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[Etude] Et si les salariés français s'étaient convertis au libéralisme...

Christophe Bys ,

Publié le

Salesforce a demandé à BVA de sonder la façon dont les salariés français percevaient le futur, ainsi que leur entreprise. il en ressort une France divisée entre les jeunes et les diplômés, plutôt optimistes, et les moins qualifiés et les plus âgés, davantage inquiets. Le sondage révèle aussi que les salariés ne comptent pas trop sur leur entreprise pour les accompagner dans leur propre transformation. Aide-toi et tu t'en sortiras, semblent-ils penser. 

[Etude] Et si les salariés français s'étaient convertis au libéralisme...
Au secours, le numérique a rétréci les emplois ! Même pas peur, répondent les Français.

Les études portant sur la transformation digitale et l’intelligence artificielle sont généralement anxiogènes, se concentrant le plus souvent sur les emplois supprimés ou transformés... de sorte que la démarche adoptée par BVA pour Salesforce (1) peut être interprétée de différentes façons. Soit on regarde les résultats bruts, et on se dit que décidément les Français sont pessimistes. Soit on garde en tête le contexte anxiogène, et on en conclut qu’il reste un sacré optimisme parmi les salariés.

Quand le présent inquiète, le futur angoisse

En effet, dans le cadre d’un sondage sur les nouveaux enjeux du travail commandé par Salesforce, l’institut a demandé aux Français quel était leur état d’esprit quant au futur de leur emploi. 60 % se déclarent optimistes (6 % le sont très et 54 % plutôt). Ce n’est pas la grosse fiesta, mais on est loin d’une France professionnelle globalement sous antidépresseurs.

Plus rassurant, les plus optimistes se trouvent chez les moins de 35 ans (68 %). A l’inverse les pessimistes sont relativement chez les plus de 50 ans (50 % contre 39 % en moyenne) et chez les personnes ayant un contrat de travail précaire (50 % de pessimistes chez les travailleurs à temps partiel et 49 % chez les personnes employées en CDD). Quand le présent est compliqué, on s’inquiète pour le futur.

Ce que confirment les réponses à une autre question sur la perception des évolutions du monde professionnel. Pour 37 % des personnes interrogées, les évolutions sont trop rapides, quand 35 % d'autres trouvent que cela ne va pas assez vite, et 27 % que le rythme est bon. Mais là encore, les réponses par catégories montrent que les impatients sont plutôt les cadres et les salariés du privé, quand ceux à qui la vitesse donnent le tournis sont plus âgés.

Des réformes qui convainquent les moins inquiets ?

Alors que le thème de la mobilité professionnelle et de la fluidité du marché du travail a été au cœur des discussions autour des ordonnances pour réformer le droit du travail, il faut noter que 61 % des salariés Français estimant que leur métier changera ou disparaîtra dans les quinze ans à venir, pensent qu’il leur sera difficile de changer de métier (12 % pensent que ce sera très difficile et 49 % plutôt difficile). Et là encore, les réponses sont contrastées : l’adaptation sera facile pour 43 % des moins de 35 ans ou pour 36 % des plus diplômés (bac +2) et 35 % des cadres. A l’inverse, les ouvriers sont 71 % à penser que l’adaptation sera difficile. Idem pour 68 % des 35-49 ans et 68 % des diplômés ayant au plus le bac.

Or, et cela devient très subtil, les salariés sont malgré tout confiants en leur capacité à faire face à ces évolutions du monde du travail. 14 % disent avoir tout à fait confiance, 65 % ont plutôt confiance, quand 16 % n’ont plutôt pas confiance et 2 % pas du tout confiance. Autrement dit, ce n’est pas parce qu’ils anticipent un changement difficile qu’ils ne se font pas confiance.

Aide-toi parce que ce n'est pas ton entreprise qui le fera

Ce que ce résultat paradoxal - entre leur perception du futur et leurs capacités à réussir - pourrait révéler, est surtout que les Français sont conscients qu’ils vivent dans une société et une économie libérale, au sens où les individus ne doivent compter que sur eux-mêmes. Ainsi, 54 % des personnes interrogées estiment que leur entreprise ne fait pas assez pour la transmission des savoir (42 % répondent qu’elle le fait suffisamment), 51 % pointent le manque d’implication de l’entreprise pour offrir l'accès à des formations de qualité (contre 45 % selon lesquelles tout va bien). A noter : 74 % des sondés trouvent que leur entreprise n’en fait pas assez pour le partage des bénéfices financiers…

Et c’est un autre paradoxe, alors que les Français pensent qu’ils vont changer d’emploi et ne sont pas bien armés pour cela, ils ne sont que 27 % à considérer que cet enjeu fait partie des sujets sur lesquels il est important d’agir dans le monde du travail actuel. Les thématiques ressortant en tête sont le bien-être au travail (59 %), le pouvoir d’achat (58%) et les conditions de travail (56%).

 

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(1) Enquête en ligne réalisé du 14 au 19 mars auprès d’un échantillon représentatif de la population salariée de 18 ans et plus.

 

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1 commentaire

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04/04/2018 - 22h55 -

Le meilleur des mondes: les entreprises participatives (ce qu'on appelait les Scop) : tous les salariés ont une voix, on élit le Président pour 3 à 5 ans, ... en peaufinant les statuts! Pourquoi? - Motivation maxi, implication à la carte, partage des gains + obligation d'investir - Les banques ont confiance - Pas de dictature de la bourse - Possibilité d'acheter des entreprises classiques, de déposer des brevets, etc. Comme une entreprise, bref. - LA formule qui plait aux français et à leur caractère "indépendant mais pas tout seul". La plus grosse Scop de France? Acôme, mille associés dans une entreprise high tech. Qui fera +? ...
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