[Etude] Après avoir protégé l'emploi pendant le confinement, les start-up veulent continuer à embaucher

Comment se sont comportés les start-up pendant la crise du Covid-19 ? Comment se sont-elles adaptées en matière d'emploi ? Une étude menée par Station F livre une situation contrastée mais encourageante. Les start-up ont eu recours au chômage partiel. Certaines ont dû licencier. Mais près de la moitié envisagent de recruter d'ici à la fin de 2020. Le télétravail devrait se développer.

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[Etude] Après avoir protégé l'emploi pendant le confinement, les start-up veulent continuer à embaucher
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Station F data publie jeudi 4 Juin une étude (1) intitulée "Impact & opportunities of Covid-19 for start-ups" riche d'enseignements sur la façon dont les jeunes pousses ont traversé la pandémie dans cinq pays (France, Allemagne, Royaume-Uni, Israël et Etats-Unis) et sur leurs perspectives de sortie. Une large partie de cette étude est consacrée à la situation de l'emploi dans les jeunes pousses pendant cette crise.

Coup de frein RH

L'étude montre ainsi que près d'une start-up sur cinq a eu recours à une forme d'activité partielle. En France, la proportion atteint 28 % des jeunes pousses interrogées. C'est un peu moins qu'au Royaume-Uni où la proportion est de 35 %. Mais le dispositif de "furlough support" n'est pas le même qu'en France, où le gouvernement a pris en charge une part importante de la facture.

Rien d'étonnant à cela, puisque de nombreuses start-ups ont indiqué que le Covid-19 avait eu un impact négatif sur leur activité, les contraignant à réduire leurs dépenses. Ainsi, 55 % des jeunes pousses ont révélé avoir réduit pendant la crise le budget consacré aux embauches et plus généralement aux ressources humaines et à l'équipe de travail. Ce qui en fait la deuxième fonction touchée derrière le marketing et la communication et devant le poste immobilier.

Et cela pourrait durer. L'enquête publiée par Station F indique que le recours à ses dispositifs divers pourrait durer jusqu'à la fin de cette année dans trois secteurs : les voyages, les fintechs et assurtechs, et la mobilité.

Et ça repart...

Par ailleurs, 16,82 % des start-up, tous pays et secteurs confondus, ont licencié des employés depuis le début de l'épidémie. Cette proportion atteint 38 % en Allemagne et n'est que de 13,24 % en France. Entre ces deux extrêmes, on trouve les Etats-Unis (17,02%), le Royaume-Uni (19,44%) et Israël (25%).

Dans 28,7 % des start-up, c'est moins de 5 % de l'effectif total qui a été licencié. La même proportion de jeunes pousses indique que les licenciement ont touché entre 5 et 10 %. 18,5 % des start-ups annoncent avoir licencié entre 10 et 20 % de leur effectif. Pour les cas les plus inquiétants, ce sont 5,6% de start-up qui ont dû se séparer de plus de 40 % de l'effectif. En termes de fonctions, c'est d'abord le service commercial qui a été concerné, suivi du marketing et du développement. Les secteurs les plus touchés sont le voyage, la mobilité, mais aussi les HR tech et le e-commerce.

Développeurs et commerciaux recherchés

Mais tout n'est pas noir au pays des start-up. S'il ne s'agit pas de minorer l'impact des réductions d'effectifs, il ne faut pas non plus sombrer dans le pessimisme. Une jeune pousse sur deux (48%) a recruté durant la même période. Mieux, 78,2% des entreprises de croissance prévoient de le faire d'ici à la fin de l'année. Dans 3,7 % des cas, le volume de recrutement sera supérieur à 50 personnes. Dans 56,1 % des entreprises qui recruteront, le volume est inférieur à 5 personnes, et il est compris entre 5 à 10 salariés dans 28 % des jeunes pousses.

Ce sont d'abord des développeurs qui seront recrutés (une fonction citée par près de 50 % des start-up), suivis par les commerciaux (39,9%) et le marketing (28,9%). On voit clairement les objectifs de ces entreprises : renforcer le produit et gonfler les équipes commerciales pour vendre davantage.

Le bel avenir du télétravail

Mais où iront travailler toutes ces personnes ? L'étude apporte des réponses. Avant la crise, le télétravail existait dans les start-up mais n'était pas général. Dans 38 % d'entre elles, entre 0 et 20 % des salariés seulement télétravaillaient. A l'autre extrémité, 38% disaient pratiquer le "full remote", soit le travail à distance à 100 % pour tous. La France n'était pas la plus mal placée, avec des pourcentages respectivement de 34 % et 43 % environ.

Et pour l'ensemble des start-up interrogées, cela ne devrait pas s'arrêter là. 46,8 % déclarent vouloir augmenter la part de salariés travaillant depuis leur domicile. 28,7 % indiquent qu'elles vont diminuer les surfaces de travail.

Si une sur cinq déclare qu'elle ne changera rien, une sur dix (9,3%) veut passer au "full remote". Enfin, 22,3% augmenteront le budget pour l'acquisition d'outils pour travailler à distance. Il semblerait que les start-up ont attrapé le virus du télétravail.

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- L'intégralité de cette étude peut être lue ici

- Pendant le confinement, l'association France Digitale a ouvert un site Internet où l'on trouve des offres d'emplois pour travailler dans les start-up membres. Ce site est toujours opérationnel ICI

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