Evonik s'empare de PeroxyChem

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Evonik s'empare de PeroxyChem

« La transaction s’élève à 625 millions de dollars »

D'ordinaire plus prompt à miser sur la croissance organique plutôt qu'externe, Evonik sort parfois du bois. En 2016 notamment, lorsqu'il avait déboursé 630 millions de dollars pour mettre la main sur la division Silice de l'Américain JM Huber (CPH n°785) et surtout quand il avait repris les spécialités et additifs pour revêtements d'Air Products pour 3,8 Mrds $ (CPH n°760) ! Une transaction record pour le chimiste allemand qui, en termes d'acquisitions depuis sa constitution en 2007, privilégie les petites opérations ciblées. Le plus souvent sans dépasser les montants à deux chiffres. L'opération PeroxyChem vient ainsi se ranger parmi les plus importantes d'Evonik pour sa croissance externe. La transaction s'élève à 625 millions de dollars (près de 548 M€), selon l'annonce, le 8 novembre, de l'accord conclu avec le fonds d'investissement One Equity Partners, propriétaire du chimiste américain depuis 2014.

Dans sa communication, Evonik met surtout l'accent sur la rentabilité de sa cible. L'opérateur américain, spécialiste du peroxyde d'hydrogène, des persulfates et de l'acide péracétique, devrait générer, en cette année 2018, un Ebitda ajusté de l'ordre de 60 M$ pour un chiffre d'affaires d'environ 300 M$. Soit une marge d'Ebitda de 20 %, donc très profitable, et au-dessus de la performance actuelle de celle d'Evonik (18 % au troisième trimestre 2018). Le chimiste allemand n'hésite donc pas à signer un chèque d'une valeur de près de 8 fois l'Ebitda ajusté de PeroxyChem afin de s'emparer de cette pépite. De plus, Evonik espère tirer de cette acquisition, qui pourrait être finalisée mi-2019, des synergies annuelles de l'ordre de 20 M$ dès 2022.

L'intérêt ne s'arrête évidemment pas à cette seule rentabilité. Evonik y voit l'opportunité de renforcer et surtout de compléter ses positions dans le peroxyde d'hydrogène, dont il est l'un des leaders mondiaux, et l'acide péracétique. L'attrait se situe en particulier sur les marchés finaux, avec des applications de spécialités jugées à haute valeur ajoutée. Pour ces deux segments, les applications de spécialités offriraient des taux de croissance d'environ 6 %, assure le chimiste allemand. Or PeroxyChem serait très bien positionné sur des marchés très sophistiqués et bien moins cycliques, comme les applications dans les secteurs de l'environnement, de la sécurité alimentaire et des semi-conducteurs. Les trois quarts des bénéfices de l'Américain proviendraient de ces applications de spécialités.

Les racines de PeroxyChem remontent au début du 20e siècle, héritées de l'Espagnol Foret et du New-Yorkais Buffalo-Electro-Chemical Company. PeroxyChem est aujourd'hui implanté à Philadelphie, en Pennsylvanie. L'entreprise recense 600 salariés dans le monde et détient huit sites industriels. Cinq sont situés en Amérique du Nord, États-Unis en tête (4), dont un site qui devrait entrer en service avant la fin de l'année à Memphis, dans le Tennessee. Deux sont localisés en Europe, à Rheinfelden en Allemagne et La Zaida en Espagne. Le dernier se trouve à Saraburi, en Thaïlande. Ce réseau industriel permettra d'étoffer celui d'Evonik. Sa business unit Active Oxygens dispose aujourd'hui de 13 implantations industrielles dans le monde, majoritairement en Europe du Nord (4) et dans la zone Asie-Pacifique (4). Aux Amériques, Evonik recense quatre bases dont deux au Canada, ainsi qu'aux États-Unis et au Brésil. Enfin, le groupe allemand détient une usine en Afrique du Sud.

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