Et en matière de vins, vous êtes citron ou pamplemousse ?

A quelques jours du salon Vinexpo, qui ouvre ses portes le 14 juin à Bordeaux (Gironde), le marché du vin continue à connaître une bonne croissance dans les boissons aromatisées à base de vin (BABV). Les grandes marques populaires tentent de profiter de l’engouement des consommateurs, qui profitent aussi aux fabricants d’arômes.

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Et en matière de vins, vous êtes citron ou pamplemousse ?

Vin rosé pamplemousse, bières au citron, cidres aux fruits rouges, whisky... Tous les alcools populaires ou presque ont droit de plus en plus à leur déclinaison aromatisée. Une manière pour les marques de doper la consommation de deux catégories de consommateurs, les jeunes et les femmes.

Dernier opérateur en date à céder aux sirènes des vins aromatisés, la maison de négoce bordelaise Yvon Mau. Partie tard par rapport à ses concurrents comme Very Pamp (groupe Castel) ou Fruits and Wine (groupe Belvédère), elle va tenter de profiter d’un marché des boissons aromatisées à base de vin (BABV) en plein essor. Même si la croissance s'est quelque peu ralentie en 2014, elle reste de +6 %, pour 36 millions de bouteilles dans le circuit des grandes surfaces. Et ce après deux années de croissance à deux chiffres. Yvon Mau lance ce printemps une gamme baptisée Fruity Touch’ composés de quatre parfums : pamplemousse rose, fraise des bois mariés avec des vins rosés, pêche de vigne et melon avec des vins blancs. Pour se différencier de ses compétiteurs, la marque mise sur des arômes naturels, fournis par la société Laffort, basée à Bordeaux (Gironde) et une faible teneur d’alcool, 7° d’alcool. "Cela a été un travail long de formulation, réalisé entre notre œnologue, le service marketing et la production", explique Frédérique Lenoir, directrice marketing du groupe espagnol Freixenet, qui a racheté Yvon Mau en 2001.

belvédère dans le Bio

Leader du marché des BABV avec 30,5 % de parts de marché en valeur en 2014, le groupe Belvédère poursuit sa stratégie de déploiement de sa marque Fruits and wine. Il a choisi de se lancer cette fois dans le bio. Trois nouvelles références sont proposées : rosé pêche, rosé framboise et blanc poire. "La croissance du marché est saine. Nous souhaitons proposer des produits plus haut de gamme aujourd’hui", affirme Sébastien Ronteix.

Même certaines maisons traditionnelles s’y mettent. Les cidres Kerisac, filiale du groupe coopératif Agrial, vient de lancer des cidres aromatisés aux fruits rouge et à la poire. "Nous avons une image traditionnelle. Nous souhaitons aller aussi vers des produits plus modernes", justifie Laurent Guillet, le directeur de Kerisac. La maison, qui produit 10 millions de bouteilles en moyenne par an dans sa cidrerie de Guenrouet (Loire-Atlantique) a commencé sa réflexion il y a plusieurs années. "Nous avons testé un cidre aux fruits rouges il y a cinq ans en petit conditionnement de 33 centilitres, mais nous étions trop en avance", souligne Laurent Guillet, qui reconnaît que les ventes n’ont pas atteint les espérances. Face au développement du marché, la marque a décidé de retenter sa chance, en mai 2014. Cette fois, elle propose une bouteille classique de 75 centilitres. "Nous avons été les premiers à proposer un cidre aux fruits rouges. Nous avons testé des arômes de mures et groseilles, mais ça ne correspondait pas à ce que nous cherchions. Nous souhaitions un arôme plus subtil", poursuit Laurent Guillet.

Des fournisseurs d'arômes à la fête

Aux côtés des marques et maisons de négoce qui se lancent, le marché profite également aux fournisseurs d‘arômes, qui voient leurs ventes s’accroitre. Le groupe Nactis a vu son chiffre d’affaires s’accroître de 15 % en 2014 dans la catégorie des "arômes pour boissons". "Le nombre de nos références a progressé de 20 à 30 % en deux ans, pour répondre à la demande, souligne Hervé Lescene, le Pdg du groupe qui a réalisé 55 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014. Récemment, la PME a racheté son compatriote belge Robertet Savoury, dans l’optique notamment de développer son portefeuille sur ce marché. "Aux côtés des références phares comme le pamplemousse, le melon ou le cassis, nous avons de plus en plus de demandes spécifiques pour des arômes exotiques et différenciants que les concurrents n’ont pas", explique Hervé Lescene.

En matière d’origine des vins composant les recettes, les marques reconnaissent que l’aspect prix est un facteur déterminant dans leur choix. "Nous utilisons des vins espagnols grâce à notre maison mère. Les vins rosés français sont souvent trop chers", reconnaît Frédérique Lenoir chez Yvon Mau. Même tendance chez Belvédère. "Les vins utilisés sont de provenance variée, en fonction des saisons", élude Sébastien Ronteix. Si le marché est un nouveau débouché pour certains opérateurs français, il n’est en revanche pas vraiment une chance pour les viticulteurs français.

Adrien Cahuzac

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