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Et si Apple était derrière l’OPA hostile de Broadcom sur Qualcomm ?

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Analyse Malgré l'opposition de Qualcomm, Broadcom réaffirme sa volonté d’aller au bout de son OPA hostile sur le leader mondial des puces mobiles. Une opération qui serait téléguidée par Apple, client majeur des deux entreprises. Analyse des raisons qui le pousseraient à la manoeuvre dans l'ombre.

Et si Apple était derrière l’OPA hostile de Broadcom sur Qualcomm ?
Tim Cook, PDG d'Apple, tire-t-il les ficelles de l'OPA de Broadcom sur Qualcomm? (ici en visite dans la PME normande Eldim)
© CC Twitter @timcook

Alors que Qualcomm a rejeté son offre publique d’achat hostile de 130 milliards de dollars lancée le 6 novembre 2017, Broadcom réaffirme son engagement pour mener à bout l’OPA, quitte à relever le montant. Alors pourquoi cet entêtement ? Derrière cette opération sans précédent dans l’industrie des semiconducteurs par son montant et son audace se cacherait un acteur de l’ombre et pas des moindres : Apple. Broadcom agirait en réalité à la demande pressante et pour le compte du géant californien des mobiles.

Ascendance d'Apple sur ses fournisseurs

"Ce qu’Apple demande, il l’obtient toujours, confie à L’Usine Nouvelle sous le sceau de l’anonymat le représentant d’un grand fournisseur de la firme à la pomme. On n’a aucune idée de l’ascendance qu’il exerce sur ses fournisseurs. Je ne serais pas surpris que Broadcom agisse à sa demande"

Broadcom fait en effet figure de grand fournisseur d’Apple. Il lui fournit de nombreux circuits radiofréquences, des composants de connectivité comme le GPS en encore le circuit de recharge sans fil. Sur la nouvelle génération d’iPhone, il s’attend à voir son contenu en dollars croitre de 40%. Les relations entre son PDG Hock Tan et le patron de la firme à pomme Tim Cook sont qualifiées d'excellentes.

Apple et Qualcomm à couteaux tirés

La situation est autre entre Apple et Qualcomm, son fournisseur historique de modems cellulaires. Depuis fin 2016, les deux groupes sont à couteaux tirés, devant les tribunaux aux Etats-Unis, en Chine, au Royaume-Uni ou encore en Allemagne. En cause : les pratiques de Qualcomm dans la cession de licence de ses brevets qu’Apple juge abusives. La firme à la pomme a suspendu le paiement de redevances de licence à Qualcomm, encourageant deux autres constructeurs majeurs de mobiles (Samsung et Huawei selon L’Usine Nouvelle) à suivre son exemple.

Apple se trouve toutefois confronté à un problème d’approvisionnement en modem cellulaire, composant clé qui assure l’interface entre le mobile et le réseau. Le groupe californien a ouvert le marché à Intel depuis l’iPhone 7, alors qu’auparavant il se fournissait exclusivement auprès de Qualcomm. Mais selon Sravan Kundojjala, analyste au cabinet Strategy Analytics, il ne peut aller jusqu’au bout en évinçant complètement son fournisseur historique devenu son ennemi juré. Qualcomm, leader mondial des modems avec 50% du marché, a une telle avance technologique sur ces composants qu’il reste incontournable.

Souci de sécurité d'approvisionnement

Apple pourrait résoudre le problème en rachetant Qualcomm. Il en a parfaitement les moyens. Mais s’il se montre boulimique en start-up et pépites sur des technologies pointues, il refuse de racheter des grandes entreprises de composants. Ceci n’entre pas dans son modèle de vente d’équipements connectés, de logiciels et services. En revanche, il reste très soucieux de la sécurité de sa chaine d’approvisionnement et n’hésite pas presser ses fournisseurs clés à agir en son nom pour garantir cette sécurité.

C’est ce qu’il semble avoir fait lors de l’épisode de Sharp, l’un de ses fournisseurs clés d’écrans LCD et de modules de caméra. Il aurait encouragé Foxconn, son plus grand sous-traitant en fabrication, à s’emparer du groupe japonais d’électronique pour éviter qu’il tombe entre les griffes du coréen Samsung, son grand rival dans les mobiles. De même, il était à la manœuvre dans l’ombre pour influencer la vente des mémoires flash NAND de Toshiba tantôt à Broadcom, tantôt à Foxconn, tantôt à Western Digital, pour au final participer directement au consortium Pangea mené par le fonds d’investissement Bain Capital.

Intérêt faible pour Broadcom

Le rachat de Qualcomm par Broadcom mettrait fin aux disputes avec Apple en se débarrassant du management actuel de Qualcomm et en revoyant l’accord de licence de brevets avec la firme à la pomme. Selon Sravan Kundojjala, Broadcom convoite une seule activité de Qualcomm : les modems.  Un intérêt faible qui justifie peu l’ampleur de cette transaction. En revanche, avec la prise en compte des intérêts d'Apple, l’opération prend tout sens.

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