L'Usine Energie

[Etude Salaires] La méthanisation moins rémunératrice que l'éolien ou le solaire

Christophe Bys , , ,

Publié le

Une étude réalisée par le cabinet Energy Power Lab dresse le portrait-robot du cadre travaillant dans les énergies renouvelables. Et révèle les salaires de ces spécialistes. Comme ailleurs, c'est la finance qui gagne à la fin. 

[Etude Salaires] La méthanisation moins rémunératrice que l'éolien ou le solaire
Mais combien gagnent les cadres de l'éolien ?
© Valorem

Le secteur de l'énergie traditionnelle a longtemps été réputé pour les bons salaires qu'il offrait, avec de grandes entreprises comme EDF, Total ou encore Areva, rebaptisée depuis Orano. Mais qu'en est-il des énergies renouvelables ? Rejoindre une entreprise de ce secteur signifie-t-il faire une croix sur le salaire ? Ou bien ces entreprises ont-elles dû s'aligner pour attirer des profils de qualité ? On sait ce que c'est : on commence par parler sens du travail et envie d'être utile... et au moment de passer à la caisse, les idéaux s'envolent devant les impératifs pécuniaires de la vie moderne. 

 

Une bonne moyenne pour le salaire....

Le cabinet de conseil RH et de recrutement Energy Power Lab publie une étude sur les profils des cadres travaillant dans les énergies renouvelables avec un focus sur les salaires (1). La rémunération annuelle brute est de 52 000 euros. 63 % des cadres interrogés déclarent gagner entre 25 000 et 50 000 euros. La proportion monte à 92 % pour ceux ayant une ancienneté inférieure à 10 ans. 26 % ont une rémunération comprise entre 51 et 80 000 euros (61 % sont dans ce cas parmi ceux ayant entre 10 et 30 ans d'expérience). 

Ces revenus sont versés à des cadres diplômés. 91,5 % ont un master, 63 % un diplôme d'ingénieurs. Toutefois ce dernier résultat doit être relativisé : les cadres issus des grandes écoles d'ingénieurs (celles du groupe 1) ne sont que 7 % du total. L'étude réalisée montre que le diplôme d'ingénieur n'a pas une influence notable sur la rémunération : la répartition et la rémunération moyenne sont du même ordre de grandeur. 

En revanche, il existe de vraies différences selon les filières choisies. Pour forcer le trait, un gérant de fonds d'investissement avec 6 à 10 ans d'expérience encaisse 138 000 euros (brut), quand un responsable d'exploitation dans la méthanisation avec la même expérience devra se contenter de 47 000 et que son alter ego dans le solaire atteindra 55 000, et celui dans l'éolien 62 000. Un consultant en bureau d'études avec 2 à 6 ans d'expériences touchera 47 500 quand, un cadre dans les métiers du développement percevra 38 000 euros dans l'éolien et 36 000 dans la méthanisation.

 

.... et des primes généreuses.... 

Pour être complet, il faut noter que les variables sont courants et importants dans ce secteur comme ailleurs, la tendance étant à l'individualisation des salaires. Ainsi, 25 % des cadres ayant répondu touchent des bonus représentant moins de 5 % de leur salaire, pour 32 % des cadres il représente entre 5 et 10 %, et 39 % entre 11 et 30 %. Le montant des bonus dépasse les 30% pour seulement 2 % des cadres. 

Primes ou pas, bonus ou pas, 80 % des personnes ont mis une note comprise entre 3 et 5 sur 5 pour évaluer leur rémunération. Etonnamment, ceux qui sont les mieux payés (avec un salaire supérieur à la moyenne) ne sont que 61 % à être satisfaits. On peut y voir deux explications : soit il s'agit d'un effet lié à la taille de cet échantillon pas vraiment significatif pour ces niveaux de salaires. Soit à mesure que l'on gagne davantage, l'écart avec les collègues d'école ayant fait d'autre choix se creuse, tant et si bien que le choix relativement neutre réalisé en début de carrière s'avère de plus en plus coûteux. 

 

...... pour un secteur jeune

Les résultats doivent être de toute façon relativisés car ce secteur est très jeune. Ainsi, l'âge moyen des cadres est de 33 ans. Les cadres de l'énergie renouvelable sont majoritairement des hommes (77,5%). Seulement 48 % des managers déclarent avoir des responsabilités managériales, mais 99 % ont signé un CDI. A noter enfin : si 8 % travaillent hors de France, un peu moins d'un cinquième travaille à Paris et 30 % des cadres interrogés travaillent dans le Sud de la France.  

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(1) Etude menée auprès de 951 cadres en France. 

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