Euro fort : l'Eurogroupe cherche une position commune

Les ministres des Finances de la zone euro, réunis ce soir à Luxembourg, devraient durcir le ton face à la faiblesse du dollar. A quelques jours d'une importante réunion du G7, la France compte ses alliés.

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Euro fort : l'Eurogroupe cherche une position commune
L'heure n'est plus à vanter les mérites de l'euro fort. La France, militante d'une baisse de l'euro sur les marchés des changes s'apprête ce soir à compter ses alliés au sein de l'Eurogroupe, réuni à Luxembourg, avant une importante réunion du G7 dans quelques jours à Washington.

Les ministres des Finances de la zone euro devraient durcir le ton face à la faiblesse persistante du dollar, du yuan chinois et du yen japonais. Mais jusqu'où pourront-ils aller ? La cote d'alerte a été atteinte depuis que le seuil de 1,40 dollar pour un euro a été dépassé. De nombreux responsables ont suivi la France pour aller au-delà de la ritournelle sur l'indésirable "volatilité excessive" des changes.

Niveau préoccupant dans plusieurs pays

L'Eurogroupe va tenter de trouver un consensus sur cette question. La France estime que les choses ont changé. "Lundi soir, c'est le grand moment", a souligné un responsable français. "Si nous parvenons à toucher la bonne corde - avec les Européens unis sur le diagnostic, la communication et la nécessité d'agir -, Trichet (le président de la Banque centrale européenne) aura une main beaucoup plus forte pour aller à Washington."
De son côté, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, préconisant jusqu'à présent un euro faible à un euro fort, a fait monter la pression ces derniers jours. "Je n'accepterai plus que l'on considère comme normal le fait que l'Europe accepte de gérer à ses propres dépens les conséquences des déséquilibres mondiaux existants", a-t-il dit. Evidemment, sont visés les Etats-Unis, dont la balance des paiements est lourdement déficitaire et que la faiblesse du dollar arrange, mais aussi ceux qui, comme la Chine et le Japon, suivent. La Commission européenne est également sortie de sa réserve en estimant pour la première fois que le niveau de l'euro était préoccupant et plusieurs pays, comme l'Italie, ont réagi.

Seuil de souffrance pour les entreprises

Même si l'Allemagne est redevenue le premier exportateur mondial malgré un euro fort, il y a en outre un niveau à partir duquel ses entreprises souffrent, surtout quand il y a un effet boule de neige avec le yuan chinois et le yen japonais. Le patronat européen a exhorté les gouvernements de la zone euro à faire pression sur les États-Unis, la Chine et le Japon pour qu'ils agissent afin de laisser leurs devises s'apprécier.

L'ouverture de ce débat autrefois presque tabou est donc possible, les taux de change étant bien de la responsabilité des gouvernements de la zone euro, et pas seulement de la BCE. Les partenaires européens de la France espèrent que Paris modérera ses attaques contre la politique des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne, qui braquent une institution soucieuse de son indépendance et l'Allemagne.

Lors d'une conférence à Bruxelles, Jean-Claude Trichet s'est contenté de dire que sa position n'avait pas changé. La semaine dernière, il a répété que les autorités américaines s'étaient clairement prononcées pour un dollar fort, que le yen devait refléter les fondamentaux économiques solides du Japon et que les monnaies comme le yuan devaient être plus souples.

Communiqué commun peu probable

Il reste à transformer l'essai pour la France. Il va falloir exprimer le consensus au sein de l'Eurogroupe et il n'est guère aisé de trouver un langage commun entre la France et des Etats membres comme les Pays-Bas. L'adoption d'un communiqué commun semble ainsi peu probable. C'est donc Jean-Claude Juncker qui devra exprimer oralement la position de l'Eurogroupe. Tous les mots seront pesés.

Mais il faudra surtout que le message soit entendu au G7, qui regroupe les ministres des Finances et banques centrales des Etats-Unis, du Canada, du Japon, de France, d'Allemagne, de Grande-Bretagne et d'Italie. Juncker et le président de la BCE Jean-Claude Trichet y participeront également.

Or, même si la livre sterling bat elle aussi des records par rapport au dollar, Londres ne semble pas prêt à faire pression sur les Etats-Unis lors de cette rencontre. Par ailleurs, Washington n'envoie aucun signal concret. La zone euro peut seulement espérer des Etats-Unis un beau discours : qu'un dollar fort est dans leur intérêt, comme dans le passé.

Carmela Riposa, avec Reuters

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