Eurotunnel ouvert à la circulation de rames Siemens

PARIS (Reuters) - Eurotunnel peut faire face à l'arrivée de nouveaux opérateurs et de nouveaux trains dans le tunnel sous la Manche et estime que les règles de sécurité de l'infrastructure doivent évoluer, a déclaré mercredi son PDG Jacques Gounon.

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Le dirigeant a également indiqué que ses équipes testaient actuellement des trains fabriqués par le constructeur allemand Siemens.

La compagnie ferroviaire Eurostar, qui assure des liaisons commerciales entre Paris, Bruxelles et Londres depuis l'ouverture du tunnel sous la Manche en 1994, a annoncé le 7 octobre son intention d'acheter des rames à grande vitesse Siemens au détriment du fournisseur historique Alstom pour quelque 800 millions d'euros, une décision qui a provoqué la colère des pouvoirs publics français.

Le ministère de l'Ecologie français et le secrétariat d'Etat chargé des Transports ont notamment souligné que les trains Siemens ne respectaient pas les critères de sécurité en vigueur dans le tunnel.

"Nous pouvons gérer l'arrivée de nouveaux opérateurs et matériels tout en améliorant la sécurité de l'exploitation", a fait valoir Jacques Gounon au cours d'une conférence de presse.

"En tant qu'exploitant du tunnel, je suis dans l'approche de faire tester et homologuer différents systèmes de train", a-t-il ajouté.

La France a fait valoir que les trains proposés par Siemens n'étaient pas suffisamment longs et, surtout, que leur motorisation, répartie sur l'ensemble du train sous les wagons de voyageurs, posait des risques de sécurité incendie.

"Nous considérons que la 'motorisation répartie' doit être testée, c'est pour cette raison que nous allons mener des tests", a expliqué Jacques Gounon.

Une rame à grande vitesse Siemens est entrée dans le tunnel sous la Manche mercredi et un autre essai, avec des figurants à bord cette fois, interviendra dans la nuit du samedi 16 au dimanche 17 octobre. La rame sera toutefois "poussée" par des locomotives pour éviter à la motorisation répartie d'être activée par mesure de sécurité.

"Le test que nous allons effectuer a reçu l'accord de la CIG (la commission intergouvernementale franco-britannique chargée de la sécurité dans le tunnel). Nous fournirons les résultats de ces tests à la CIG qui prendra ensuite ses responsabilités, je rappelle qu'en mars 2010, la CIG s'était déclarée ouverte à la motorisation répartie", a-t-il dit.

"Nous avons la concession des tunnels jusqu'en 2086 et on ne pourra pas continuer l'exploitation avec des règles de sécurité établies en 1986. Je suis neutre vis-à-vis des matériels et des opérateurs mais il doit y avoir des évolutions", a-t-il ajouté.

Le dirigeant a refusé de commenter spécifiquement la décision d'Eurostar mais s'est dit convaincu que le matériel Siemens remplirait les critères de sécurité de la CIG.

Eurotunnel, qui perçoit des redevances perçues pour le passage des trains entre la France et la Grande Bretagne, étudie les demandes de plusieurs compagnies ferroviaires désireuses d'emprunter le tunnel dans le cadre de libéralisation du transport ferroviaire de passagers en Europe.

La Deutsche Bahn veut notamment utiliser le tunnel à partir de 2012 à l'occasion des Jeux Olympiques de Londres.

Matthias Blamont, édité par Jean-Michel Bélot

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