Et si l'Autorité de sûreté nucléaire n'avait plus les moyens d'assurer ses missions...

Devant la représentation nationale, l'ASN, le gendarme de l’atome, est venu alerter l’Etat sur le manque de moyens pour surveiller l’ensemble de l’outil nucléaire français, à l’heure où de très lourds investissements sont en cours pour le mettre à jour et le prolonger.

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Et si l'Autorité de sûreté nucléaire n'avait plus les moyens d'assurer ses missions...
Frank Chevet, ASN


Pierre-Franck Chevet, président de l’ASN - Crédits Pascal Guittet


Le Japon vient tout juste de se recueillir à l'occasion des cinq ans de l’accident de Fukushima, survenu le 11 mars 2011. A l’époque, si l’électricien Tepco portait une large part de responsabilité, les défaillances de l’organisme en charge de la surveillance du parc japonais avaient aussi été pointées du doigt. Depuis, il a été entièrement remodelé, non sans s’inspirer du modèle français où la sûreté est portée par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), autorité indépendante du gouvernement et de l’industrie.

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N’est-il pas complétement ironique de voir que cinq plus tard, c’est l’ASN qui, devant les députés de la Commission du développement durable, pousse un cri d’alarme et appelle au secours l’Etat pour pouvoir continuer à assurer sa mission ? Une fois de plus, le 1er mars dernier, Pierre-Franck Chevet, le président de l’ASN, faisait état de plusieurs "enjeux de sûreté sans précédent". A savoir : les visites des 40 ans d’une partie des réacteurs d’EDF et de l’ensemble des installations du cycle du combustibles, les améliorations de sûreté post-Fukushima et les nouveaux chantiers dont certains posent problèmes.

50 millions d’euros par an

"L’ASN, en terme de contrôles, est dans une période délicate, faute d’avoir les moyens nécessaires". L’Autorité a obtenu la création d’une trentaine de postes, un effort que Pierre-Franck Chevet apprécie au regard des contraintes budgétaires de la Nation. Mais "les enjeux (actuels) nécessitent des moyens supplémentaires", ajoute-t-il. Alors qu'EDF va investir 50 à 100 milliards d’euros dans son parc de réacteurs dans les 10 à 15 à venir, il est impératif que l’ASN dispose de moyens suffisants pour contrôler ces chantiers.

"Ce que je demande pour nos institutions, l’ASN et son appui technique l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) (Ndr : 1000 salariés en tout), c’est 200 personnes de plus. Cela veut dire augmenter notre budget de 50 millions d’euros par an… Je répète : 50 milliards d’euros (d’investissements d’EDF) contre 50 millions d’euros par an, c’est absolument à la marge !", déclare le président de l’ASN. Ces 50 millions d’euros s’ajouteraient aux 300 millions d’euros que coûtent l’ASN et l’IRSN chaque année à l’Etat.

En l’absence de ces moyens supplémentaires, Pierre-Franck Chevet assure être "obligé de choisir des priorités. Et ma priorité, ce sont les réacteurs existants (…) On fera le maximum sur le reste, mais cela sera en priorité numéro 2 (…) Je ne suis pas satisfait de cette situation, cela ne peut pas durer".

Si l’ASN priorise les réacteurs existants, cela signifie que les projets en cours de développement, comme l’EPR de Flamanville (Manche) ou le réacteur de recherche Jules Horowitz pour le CEA, déjà très en retard, pourraient être encore ralentis par les procédures d’inspection et d’autorisation.

Ludovic Dupin

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