Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Aéro

Et si l'Europe prenait sa défense...

, ,

Publié le

Et si l'Europe prenait sa défense...
Pierre-Olivier Rouaud
© Pascal Guittet

Les entreprises citées

Parmi les innombrables mensonges publiés par les tabloïds anglais avant le Brexit figurait la création imminente d’une armée européenne prête à se déployer à sa guise sur le territoire des Vingt-Huit, y compris en Angleterre. Ce bobard représente le stade ultime de ce que les plus vibrants partisans d’une défense européenne osent espérer. Nous en sommes à des années lumières. Pourtant, les lignes sont peut-être en train de bouger pour l’Europe de la défense. En témoigne le plan d’action avancé par la Commission européenne, le 30 novembre, à Bruxelles.

Celui-ci brise un tabou. Il propose que, dès 2020, une part du budget européen vienne soutenir les industries de défense via un fonds dédié. Il serait doté de 5,5 milliards d’euros, à comparer au chiffre d’affaires du secteur en Europe, de 100 milliards d’euros. Il viendrait "soutenir les investissements dans la recherche et le développement conjoints d’équipements et de technologies" et même, idée disruptive, aider les États à acquérir des matériels pour réduire leurs coûts. Aujourd’hui les initiatives en termes de capacités, comme l’A400M ou les futurs drones, sont de nature inter-étatique (Occar) et non communautaire.

Dans la même veine, la France et l’Allemagne ont publié une proposition commune, le 11 septembre, à l’endroit de leurs partenaires. Celle-ci appelle à constituer une défense "globale, réaliste et crédible", via un soutien au déploiement militaire dans le cadre de la Politique de sécurité et de défense commune, le développement des capacités militaires et de la coopération de défense, ou aussi, là encore, un appui au secteur industriel. Objectif : promouvoir "l’autonomie stratégique" et une base industrielle forte, à travers un mécanisme de coopération renforcée entre États volontaires.

Ce papier ambitieux sera, avec celui de la Commission, sur la table du Conseil européen des 15 et 16 décembre. Pas d’emballement : ces sujets qui touchent à l’essence même de la souveraineté s’inscrivent dans le temps long. Mais entre le Brexit, les doutes instillés par Donald Trump sur l’Otan et la montée des périls au Sud et à l’Est, rarement l’alignement des planètes n’aura, hélas, été aussi favorable aux avancées de l’Europe de la défense. 

Pierre-Olivier Rouaud

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle