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Euro Cargo Rail, victime des difficultés récurrentes du fret ferroviaire, va supprimer 300 emplois

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La filiale française de l’Allemand DB Cargo tranche dans le vif en annonçant la suppression de 300 emplois sur environ 1 200. Tous les grands acteurs privés du fret ferroviaire souffrent, victimes d’un secteur laissé à l’abandon.

Euro Cargo Rail, victime des difficultés récurrentes du fret ferroviaire, va supprimer 300 emplois © D.R. - EuroCargoRail

Le fret ferroviaire français est toujours à la peine. Euro Cargo Rail (ECR) a annoncé le 8 décembre 2016 dans un communiqué la suppression de 300 postes. La première entreprise privée de fret ferroviaire en France, filiale de l’Allemand DB Cargo du groupe Deutsche Bahn, n’a jamais été bénéficiaire depuis 10 ans. Une situation qui s’est dégradée plus fortement depuis 2013.

ECR fait un léger mea culpa, indiquant qu’elle "ne s’est pas suffisamment focalisée sur les besoins de ses clients, ce qui se reflétait dans l’organisation de l’entreprise". Elle insiste surtout sur la crise du fret ferroviaire qui dure depuis 2008. "Le système ferroviaire français a souffert d’un renchérissement de ses coûts (hausse de péages) et d’une très forte dégradation de la qualité de service (problèmes de qualité dans l’attribution des sillons). De plus, la concurrence du transport routier n’a jamais été aussi forte (baisse du prix du gazole, abandon de l’écotaxe poids lourds)."

Baisses des aides de l’État

Il est difficile de contester l’analyse des responsables d’ECR. Jacques Malécot, expert du secteur ferroviaire, dit "ne pas être surpris par la situation du fret ferroviaire. Depuis des années, les pouvoirs publics ont été avertis, en vain. Les charges sur le fret privé ont augmenté, le coût des sillons également, avec une aide de l’État qui est passé de 220 millions d'euros par an en 2009 à 100 millions aujourd’hui. Depuis 2006, les différentes entreprises privées travaillent sans aucune marge".

Les projecteurs sont braqués aujourd’hui sur ECR parce que l’entreprise a décidé de prendre des mesures radicales afin de préserver l’avenir. Les 300 suppressions d’emplois représentent un quart des salariés. Mais les principaux opérateurs privés sont eux aussi soumis aux mêmes difficultés. Seuls les petits opérateurs régionaux arrivent à être rentables. Quant à la SNCF, elle est toujours pointée du doigt, accusée de ne pas jouer honnêtement le jeu de la concurrence, la qualité de l’étanchéité entre SNCF Réseaux et Fret SNCF étant source d’interrogation. Fret SNCF subit des pertes chaque année depuis 2003 qui ne seraient pas supportables pour une entreprise privée. Le total cumulé s’élève à 5,2 milliards d’euros entre 2003 et 2015, comme l’indique (page 23) le rapport d’information sur la mise en application de la loi du 4 août 2014 portant sur la réforme ferroviaire présenté par les députés Gilles Savary (PS) et Bertrand Pancher (UDI). Le fret ferroviaire reste en France un parent pauvre. En l’absence de véritable politique pour le développer, rien n’indique que la situation puisse s’améliorer.

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