Euromold adoube la fabrication additive

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Au salon Euromold de Francfort, du 3 au 6 décembre 2013, l’impression 3D fait de l’ombre aux moulistes traditionnels. Tous les ténors du marché sont réunis. Ils démontrent que le stade du seul prototypage est dépassé.

Euromold adoube la fabrication additive © Euromold

Cette année, Euromold fête ses 20 ans. Le bel âge, celui aussi de l’insouciance et de l’émancipation. Les domaines traditionnels du moule et de la machine-outil, qui ont fait le succès du salon de Francfort, sont aujourd’hui supplantés par les fabrications additives. Quelques dizaines de minutes après l’ouverture, mardi 3 décembre, le hall 11, où pas un poids lourd du secteur ne manque à l’appel, était déjà rempli de visiteurs et les démonstrations battaient le plein. A l’inverse, les halls 8 et 9, avec ses pavillons internationaux, les moulistes, les éditeurs de logiciels de fabrication assistée par ordinateur, étaient, au même moment, bien calmes. L’éditeur Dassault Systèmes ne s’y est pas trompé et a choisi le hall 11. Et peu importe si Solidworks est un logiciel de CAO généraliste. Il est vrai que sans CAO, point d’impression 3D…

Pièces opérationnelles

Les technologies de fabrication additive ont droit de cité à Euromold depuis au moins dix ans. D’une année sur l’autre, elles prennent plus d’ampleur. Le prototypage demeure, de loin, la première application, mais la fabrication de pièces opérationnelles est pourtant très présente, même chez Stratasys, qui ne dispose pourtant pas de machines à fusion laser. Le constructeur américano – israélien annonçait ainsi un nouveau matériau, le nylon 12, pour ses machines à dépôt de fil. Quatre fois plus solide que le nylon précédent, supportant cinq fois plus d’allongement avant la casse, plus résistant à la fatigue… Bref, un matériau capable de supporter de nombreuses manipulations, comme en subit par exemple un collier muni de clips.

De l’aéronautique au cinéma

"Nous avons plusieurs clients dans l’aérospatiale, et pas seulement pour réaliser des prototypes", annonce-t-on chez EOS. Une affirmation entendue sur plusieurs stands. Mais quand il s’agit de préciser lesquels et pour quelles pièces, c’est, à chaque fois, un refus poli. "Chez ce type de clients, nous avons toute une série de clauses de confidentialité. Nous voudrions pourtant communiquer…", explique Eric Bredin, directeur marketing Europe de Stratasys. "Impossible de vous citer de nom, renchérit Marcus Felsch, directeur de la filiale allemande de Layerwise. Cela risquerait de me retomber dessus…" Seul le fabricant de moteurs d’avions Rolls-Royce joue – partiellement – le jeu. Après son beau coup de marketing réalisé depuis Berlin à la mi-novembre, qui lui avait permis de faire croire à un large public qu’il était le précurseur dans l’utilisation d’une technologie "révolutionnaire", il présentait des ailettes de réacteur, sans pour autant rentrer dans les détails. Dans le médical et la joaillerie, les applications se multiplient.

Enfin, ni prototypage, ni pièce fonctionnelle, les décors et les maquettes pour le cinéma prennent de l’ampleur. Voxeljet, fabricant de machines de grandes dimensions, capables de réaliser des pièces de jusqu’à 4 x 2 x 1 mètres (pour la VX4000), montrait ainsi une  "Grotte numérique", œuvre des deux architectes Michael Hansmeyer et Benjamin Dillenburger, un décor de deux mètres cinquante de haut et trois mètres de large, réalisé en deux pièces seulement.

Patrice Desmedt

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