EssilorLuxottica confirme le rachat de Grandvision pour 7,2 milliards d'euros

Le géant de l'optique EssilorLuxottica a annoncé mardi 29 juin avoir approuvé la finalisation au 1er juillet de son projet de rachat du groupe néerlandais Grandvision pour 7,2 milliards d'euros. Cette décision met ainsi un terme à un feuilleton commencé il y a près de deux ans, rythmé par de nombreux retournements judiciaires.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

EssilorLuxottica confirme le rachat de Grandvision pour 7,2 milliards d'euros
EssilorLuxottica veut finaliser le rachat de Grandvision, après deux ans de querelles. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach

Le conseil d'administration d'EssilorLuxottica a approuvé mardi 29 juin le rachat de l'entreprise néerlandaise Grandvision pour un total de 7,2 milliards d'euros, après deux ans de conflits et de contretemps. Le groupe franco-italien a annoncé vouloir acheter dès le 1er juillet la participation de 76,72 % du Néerlandais Hal au prix de 28,42 euros par action, celui qui avait été fixé lors de l'accord conclu le 30 juillet 2019.

Querelles sur fond de Covid

L'objectif de cette opération est de bâtir un géant de l'optique, alors que le groupe EssilorLuxottica a lui-même été créé en 2018 à partir de la fusion du Français Essilor, leader mondial des verres ophtalmiques, et de l'Italien Luxottica, numéro un des montures de marques de prestige comme Prada, Chanel et Ray-Ban. Le chiffre d'affaires du premier dépasse les 17 milliards d'euros, contre un peu plus de quatre milliards pour le second.

Ce rapprochement n'a pas été facile, car il a d'abord fallu rassurer les autorités de la concurrence de plusieurs pays. Le Covid-19 a ensuite ravivé les tensions : EssilorLuxottica avait argué devant la justice néerlandaise que les décisions prises par Grandvision pendant la pandémie pouvaient justifier l'arrêt de son projet de rachat. Le géant de l'optique estimait que la décision du groupe néerlandais de suspendre les paiements aux propriétaires de magasins et aux fournisseurs et de demander une aide d'État, sans demander son approbation, constituait une violation de l'accord de rachat. Grandvision avait de son côté accusé EssilorLuxottica de chercher un prétexte pour se désengager de l'accord à moindre frais. Par deux fois, la justice avait donné raison au Néerlandais.

7 000 boutiques supplémentaires

Le 21 juin, un tribunal néerlandais a cependant jugé que Grandvision n'avait pas respecté ses engagements vis-à-vis de l'accord de rapprochement avec EssilorLuxottica, qui se retrouvait ainsi libéré de ses propres obligations regardant cet accord. Mais alors que tous les voyants étaient enfin au vert, ce dernier avait indiqué qu'il souhaitait « examiner ses options », laissant certains observateurs penser qu'il pourrait purement et simplement renoncer à cette acquisition.

« La logique stratégique de la transaction reste forte et inchangée, et après deux ans d’efforts et de travail constant, nous sommes prêts à tourner la page et à commencer un nouveau chapitre de l’histoire d’EssilorLuxottica, avec GrandVision. Alors que notre industrie renoue avec la croissance post-pandémie, nous estimons que c'est le moment idéal pour développer nos activités de vente au détail (...) », a déclaré mardi dans un communiqué Francesco Milleri, directeur général d'EssilorLuxottica. Sauf surprise de dernière minute, le groupe devrait ainsi mettre la main sur un réseau de plus de 7 000 boutiques en Europe, alors qu'il possède déjà 11 000 magasins, principalement aux Etats-Unis.

Avec Reuters (Blandine Hénault et Nicolas Delame)

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS