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L'Usine Matières premières

Comment Tork transforme les briques alimentaires en papiers d'hygiène

Franck Stassi , , ,

Publié le , mis à jour le 14/05/2018 À 10H52

Reportage Dans l’Eure, le premier site français de recyclage de papiers et de briques alimentaires transforme ces matières en produits d’hygiène.

Comment Tork transforme les briques alimentaires en papiers d'hygiène
Le site, d’une capacité annuelle de 62 000 tonnes de tissu par an,mise sur la marque Tork, le leader mondial de l’hygiène professionnelle. Photo : Dominique Fontenat

Ce n’est ni un professionnel de l’emballage ni un papetier qui opère sur le premier site français de recyclage de papiers et de briques alimentaires, à Hondouville (Eure), mais le leader mondial de l’hygiène, Essity. Le groupe suédois compte 48 000 salariés et a réalisé 10,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017. Piloté par 487 employés, ce site d’une capacité annuelle de 62 000 tonnes de tissu par an mise notamment sur la marque Tork, numéro un des solutions d’hygiène à destination des professionnels. Les énormes tas de balles de papiers multicolores qui entourent les bâtiments témoignent d’une stratégie affirmée : 98 % des approvisionnements du site en matières premières sont des déchets. Chaque année, 80 000 tonnes de papiers issus de la collecte professionnelle (bureautique, imprimeries…) et 19 000 tonnes de briques alimentaires sont valorisées en papier hygiénique, serviettes de table, bobines d’essuyage et essuie-mains. « Dans le B to B, le recyclé ne pose pas de problème, contrairement à la grande consommation où les questions des coûts supplémentaires et de l’image sont essentielles », indique le directeur commercial France de Tork, Éric Kleinpeter. Le site veut aujourd’hui accroître la part des briques dans son approvisionnement. « Elles sont très bien recyclées par les consommateurs. Nous sommes en phase d’optimisation et nous préparons des investissements pour aller plus loin », explique la directrice environnement de l’usine, Corinne Seigneurbieux.

Usine intégrée

Partir de déchets a conduit Essity à élargir son activité de fabricant de papiers d’hygiène à celle de recycleur. L’usine est devenue intégrée, de la fabrication de la pâte à papier à sa transformation, en passant par la création des bobines mères. Et les résidus de matière ne sont pas jetés. Essity vend les briques alimentaires non utilisées et transformées en polyAl comme combustible solide de récupération, comme matériau pour le mobilier urbain chez les plasturgistes ou en pellets. Son sous-produit issu du recyclage des papiers, qui contiennent du calcium et du talc, s’appelle le Calciton, une référence à la rivière Iton, qui borde le site. Chaque tonne de papier génère environ 500 kg de papier-tissu et autant de Calciton, dont les usages sont répartis à 70 % en valorisation matière et à 30 % en valorisation énergétique.

Les matières alimentent un pulpeur, un silo qui accueille la pâte et de l’eau clarifiée. La pâte est lavée, puis blanchie au peroxyde d’hydrogène. Un local de désencrage est présent en début de chaîne. Après avoir été débarrassée de ses déchets, la pâte est pompée au moyen d’imposants tubes par le cœur du site, la machine à ouate. L’eau s’évapore pour permettre la confection de bobines. Une rembobineuse assemble deux ou trois bobines pour en fabriquer une de deux ou trois feuilles d’épaisseur et d’une longueur de 5,3 mètres. Elle est ensuite coupée et redécoupée avant d’être couplée à un mandrin en carton. À Hondouville, Essity n’entend pas arrêter là ses efforts environnementaux. De nouvelles hottes de séchage ont été installées cette année, avec l’objectif de récupérer davantage de chaleur. Son installation de cogénération lui permet d’exporter de l’électricité tandis que la vapeur produite est intégralement utilisée en interne. La consommation d’eau a été réduite de 25 % en dix ans. Ne subsiste qu’un regret, pour Corinne Seigneurbieux : « L’environnement étant contraint, le modèle économique du rail n’est pas intéressant. » Les briques de lait chères à Essity parcourront encore du bitume avant de terminer leur vie en papier toilette Tork. 

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