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L'Usine Aéro

Euronaval, reflet d’un secteur de la défense navale en forte concurrence

Hassan Meddah , , ,

Publié le

36 exposants australiens, 32 italiens, équipementiers japonais et chinois qui font leur arrivée….Cette édition du salon qui réunira 400 sociétés de la défense et de la sécurité maritime est marquée par une forte internationalisation du secteur.

Euronaval, reflet d’un secteur de la défense navale en forte concurrence © DCNS

Les exposants se bousculent pour la 25ème édition du salon de la défense maritime qui se tient au Bourget (Seine Saint-Denis) du 17 au 21 octobre. "Nous comptons environ 400 exposants contre 350 l’an dernier. Euronaval s’impose comme le salon de référence de son secteur", se félicite Jocelyn de Virel, responsable commercial du salon. Il faut dire que les marines étrangères cherchent à se renforcer aux quatre coins du monde. Rien que dans le domaine des sous-marins, l’Australie, l’Inde, la Pologne, la Norvège, les Pays-Bas, l’Indonésie ont annoncé des projets pour renforcer leurs flottes de manière significative.

Le secteur du naval de défense suscite plus que jamais les convoitises : à l’échelle mondiale, le marché des navires de défense représente à lui seul un chiffre d’affaires annuel d’environ 40 milliards de dollars. "En cette période où le risque terroriste vient s’ajouter aux tensions régionales et aux revendications territoriales et économiques en mer, de nombreux pays maritimes font le choix de renforcer l’équipement de leurs marines", expliquent les organisateurs du salon. La production bat son plein. Ainsi l’industrie chinoise produirait 3 frégates par mois, et un sous-marins tous les 4 mois ! Les budgets russes en matière de naval militaire seraient en augmentation de l’ordre 17% d’une année sur l’autre.

Le nouvel appetit féroce du russe OSK et du chinois CSCC

De fait, les zones d’instabilité se multiplient.  Ainsi la marine française se retrouve par exemple active sur 5 zones maritimes de manière quasi permanente alors que la loi de programmation militaire (LPM 2014-2019) envisageait 2 voire 3 zones d’intervention permanente. Et avec une variété de missions : surveillance maritime, assistance aux migrants, évacuation des ressortissants, présence de souveraineté dans les eaux internationales…

Au Bourget, le salon est ainsi le reflet de l’internationalisation croissante de l’industrie du naval de défense. Parmi les 400 exposants, plus de 35 nationalités sont représentées. Un équipementier chinois et un japonais sont présents pour la première fois. Les Pays-Bas montent en puissance en disposant pour la première fois d’un pavillon. Après les Français, ceux sont les Australiens qui auront la plus forte délégation avec 37 exposants suivis des Italiens (32) et des Allemands (26). En sélectionnant DCNS pour la fourniture de 12 sous-marins, l’Australie cherche à acquérir la technologie et le savoir-faire en matière de fabrication de sous-marin afin d’être, à terme, totalement souveraine dans ce domaine.

En quelques années, le paysage concurrentiel des fabricants de corvettes, de frégates et autres sous-marins, s’est totalement transformé avec l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché international. Jusqu’ici le marché accessible était trusté par des acteurs européens dont le français DCNS, l’allemand  TKMS, l’italien Fincantieri, le néerlandais Damen… Aujourd’hui, ils doivent faire de la place à de nouveaux entrants. DCNS et TKMS ont ainsi dû affronter la concurrence inédite d’un consortium japonais lors de l’appel d’offres australien. Les Coréens, après avoir bénéficié de transferts de technologie massifs de la part des Allemands, commercialisent leurs propres produits. Mais ce sont les poids lourds chinois et russes qui affichent les plus grandes ambitions. Ainsi l’industrie chinoise, avec en chef de file le chantier naval CSCC, vient de vendre des sous-marins au Pakistan et s’est positionnée sur des marchés en Afrique de l’Ouest, en Argentine, en Indonésie… Les Russes avec comme vaisseau amiral OSK se sont montrés très actifs en Egypte, à Abu Dhabi, en Inde, au Vietnam…

Une concurrence sur l'entrée de gamme

S’ils veulent conserver leurs positions, les acteurs européens et DCNS en tête devront s’adapter. "Les nouveaux acteurs arrivent avec un positionnement en entrée de gamme et avec des appétits internationaux extrêmement forts. Cela crée un paysage concurrentiel beaucoup plus confus. DCNS devra en prendre compte pour son approche internationale et sa politique de produits", explique Hervé Guillou, PDG de DCNS. Pour s’imposer, l’industriel tricolore mise sur une stratégie d’internationalisation en s’installant industriellement dans les pays de ses clients alors que ses concurrents n’ont aucune base industrielle significative hors de leur pays.

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