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Evolis, ETI de l'année 2018, roi de l'impression de cartes plastiques

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Made in France Devenu en quinze ans le leader mondial des imprimantes de cartes plastiques, Evolis entend conforter son succès en diversifiant ses marchés.

Evolis, ETI de l'année 2018, roi de l'impression de cartes plastiques
Ayant fait le choix du made in France, Evolis s’appuie sur le lean pour raccourcir les délais de production dans son usine d’Angers.
© Jean-Claude Moschetti - REA

Derrière les badges d’identification, les passes de transport ou les cartes de fidélité, se cache un champion français inconnu du grand public : Evolis. Cette ETI angevine de 380 personnes, dont 240 en France, fait figure de leader mondial des imprimantes de cartes plastiques au format carte de crédit. En quinze ans d’existence, elle a réussi à s’imposer face aux géants américains Entrust Datacard, HID Global et Zebra Technologies. Avec 54 600 imprimantes écoulées en 2017, elle revendique 22 % du marché mondial et affiche un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros, dont 89 % à l’international. Son plan de développement prévoit d’atteindre les 100 millions d’euros en 2020.

Pour Emmanuel Picot, son PDG et cofondateur, la recette du succès tient en trois mots : flexibilité, agilité et qualité. "Nous sommes d’abord 100 % focalisés alors que, chez nos grands concurrents, l’impression de cartes n’est qu’une activité parmi tant d’autres, explique-t-il. Ceci nous donne la capacité de ne pas livrer que des produits standards mais de les adapter aussi aux appels d’offres et demandes spécifiques des clients. Cette flexibilité est rendue possible par l’agilité de notre outil industriel. Nous bénéficions enfin d’une culture forte de qualité. Ce sont là trois atouts qui font que nous sommes devenus le leader mondial."

Evolis est fondé en 2000 par Emmanuel Picot avec quatre associés. Mais leur aventure a débuté seize ans plus tôt avec la création en 1994 à Angers (Maine-et-Loire) de Privilège Card. Le jeu des fusions-acquisitions fait que la start-up tombe en 1998 dans l’escarcelle de Zebra Technologies. Les cinq associés décident alors de partir pour tout recommencer à zéro en créant Evolis avec l’ambition de battre l’ogre américain. Un défi tout aussi osé que risqué.

Les débuts sont difficiles. Evolis se garde bien d’entrer en concurrence frontale avec Zebra Technologies en prospectant d’autres clients et d’autres régions. Les efforts finissent par payer avec, en 2001, la première commande significative d’une centaine de machines en Corée du Sud. La start-up entame alors une croissance que plus rien n’arrêtera. Mais le tournant s’opère réellement en 2015. À l’occasion des élections présidentielle et législative, la Tanzanie lance un appel d’offres pour l’acquisition de 8 400 imprimantes et l’émission des cartes d’électeurs. Les machines sont à livrer en quatre mois. Un délai jugé trop court par les concurrents d’Evolis qui préfèrent abandonner la course. Le français tient une occasion inouïe de prendre sa revanche. Il fonce et sonne la mobilisation générale tant en interne qu’auprès de ses fournisseurs et sous-traitants. Pari réussi. Ce contrat de 3,8 millions d’euros, le plus gros de son histoire, le propulse alors en tête du marché.

Dès le départ, Evolis fait le choix du made in France en fabriquant ses produits dans son usine d’Angers."Nous nous sommes battus contre cette chimère qui consiste à faire fabriquer en Chine, confie Emmanuel Picot. Nous avions raison, car nous ne sommes pas dans les grands volumes pour justifier une délocalisation de la production. Et nous travaillons de plus en plus en mode projet avec une intrication poussée des équipes de développement, de production et de commercialisation, incompatible avec une production délocalisée." L’ETI ne se contente pas d’assembler ses produits. Elle fabrique également les pièces d’habillage et la plupart des pièces techniques plastiques, et développe l’électronique et le logiciel embarqué. Mais la fabrication des cartes électroniques est sous-traitée auprès de Cofidur, à Laval (Mayenne), et d’Emka, à la Roche-sur-Yon (Vendée). Elle fait de la proximité de sa chaîne logistique la clé de sa réactivité. "Plus de 70 % de nos 180 fournisseurs sont en France, assure François Merienne, le directeur industriel. La plupart travaillent avec nous depuis le début. Nous les considérons comme de vrais partenaires." Cela a joué un rôle déterminant dans le succès du contrat de la Tanzanie.

De l’agilité industrielle aux nouvelles opportunités

La réussite d’Evolis tient aussi à la performance, la flexibilité et l’agilité de son outil de production. Depuis 2013, le lean est appliqué à tous les niveaux pour traquer les gaspillages, raccourcir les délais ou encore booster la productivité. En quatre ans, la production a été doublée pour la même surface et le taux de défauts a été divisé par quatre. Loin de se reposer sur ses lauriers, Evolis se transforme en un fournisseur de solutions intégrées d’impression. D’où l’acquisition en 2014 de Cardpresso, un éditeur portugais de logiciels applicatifs. "Nous sommes vus comme un constructeur d’imprimantes de personnalisation de cartes plastiques, explique Emmanuel Picot. Nous voulons devenir un éditeur de solutions d’identification de biens et de personnes. C’est une mini-révolution. Car derrière ce slogan, notre ambition est d’aller chercher de nouvelles opportunités."

La diversification des marchés reste un axe fort de cette stratégie. Car, dans certaines applications, le numérique tend à remplacer la carte par une appli sur smartphone. C’est déjà le cas dans les cartes de fidélité, et le mouvement pourrait toucher les titres de transport."Je vois la menace, non pas dans la compétition, mais dans le changement des pratiques, confie Emmanuel Picot. Nous devons l’anticiper en cherchant de nouvelles opportunités pour compenser les marchés qui n’existeront plus." C’est ainsi qu’Evolis a fait son entrée, en 2017, dans l’étiquetage de produits frais dans les grandes surfaces et les commerces avec sa solution packagée d’impression Edikio. La société table sur la livraison de 40 000 unités d’ici à 2021, pour un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros en cinq ans. Ce n’est que le début de la diversification.

Naissance d’un leader mondial

  • 1994 : Emmanuel Picot et quatre associés créent à Angers la société Privilège Card pour développer et fabriquer des imprimantes de cartes plastiques au format de carte de crédit.
  • 1996 : les cinq fondateurs cèdent leurs participations à l’américain Eltron International qui, deux ans plus tard, est absorbé par son compatriote Zebra Technologies.
  • 2000 : les cinq associés quittent le groupe pour recommencer l’aventure à zéro en créant Evolis. Ils se fixent un défi : battre Zebra Technologies sur le marché.
  • 2015 : Evolis remporte son plus gros contrat auprès de la Tanzanie. Mais le délai de livraison est très court. L’ETI relève le défi et est propulsée au rang de numéro un mondial.
  • 2017 : Evolis entreprend sa première diversification stratégique avec une solution packagée pour l’étiquetage de produits frais dans la grande distribution et les commerces.

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