Etats généraux de l’industrie : c’est parti

Ce matin, Christian Estrosi, le ministre de l’Industrie a donné le top départ pour les états généraux de l’industrie et annoncé la mise en place d’un comité national des Etats Généraux de l’Industrie. Le discours du ministre a repris, peu ou prou, les grandes lignes de celui donné à l’Ecole des Mines.

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Il fallait au moins Bercy pour lancer le « new deal industriel » et préparer la « nouvelle révolution industrielle ». Tout au long de son discours, le ministre est revenu sur les forces et faiblesses du modèle français. Force du modèle social qui a joué son rôle comme amortisseur de la crise, forte qualification de la main d’œuvre etc. Faiblesses sur la stratégie des grands groupes envers les sous-traitants, sur le cloisonnement des projets, sur le financement des petites entreprises etc. Sur ce dernier point, en verve Christian Estrosi n’a pas hésité lors de son discours à citer De Gaulle pour vanter la nécessité de remettre l’humain au cœur de l’entreprise pour appeler à une modernisation du modèle social. Comme piste, le ministre propose un modèle pour les entreprises de moins de 100 personnes « dans lequel les salariés détiennent la majorité du capital » et l’institution d’un statut de « co-entrepreneur ». Une proposition qui fera sans doute couler beaucoup d’encre.

A la différence de son précédent discours donné à l’Ecole des Mines, le ministre de l’Industrie a lancé une attaque en règle contre la direction des achats et la relation dominant/dominé entre donneurs d’ordres et sous-traitants. Une attaque attendue si l'on en juge par la réaction de la FIEEC, « Nous avons déjà travaillé sur la plupart des thèmes qui ont été cités. Par exemple, nous avons un groupe de travail depuis plus d’un an sur les relations Grands Groupes?PME?ET. Nous avons désormais des propositions concrètes et opérationnelles que nous allons mettre sur la table pour enrichir le débat», indique Jean?Pierre Chardon, Vice?Président de la FIEEC.

Pour le reste, Estrosi est revenu sur la nécessité de relever les trois défis que sont l’innovation comme gage d’adaptation pour résister à la concurrence ; la migration de l’industrie vers un modèle qui privilégie le développement durable et enfin la R&D en intensifiant les modes de partenariats public/privé et la transversalité des projets. Sur ce dernier point Christian Estrosi a réaffirmé sa volonté de voir disparaître les politiques en silos et instrumentalise le FSI pour mener à bien une politique de « projets interpôles » sur des sujets stratégiques : énergies durables, nouveaux matériaux, biotech et voiture électrique.

En appui de cette stratégie, le ministre a convoqué le financement du grand emprunt national pour des secteurs comme la « la fibre optique, la micro-nanoélectronique ou encore le cloud computing ». Trois domaines cités de manières suffisamment récurrentes par Nicolas Sarkozy et Christian Estrosi pour subodorer qu’ils bénéficieront largement du grand emprunt. A la différence de l’agroalimentaire dont l’absence totale des divers discours ne laisse d’inquiéter les tenants de cette filière (lire la réaction de Virginie Guerin de l'ANIA).

Enfin le ministre à dévoilé la méthode pour mener à bien ces Etats généraux avec un point d’orgue lors d’une grande « Convention nationale » début février 2010, à l’issue de laquelle Nicolas Sarkozy présentera la nouvelle politique industrielle de la France. Mais auparavant, mi-décembre, un point d’étape sera réalisé lors duquel les propositions seront remontées du comité national, des ateliers régionaux et Internet. Un timing (très) rapide pour un point d’inflexion voulu majeur et stratégique.

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