le pôle d’innovation technologique. Et Val de Reuil se spécialiserait dans la production des vaccins anti-grippe et la mise sous forme. Des repositionnements qui vont se faire sur la durée, au fur et à mesure des investissements, veut rassurer la direction.
Objectif, préparer l’horizon à dix ans. Les perspectives sont plutôt réjouissantes : Sanofi Pasteur entend doubler ses ventes, grâce à l’augmentation de ses parts de marché (en tirant notamment parti des difficultés rencontrées par son concurrent GSK dans les vaccins pédiatriques) et de nouveaux lancements : treize produits sont en cours de développement. Dont l'innovant vaccin contre la dengue, auquel est dédié le site de Neuville-sur-Saône (Rhône-Alpes), au chômage technique pour quelques mois, nous révèle une source syndicale.

Mais l’outil industriel de Sanofi Pasteur se fait vieillissant, voire insuffisant, et les ruptures d’approvisionnement se sont multipliées sur ses produits. "A tel point que les campagnes de vaccinations ont dû être interrompues ou adaptées dans plusieurs pays », souligne un document transmis aux partenaires sociaux, que L’Usine Nouvelle s’est procuré.

Concurrence avec les autres usines mondiales

Sanofi Pasteur a donc décidé d’investir massivement : « la société va investir 1,3 milliard d’euros sur trois ans au niveau mondial, dont 463 millions pourraient être alloués à la France, confie un porte-parole à L’Usine Nouvelle. Mais pour cela, nous faisons une analyse comparée de nos capacités de production. » Les trois sites français – situés à Marcy l’Étoile (Rhône-Alpes), Neuville et Val de Reuil (Eure) - sont donc en concurrence avec les usines d’Amérique du Nord, d’Amérique Latine et d’Asie.

Trois critères ont été examinés, selon la direction : les compétences, la conformité aux exigences des autorités sanitaires, et la « capacité et souplesse »  de l’outil  de production. Or sur ce dernier point, le bât blesse: selon ses calculs, les salariés français travailleraient dans les faits 28 heures chaque semaine, contre 33 heures chez la concurrence. Et l’organisation trop rigide ne permettait pas de répondre à des pics d’activités liés aux appels d’offres, épidémies…

Des investissements conditionnés aux nouveaux accords

Pour gagner en flexibilité et en productivité, tout en gagnant du temps sur les procédures, Sanofi Pasteur a donc décidé de dénoncer les accords d’entreprise concernant l’organisation et le temps de travail. Y compris ceux des sites de Marcy l’Etoile, Val de Reuil et Lyon. « La direction voudrait s’attaquer aux rythmes de travail, y compris les RTT, et les simplifier: il en existe vingt à travers la France, mais c’est elle qui les avait mis en place !, s’inquiète un syndicaliste. Et elle fait planer la menace de non-investissement en cas d’absence d’accord. »

Le document est clair : « Ces investissements, s’ils sont réalisés en France, contribueraient à la pérennité de l’activité et des emplois sur nos sites en France. La refondation rapide de notre organisation du travail en est un prérequis. »

 

 

Le désengagement dans les sérums, « un problème de santé publique »

Le 9 décembre se tiendra donc une réunion extraordinaire du Comité Central d’Entreprise, la négociation devant se finaliser entre mars et juin 2016.

Dans sa vision stratégique, Sanofi Pasteur prévoit également de se séparer d’ici 2020 de certains produits fabriqués en France. Dont une activité historique : l’immunoglobuline équine, qui intègre la fabrication des sérums anti-rage, anti-venin et anti-tétanos... « Notre sérum contre la rage est délivré aux personnes déjà touchées, il permet de sauver des vies, poursuit le syndicaliste. Mais il ne rapporterait pas assez et devrait être revendu à quelqu’un disposant de la même politique de santé publique selon Sanofi. Pourtant, c’est ce qui a fait la croissance de Pasteur depuis les années 80, on se sépare de notre identité! Et le désengagement dans le tétanos risque d’engendrer un problème de santé publique. »

Ces activités ne font plus partie du cœur de métier, depuis que Sanofi Pasteur s’est recentré sur les vaccins, et non plus dans les dérivés sanguins, selon le porte-parole. « Nous ne sommes pas pressés, cela se fera progressivement », estime-t-il. Un bâtiment à Marcy, un site à Alba-la-Romaine (Ardèche) seraient concernés. Selon nos informations, le lyonnais Fab’entech, start-up fondée il y a cinq ans à partir d’une technologie développée par Sanofi Pasteur, pourrait être intéressé.

Gaëlle Fleitour

La hausse des effectifs
France Sanofi Pasteur comptait 6 429 salariés dans l’Hexagone à fin juin. "Nous avons investi 1,5 milliard d’euros en France ces dix dernières années, et recruté 600 personnes depuis douze mois. Nous sommes dans une spirale positive", assure son porte-parole. Mais Sanofi Pasteur a été restructuré, tout comme les activités R&D du groupe Sanofi, en 2012. « Ces embauches ont répondu à l’accroissement de la charge de travail, et nous sommes revenus au niveau d’avant le plan de restructuration, estime un syndicaliste. Mais la masse salariale a diminué, avec le départ d’anciens remplacés par des jeunes, avec une perte de savoir-faire qui a causé beaucoup de problème sur le site de Marcy, et notamment des retards de production. »

 

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1 commentaire

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04/12/2015 - 14h42 -

"sur ce dernier point, le bât blesse: selon ses calculs, les salariés français travailleraient dans les faits 28 heures chaque semaine, contre 33 heures chez la concurrence" mensonges et désinformation afin de justifier l'injustifiable: la suppression des RTT, étant moi-même salarié de sanofi pasteur à la journée je travaille 39h/semaine alors renseignez vous avant d'avancer des absurdités
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