Quotidien des Usines

Etats Généraux de l’Industrie : «Créer les conditions de la compétitivité à l’international» (FIM)

, , ,

Publié le

Claude Charrier, directeur général de la FIM (Fédération des industries mécaniques), explique ses attentes et ses propositions dans le cadre des Etats Généraux de l’Industrie.

Etats Généraux de l’Industrie : «Créer les conditions de la compétitivité à l’international» (FIM) © Stéphane Lariven

UN.com. Qu’est-ce que la FIM attend des Etats Généraux de l’Industrie ?

Claude Charrier. Tout d’abord, c’est une initiative dont nous nous félicitons. La prise de conscience du rôle important de l’industrie dans notre économie paraît essentielle pour créer les conditions de pérennisation de cette industrie.
La dimension compétitivité nous paraît être le premier objectif. Nous attendons que les Etats Généraux répondent à cette question : que faire pour que la France soit attractive dans le contexte de concurrence mondiale ? Pour cela, il faut se garder d’intellectualiser le problème en bâtissant des grands projets pour l’avenir qui feraient abstraction de la situation présente.
Les Etats Généraux doivent par ailleurs redonner de la logique à l’action gouvernementale, qui est dans un grand écart permanent entre la volonté de préserver une industrie forte, car cela a des retombées positives sur l’emploi, et des dispositions qui pénalisent les entreprises. Nous en voyons actuellement l’illustration avec la réforme de la taxe professionnelle d’un côté, et la mise en place de la taxe carbone de l’autre, qui va affecter de façon significative les entreprises puisqu’elles vont être taxées deux fois : pour leur consommation d’énergie et les transports. Idem pour le grand emprunt : intrinsèquement c’est bien, mais quand on regarde les finances de notre pays on peut s’interroger sur sa pertinence.
Ce qui peut ressortir des Etats Généraux, c’est un engagement à créer les meilleures conditions possibles au développement industriel de notre pays, dont l’industrie est tournée vers l’international.

Que pensez-vous des premières propositions émises par le gouvernement ?

Les mesures vis à vis du soutien à la recherche et l’innovation vont dans le bon sens, à l’image de la création des pôles de compétitivité ou des dernières dispositions du crédit impôt recherche. L’approche par filières horizontales et verticales est également une très bonne idée. Concernant les primes à la relocalisation, il ne faut pas confondre localisation – se rapprocher d’un marché local – et délocalisation, qui consiste à s’installer à l’étranger pour exporter vers la France. L’important est d’encourager l’investissement dans des outils de production modernisés, pour toutes les entreprises, qu’elles relocalisent ou qu’elles demeurent en France. C’est ce qu’a fait l’Italie pour préparer son industrie à la sortie de crise, en offrant aux entreprises qui investissent dans des machines plus modernes une déduction de leur base imposable égale à 50% de la somme investie. Nous préconisons donc de soutenir l’investissement par des dispositions fiscales favorables.

Quelles autres propositions la FIM compte-t-elle soumettre aux groupes de travail ?

Nous lançons nous-mêmes en interne des groupes de travail afin d’élaborer des propositions, puisque nous seront impliqués dans les Etats Généraux à la fois aux plans national et régional. Yvon Jacob, président de la FIM, fera partie du comité de pilotage au titre du GFI et de la FIM.
Nous allons recommander de revoir de façon très précise le cadre fiscal et réglementaire existant, car le coût du travail pèse considérablement sur les entreprises. Peut-on faire autrement ? Pour le savoir nous demandons un état des lieux. Nous ne réclamons pas un alignement sur les bas salaires, simplement de réexaminer le cadre français à l’aune de nos voisins européens, des Etats-Unis et du Japon.
Nous souhaitons aussi que soient créées les conditions d’une plus grande proximité entre le monde scientifique et académique, et le monde industriel.
Enfin, il faut accompagner davantage les entreprises sur leurs marchés à l’international.
 

Réagir à cet article

1 commentaire

Nom profil

20/10/2009 - 23h33 -

Taxe professionnelle. Taxe carbone. Grand emprunt. Primes à la localisation. Revoir le cadre fiscal et réglementaire. Faire un état des lieux. Et en passant, investir dans des machines plus modernes (grâce à un crédit d'impôt, bien sûr).

Il y a certainement du vrai dans les attentes de M.Charrier. Cependant, ce qui frappe par leur absence, c'est les consignes aux chefs d'entreprise sur ce qu'ils peuvent faire à leur niveau, MM.Sarkozy et Fillon ne pouvant jamais tout faire seuls.

La compétitivité à l'international passe par la réduction des coûts tout en améliorant le service aux clients. Peut-être que le management par le 'Lean' n'est pas encore arrivé dans l'industrie mécanique, mais ce serait étonnant, car ces types d'opérations sont des candidats idéaux pour la chasse au gaspillage et la réduction des délais et des stocks.

Les périodes d'activité réduite sont les meilleures pour prendre un pas en arrière et revoir l'ensemble de son fonctionnement, tout en investissant à fond dans son personnel. D'accord, l'accompagnement à l'international doit être renforcé, mais on ne peut aller promouvoir les entreprises et les produits français à l'étranger que si l'on a quelque chose à vendre. Et ne serait-il pas plus vendeur de pouvoir parler de l'esprit entrepreneurial du dirigeant français plutôt que du niveau des subventions du gouvernement?
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte