[Etude] Quatre idées pour que l’usine du futur soit synonyme de progrès social

Dans une note de synthèse publiée mardi 17 octobre, la Fabrique de l’industrie s’intéresse à la complexe relation entre le progrès technique qu’implique la 4ème révolution industrielle et le progrès social. L’Usine Nouvelle a sélectionné quatre idées issues de cette étude pour que l’usine du futur ne soit pas uniquement avantageuse pour la marge des entreprises, mais aussi pour leurs salariés.

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[Etude] Quatre idées pour que l’usine du futur soit synonyme de progrès social
Dans une étude, La Fabrique de l'industrie revient sur l'importance d'orienter l'industrie du futur vers un progrès social.

"L’homme doit être au centre de l’industrie du futur" et "la technologie au service des hommes". Ces formules assénées par les instances chargées de promouvoir l’industrie du futur peuvent sembler bien creuses lorsqu'on parle en parallèle de récupération automatiques des données, de cellules robotisées et autres calculs des paramètres optimaux de production… Des fonctions qui semblent davantage tournées vers la performance et la baisse des coûts que le bien-être des salariés. Dans une synthèse de trois séminaires franco-allemands sur l’industrie du futur publiée mardi 17 octobre, la Fabrique de l’industrie revient sur l’importance de mêler progrès social et progrès technique. Voici quatre idées tirées de cette étude pour y parvenir.

Etre conscient des risques que représente l’industrie du futur pour les salariés

Sans tomber dans l’équation rapide industrie du futur = robotisation = destruction d’emploi (qui reste cependant vraie pour certains métiers), il est important d’identifier les difficultés que provoque la numérisation du travail dans l’industrie pour mieux les surmonter. Le syndicat industriel allemand IG Metall en note neuf principaux, dont le stress, la discrimination travailleur qualifié et non qualifié et le décloisonnement entre vie privée et vie professionnelle. Konrad Klingenburg, directeur du bureau de Berlin d’IG Metall, estime probable que le "travail à distance" et "travail sur le cloud", effectués par des personnes freelance moins bien payées, bénéficiant d’une moindre protection sociale et sans accès à la participation, qui touche aujourd’hui le monde des nouvelles technologies, pourrait à court terme essaimer et "contaminer" les entreprises traditionnelles.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, va dans le même sens en soulignant que "la pression sur les salariés risque encore d’augmenter en raison du décloisonnement entre vie professionnelle et vie privée, d’astreintes "en continu" et d’une surveillance accentuée, concrétisant le "panoptique" (type d’architecture adaptée à une société de surveillance, Ndlr) cher à Michel Foucault", explique l’étude.

Impliquer davantage les salariés

Isabelle Martin, responsable du service économie à la CFDT, citée dans l’étude, estime que la technologie ne sera une réussite que si l’on parvient à "embarquer" l’ensemble des parties prenantes. Or, la consultation des salariés semble négligée en France. Selon une étude de l’organisation syndicale, 75 % des salariés souhaiteraient être davantage impliqués dans les décisions qui les concernent prises par leurs dirigeants.

En Allemagne, on donne plus d’importance à la consultation sociale dans l’entreprise et les branches, note l’étude. A l’appui : l’exemple intéressant d’Iglo, le spécialiste allemand des surgelés : "Le processus de congélation des épinards y a été entièrement modifié. Tout est désormais effectué par des ordinateurs et des robots. La sélection des semences est informatisée de même que la planification des plantations. Les semences sont ensuite plantées par des robots agricoles. La récolte et la congélation ne s’effectuent qu’à réception de la commande, ce qui permet d’avoir un très haut niveau de qualité et de fraîcheur." Cette modernisation n’a été possible et acceptée que parce que les salariés ont été consultés au préalable, ils ont pu s’exprimer sur leur manière de travailler et sur leurs rythmes de travail.

Changer son organisation face à la décroissance des postes peu qualifiés

La numérisation de l’industrie entraîne inévitablement une augmentation des emplois techniques et une diminution des emplois peu qualifiés. Pour faire face à cela, deux types d’organisation du travail sont possibles, analyse le syndicat allemand IG Metall : l’organisation polarisée et l’organisation en essaim. La première s’appuie sur l’hétérogénéité des tâches, des qualifications et des emplois au sein de l’entreprise, explique l'étude. Elle consiste à maintenir un nombre limité d’opérateurs en charge de tâches simples et un groupe croissant de techniciens et de spécialistes, dont le niveau de qualification est nettement supérieur à celui des ouvriers qualifiés traditionnels. À l’autre bout du spectre se trouve l’organisation en essaim (en France, on parle plutôt d’"entreprise libérée"). Elle comprend un réseau plus souple de salariés très qualifiés et opérant sur un pied d’égalité. Dans cette organisation, on ne trouve plus de tâches simples, nécessitant peu de qualifications, celles-ci ayant été en grande partie automatisées. Les tâches ne sont pas définies pour chacun des salariés: le collectif de travail opère en s’auto-organisant et en s’adaptant à chaque situation .

Réapprendre le "vrai" lean management

En parallèle de la robotisation, l’analyse des données et autres technologies, les industriels doivent passer par une refonte de leurs méthodes d’organisation. C’est du moins le constat de la région Nouvelle Aquitaine, qui a lancé depuis 2014 un programme d’accompagnement "Usine du futur". La plupart des entreprises ont dû réapprendre les fondamentaux du lean. En France, le lean a été mal appliqué, estime François Pellerin, animateur du programme. Il a été imposé comme outil de productivité par les équipes dirigeantes, dans une logique top/down, à l’opposé de son esprit. Le lean consiste au contraire à impliquer davantage les salariés en les incitant à trouver eux-mêmes des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent.

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