Et alors, comment ça va au travail ?

La CFDT a publié le 16 mars les résultats d’une grande enquête qu’elle a menée sur le travail. Les Français aiment leur travail, mais y souffrent aussi, et réclament plus d'autonomie.

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Et alors, comment ça va au travail ?
Des bureaux en open space

La CFDT a mené pendant trois mois la plus grosse étude jamais réalisée sur le travail : plus de 200 000 personnes ont participé à une enquête qui comportait 172 questions sur la place du travail dans leur vie, leurs relations avec leurs collègues, leurs souffrances, aussi, leurs attentes. La conclusion est évidemment ambivalente : heureux au travail, surtout grâce à leurs collègues, les Français ressentent une pression de plus en plus forte. Ils réclament plus d’autonomie et de participation à la vie de leur entreprise. Présentation de quelques grandes lignes de cette enquête (les résultats ont été corrigés par les statisticiens pour rééquilibrer la part des répondants syndiqués et les données sociodémographiques).

Alors, heureux ?

76% des Français disent aimer leur travail, 70% affirment même rigoler souvent ou tout le temps, 57% prennent du plaisir au travail, 56% se disent fiers de leur travail. Aucune particularité selon l’âge ou l’appartenance à un syndicat. Mais plus on grimpe dans la hiérarchie et plus on a un diplôme élevé, plus on se montre content de son boulot. Les auteurs de l’étude s’interrogent : n’y a –t-il pas une sur-déclaration des managers, que les normes sociales poussent à être heureux au travail ? Une des sources du bonheur au travail semble être les collègues. 71% affirment avoir de vrais amis parmi leurs collègues, et 19% sont déjà partis en vacances avec eux. 68% affirment qu’entre collègues, on s’entraide. Attention, tout de même: s’ils gagnaient au Loto, 61% des Français arrêteraient de travailler ! Et la même part déclare pouvoir être heureux sans travailler…

Mais de fortes souffrances

Les auteurs de l’enquête ont agrégé certaines réponses pour en conclure que 12% des Français sont "malmenés" dans leur travail, où ils doivent faire des choses qu’ils désapprouvent, ou inutiles, ou dont ils ont honte. 4% estiment que leur travail les abrutit. Le travail a aussi des impacts nocifs sur la santé. Un Français sur trois (36,6%) déclare avoir déjà fait un burn out, une proportion très élevée. Un Français sur trois, également, affirme mal dormir à cause de son travail ou ressentir "tout le temps" des douleurs physiques pour les mêmes raisons. 55% ont déjà pleuré à cause du travail, 54% ont déjà eu envie de tout casser !

Le management en prend un coup

Le regard porté par les salariés sur leurs managers n’est pas tendre. Pour 57% des répondants, leurs supérieurs ne sont pas soucieux de leur bien-être. Pire : 64% estiment qu’ils pensent d’abord à se protéger eux-mêmes avant de protéger leurs collaborateurs. Un Français sur deux déclare que ses chefs ne lui parlent que pour critiquer ou ne lui disent rien du tout sur son travail. Conclusion : pour 62%, sans chef, ça ne changerait pas grand-chose…

Pression et manque d’autonomie

Plus de la moitié des répondants estiment avoir trop de travail, 58% n’ont pas le temps de faire leur travail correctement, un tiers n’arrive pas à prendre tous leurs jours de congés ou RTT. Un répondant sur trois travaille souvent en-dehors de son temps de travail. Mais ce qui empêche d’être bien au travail, c’est le manque d’autonomie. 34% des Français ont l’impression d’agir comme des machines, 75% réclament plus d’autonomie, quand 25% aimeraient plus d’encadrement…

Ce besoin d'autonomie est le point qui a le plus frappé le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger : "Il y a une profonde aspiration à participer d’avantage aux décisions. Le modèle de l’entreprise hiérarchique, verticale, est périmé. Il y a une aspiration à plus de collaboration et de reconnaissance, individuelle et collective. Il faut redonner du pouvoir aux salariés". La CFDT a d’ailleurs utilisé les conclusions de son enquête pour publier un "Manifeste pour le travail" dont elle entend défendre les propositions auprès des candidats à l’élection présidentielle. Au premier rang de ses préconisations : rééquilibrer le pouvoir dans l’entreprise et faire de la qualité de vie au travail un véritable objectif du dialogue social.

Cécile Maillard Journaliste relations sociales / régions / biens de consommation

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