Et si on fermait les centrales nucléaires...

Plus que jamais, deux clans s’affrontent. D’un côté, les méchants, les pronucléaires. De l’autre, les gentils, prononcez les «anti».

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Et si on fermait les centrales nucléaires...

Au panthéon des élégances, le «Je me casse, fait chier» du ministre ne détrônera pas le «Casse-toi, pauvre con» du Président... Mais enfin, Éric Besson n’aurait pas dû perdre son calme, la semaine dernière, sur le plateau de M6. Interrogé sur la sécurité des centrales nucléaires, il a en effet dégrafé son micro et laissé sa chaise vide. Une réaction humaine (notre confrère l’asticotait depuis un moment), mais maladroite: elle peut s’interpréter comme un refus de traiter les questions qui fâchent.

Quand il était ministre de l’Identité nationale, Éric Besson s’était fait d’excellents ennemis. À l’Industrie, domaine qu’il maîtrise, il pouvait corriger son image. Ce sera difficile. Dans le débat sur l’atome, de plus en plus «clivant », il faut une infinie patience pour convaincre et éviter l’opprobre. Car désormais deux clans s’affrontent. D’un côté, les méchants, les pronucléaires. De l’autre, les gentils, prononcez les «anti». Le piège manichéen s’est refermé. Vous avez le malheur de défendre l’énergie atomique? Honte sur vous qui pensez à courte vue et vous faites manipuler par le lobby des «pro». Vous essayez de plaider pour une sécurité renforcée? Inutile, il faut en finir, un point c’est tout. Ici et là, la messe est dite. Le 25 mai, le Conseil fédéral suisse a annoncé la fin du nucléaire, d’ici à 2034. Le 30 mai, le gouvernement allemand lui a emboîté le pas avec un rythme encore plus soutenu: par ici la sortie, dès 2022! Le 14 juin, l’Italie suivait le mouvement par voie référendaire. Non à Silvio Berlusconi, non au retour de l’atome...

Et maintenant, à qui le tour ? La France brûle d’envie d’en être. Selon un sondage Viavoice publié lundi, six Français sur dix sont désormais pour une sortie progressive. Il s’agit là d’un véritable retournement après des décennies de consensus. Dans un an, le chef de l’État, élu ou réélu, devra tenir compte de cette évolution. Il n’est pas impossible qu’il ou elle décide de suivre l’opinion devenue majoritaire. Si c’était le cas, que se passerait-il? Dans ce numéro, vous découvrirez le scénario imaginé sans parti pris par la rédaction, après une minutieuse enquête. Ce n’est ni un film d’horreur, ni une comédie romantique, mais une nouvelle histoire. La fiction, parfois, éclaire le réel.

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