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L'Usine Agro

Et si la filière pêche se disloquait d'ici 2035

Franck Stassi ,

Publié le

Et si la reprise de la filière pêche n’était pas éternelle ? Certes, elle doit innover, moderniser sa flotte et adapter son offre aux nouvelles demandes des consommateurs, mais aussi se poser la question de son organisation. Bien avant l’annonce du Brexit, l’établissement public des produits de l’agriculture et de la mer France AgriMer et l’interprofession France filière pêche ont réuni, entre novembre 2014 et novembre 2016, des experts pour émettre 1000 hypothèses sur l’évolution de la filière à l’horizon 2035 et dégager quatre scénarios. Au cœur de cet exercice de prospective : la gestion des ressources.

Et si la filière pêche se disloquait d'ici 2035 © Comité des pêches des Côtes d'Armor

Des acteurs qui se regroupent

Le premier scénario, "La filière pêche serre les rangs", envisage un regroupement des acteurs pour acquérir des quotas de pêche, dans des conditions économiques proches des fondations, des efforts d’innovation pour rester rentables, et une coordination afin de contrer les efforts de communication des organisations non gouvernementales face à l’approche de l’atteinte des rendements maximum durables (la plus grande quantité pouvant être extraite d’un stock halieutique dans les conditions environnementales existantes sans affecter le processus de reproduction) et la réévaluation à la hausse des totaux admissibles de capture. La digitalisation du secteur accompagne une rationalisation des lieux de débarquement. En matière de distribution, seules les poissonneries traditionnelles poursuivent la vente de produits frais, les grandes et moyennes surfaces s’étant recentrées sur l’offre traiteur.

Des tensions sur les quotas

Deuxième scénario, "La filière pêche se casse en deux", celui d’un remplacement des organisations de producteurs par des organisations privées qui gèrent les quotas d’un point de vue financier. La réduction des plans de soutien à la filière, sous la pression des ONG qui ont fini par écarter les acteurs de la pêche lors des différentes prises de décision à l’échelle européenne, pénalise le renouvellement de la flotte. "Découragés par la diminution des pratiques de coopération entre acteurs de la filière, les jeunes se détournent de la pêche, la flotte vieillit, la filière française voit filer à l’étranger ses quotas devenus individuels et transférables indépendamment des bateaux", imaginent les auteurs. A contrario, les mareyeurs poursuivent leurs efforts d’investissement et mutualisent leur logistique.

Des ressources cogérées

Le troisième scénario, "La filière pêche sauve les meubles", anticipe l’impact du réchauffement climatique, qui prive la filière d’espèces intéressantes commercialement, et de la cogestion des ressources halieutiques par l’Union européenne et la filière pêche. Des mesures de gestion des quotas contraignantes sont appliquées par les organisations de producteurs, qui gardent la main. Les armements et les metteurs en marché concluent pour leur part des accords d’approvisionnement. Les marins pêcheurs voient leurs conditions de rémunération évoluer. La baisse du volume des captures entraine un mouvement de restructuration des ports – les plus petits sont réduits à l’accueil des touristes – tandis que les mareyeurs travaillent également à partir de produits d’importation. Les liens amont-aval sont aussi renforcés.

Des relations distendues entre acteurs

A l’image du deuxième scénario, plus sombre est la dernière option soulevée, "Une filière pêche du chacun pour soi". L’intensification de certains effets du changement climatique induit l’interdiction de certaines zones et techniques de pêche. L’instabilité du système dépressionnaire oblige les bateaux à rester au port de manière plus fréquente. L’incertitude sur les approvisionnements affecte la filière. Peinant à gérer les quotas, les organisations de producteurs ont un rôle essentiellement centré sur les relations avec les autorités européennes. Le métier de marin-pêcheur perd de son attractivité face à une ascension sociale limitée et des exigences accrues de formation. Les mareyeurs ne structurent pas leur logistique en commun. La qualité des produits est par ailleurs remise en question. Pour l’heure, l’élaboration du plan de filière des produits de la mer et d’eau douce se poursuit jusqu’en juin 2018, afin de finaliser un plan d’action sur cinq ans.

 

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