Etat de santé

En France, souvent, on a le sentiment d'avoir la destruction, mais pas toujours la création

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Etat de santé
«Les usines c'est mon truc.» Le plus haut personnage de l'Etat, il aime le faire savoir, a cette passion. Il n'est pas le seul. C'est, bien sûr, le cas pour notre, pour votre magazine. Comme chaque année, avec ce numéro rituel, nous dressons l'état de santé de «La France de l'industrie». Véritable traqueuse d'infos, Catherine Moal, rédactrice en chef adjointe, avec notre réseau de correspondants, a déniché les moindres données sur «l'atelier France», de l'Artois à laHaute-Bretagne, du Berry aux monts du Lyonnais. Précédé par une enquête sur l'orientation des fonds européens et une interview de Christine Lagarde (la ministre de l'Economie), ce dossier dresse un panorama sans complaisance. Il apporte bonnes et moins bonnes nouvelles. Son lot aussi de douleurs humaines. Restructuration chez Valeo à La Suze-sur-Sarthe, fermeture attendue pour Ford Aquitaine Industries, incertitude sur le sort de GoodyearDunlop à Amiens.

L'économiste Joseph Aloïs Schumpeter avait théorisé la «destruction créatrice». En France, souvent, on a le sentiment de bien avoir la destruction, mais pas toujours la création. A tort. Les points noir cachent -un peu trop- la bonne santé, par exemple des biotechnologies, des industries mécaniques, ou l'explosion des projets dans le domaine de l'énergie. Le dynamisme aussi des services à l'industrie ou de notre recherche pharmaceutique. Au-delà, que se passe-t-il sous nos yeux ? L'entrée de la Chine dans l'OMC fin 2001, l'adhésion des pays d'Europe centrale en 2004 et 2007, puis le recul constant du dollar et la flambée du prix des matières premières... Tout cela conduit à une mutation profonde.

Comparable au choc pétrolier de 1973, ce chambardement remet tout à plat. Il élimine les entreprises les plus fragiles. Il contraint les autres à une révision constante de leurs avantages comparatifs (ce que savent faireàmerveille les entreprises du Mittelstand allemand). Il pousse sans cesse à innover.

Alors que le G8 vient de montrer son impuissance face aux désordres de la planète, il met aussien lumière le peu de prise des dirigeants politiquessur ces mutations économiques.Les usines ont beau être son «truc», Nicolas Sarkozy n'a pu empêcher Lakshmi Mittal de fermer en partie Gandrange. Le reste n'est que communication (au pire)ou accompagnement (au mieux).Faut-il baisser les bras?

Non. Si depuis vingt ans, l'industrie n'a quasiment jamais cessé de détruire des emplois, sa part dans la valeur ajoutée du pays est,elle, restée quasi constante en volume (1). Destruction création. L'industrie ne s'étiole pas. Elle change.

(1) Voir à ce sujet la contribution de l'économiste Olivier Bouba-Olga sur le site www.debateco.fr


Pierre-Olivier Rouaud,
rédacteur en chef délégué
«L'Usine Nouvelle»

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