Europe, Impôts, Made in France, ISF... : les phrases chocs de Christophe de Margerie

Certains le trouvaient provoquant, d’autres réalistes. Ce qui est sûr, c’est que Christophe de Margerie n’avait jamais hésité à dire ce qu’il pensait. Et sa belle mécanique intellectuelle lui permettait de justifier des affirmations parfois dérangeantes, souvent iconoclastes. Florilège de ses innombrables phrases-chocs.

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Europe, Impôts, Made in France, ISF... : les phrases chocs de Christophe de Margerie

L'Europe, un pays émergent

"Ne le prenez pas comme une provocation, je pense que l'Europe devrait être reconsidérée comme un pays émergent" (forum économique mondial (WEF) - janvier 2014)

Cette phrase de l’ex-PDG de Total au Forum de Davos a fait couler beaucoup d’encre. Christophe de Margerie appelait l’Europe à refonder entièrement son modèle économique pour faire face à la montée des nouveaux pays émergent. "Franchement, nous avons besoin d'un nouveau départ. Arrêtons de penser que nous pouvons redémarrer à partir de choses qui ne peuvent plus être sources de développement ou de croissance pour nos pays", avait-il ajouté pour préciser sa pensée.

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Vive l'industrie Française

"Quand on parle du rayonnement de la France à l’étranger, on pense surtout à la culture, à la bouffe, mais pas à l’économie ou la technologie. C’est bien dommage. Les plus beaux fleurons de l’industrie européenne sont français" (Forum de Rennes - Mars 2013)

Invité à la conférence de Rennes sur le thème "Pessimisme, l’hexago-mal". Christophe de Margerie s'était livré à une critique en règle de l’Union Européenne, la qualifiant de "monstre sans tête". Il a aussi critiqué l’excès d’impôts : "Les Chinois ne comprennent pas pourquoi on fait tant d’impôts en ce moment, et qu’on dit qu’il n’y a pas de relance de l’économie. Effectivement, on n’aura jamais de reprise de l’économie basée sur des impôts".

Bouc-émissaire

"Une société qui gagne de l'argent, c'est une cible facile. C'est un bouc-émissaire. C'est ma grosse bataille. On aime bien les gens de Total mais on n'aime pas Total. Parce que Total est un mythe. Gagner de l'argent n'est pas en soit négatif. Total fait beaucoup plus qu'on ne le pense en tant que société française. Ça sera reconnu peut-être un jour" (Interview France Info - Janvier 2012)

Total le mal-aimé, Total le mal compris. Cela aura été un combat de tous les jours pour Christophe de Margerie. A chaque annonce de résultats, le groupe encaissait une salve de critiques sur les bénéfices record du groupe. A chaque fois, le patron est monté au créneau pour défendre la société et rappeler que les bénéfices prouvent que le groupe est bien géré. En petit comité, il disait être le patron le plus mal aimé de France mais qu’il ferait tout pour changer cette image.

Rêve d'impôts

"Notre activité française est en perte. (...) Nous ne pouvons pas payer d’impôts sur des pertes (…) Mon rêve, ce serait de payer plus d’impôts en France" (Conférence de Résultats de Total - janvier 2014)

Le rêve de Christophe de Margerie de payer des impôts en France ne le quittait jamais. Il en parlait régulièrement. Mais cela devait passer par une restructuration de l’activité du raffinage hexagonal, une tâche qu’il avait entamée dès 2010, en fermant la raffinerie de Dunkerque et en investissant massivement dans le site de Gonfreville-l’Orcher. Ces premières rationalisations n’avaient pas permis au groupe de renouer avec les bénéfices dans le pays.

Gattaz et l'ISF

"Ne faisons pas non plus de surenchère. (…) Non l'ISF ne peut pas être supprimé, tu le sais bien. L'ISF ce n'est pas un problème Medef, c'est un problème personnel. Tu voulais dire que trop d'impôt tue l'impôt. On est bien conscient de cela. Mais il faut aussi faire attention parce que l'ISF est considéré comme un sujet très sensible et je crois qu'on n'a pas intérêt à le mettre en avant comme une priorité" (Université d’été du Medef - Août 2013)

Christophe de Margerie, invité en ouverture de l’université d’été du Medef 2013, répondait alors au nouveau Patron des patrons, Pierre Gattaz. Ce dernier appellait à mettre fin à l’ISF, impôt "destructeur d’emplois". Cette passe d’arme n’empêche pas aujourd’hui Pierre Gattaz de rendre hommage au grand patron : "Le décès de Christophe de Margerie est une immense perte pour notre pays. Cet homme était visionnaire, il était un grand expert. Mais c'était également une personnalité charmante. Christophe de Margerie était un homme plein d'attentions, d'humour et de finesse".

Ludovic Dupin

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