Et si le chinois Comac sauvait le CSeries de Bombardier ?

Alors que Bombardier annonce de nouvelles suppressions de postes, l’avenir de son programme CSeries semble incertain. Un rapprochement avec Comac pourrait lui sauver la mise.

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Et si le chinois Comac sauvait le CSeries de Bombardier ?

Quoi de plus improbable ? Le canadien Bombardier convolant avec le chinois Comac, leurs regards tournés vers l’avenir, celui du très convoité segment des monocouloirs. "Bombardier peut aller au tapis, ce ne serait pas le premier avionneur à qui cela arrive, et devenir un fournisseur de rang un, comme cela a été le cas de Fokker et de Havilland. Un des autres scénarios serait un rapprochement avec le chinois Comac". Les propos sont tenus par un consultant de l’un des plus prestigieux cabinets de conseil en stratégie, quelques jours après que Bombardier a annoncé une nouvelle vague de suppressions de postes vendredi 21 octobre. Lesté par une dette abyssale et des pertes qui s’accumulent, l’industriel canadien aux abois acceuillerait-il Comac comme son chevalier blanc?

Au cœur de ce scénario : le programme CSeries de Bombardier, l’appareil qui doit concurrencer Airbus et Boeing sur le segment des monocouloirs, a du plomb dans l’aile. Retards dans le développement et la certification, commandes au ras du plancher (moins de 400 avions), production freinée par les ratés du motoriste attitré Pratt & Whitney… Devenu un gouffre financier, il pourrait engloutir de la part des pouvoirs publics plus de 3 milliards de dollars. Le programme, jugé par les experts de très bon niveau mais acculé par les rabais accordés par Airbus pour son A320 et Boeing pour son 737 MAX, peine à trouver son marché.

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Le CSeries en quête de débouchés

Bombardier cherche un repreneur, du moins un partenaire, comme l’a prouvé le rapprochement avorté avec Airbus en octobre 2015. Mais l’avionneur européen comme son rival américain, ont déjà fort à faire avec leur rentabilité. D’où l’hypothèse Comac. "Il mettrait la main sur le bureau d’étude de Bombardier, d’une valeur inestimable pour lui", échafaude l’expert. Un bond en avant pour l’industriel chinois concentré aujourd’hui sur le C919, lui aussi sur le segment convoité des monocouloirs. "Cet appareil n’est qu’un ballon d’essai, comme l’a été l’A300 pour Airbus", argumente l’expert. D’un autre côté, le CSeries trouverait de nouveaux débouchés au sein du plus grand marché aéronautique du monde : la Chine.

Question : le Canada est-il prêt à offrir son joyau sur un plateau ? "Je ne pense pas que le pays lâcherait Bombardier après avoir injecté autant d’argent", tempère un autre expert, bon connaisseur de l’aéronautique. Reste que le rapprochement pour séduire les parties prenantes peut prendre diverses formes, entre la collaboration, le rachat, la création d’une société commune ou la prise de participation dans le programme. Une alliance entre Comac et Bombardier n'a t-elle pas été signée il y a 5 ans qui pourrait encore se resserer? Alors que l’aéronautique fait partie des priorités nationales dans le plan "Chine 2025", que les industriels chinois cherchent à investir au-delà de leurs frontières, ce rapprochement entre Bombardier et Comac pourrait faire sens. De quoi matérialiser une menace tangible pour le duopole actuel.

Olivier James

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