Essentiel

Toutes les crises ont du bon. Mais elles exigent de savoir garder ses nerfs.

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Essentiel
Il y aura un avant et un après de ces élections municipales. C'est le mérite de la démocratie. Pas tellement à cause de la trentaine de villes tombées à gauche dans une alternance de gestion bien moins tranchée qu'autrefois. Ce coup de semonce au pouvoir présidentiel réclame un changement: une calme autorité à la tête de l'Etat, quelques réformes de long terme, une attention à toutes les formes de précarité et une ligne d'horizon sur plusieurs années. Une posture d'autant plus nécessaire que le ciel s'embrase dans une tempête inédite. Depuis la semaine passée et le sauvetage de la banque Bear Sterns, la crise financière américaine s'étend. Elle progresse à mesure que s'effondre le prix des maisons américaines et que la consommation ralentit. Elle se calmera - peut-être - lorsque les prix se stabiliseront et que l'on pourra mesurer l'étendue réelle des dégâts. En attendant, les marchés dégringolent. Il faut colmater les brèches à tout prix, quoi qu'on pense des turpitudes des acteurs financiers.

Ce maelström est décrit par Allan Greenspan (« Financial Times» du 17 mars) comme la plus grave crise depuis la Seconde Guerre mondiale. Il est désormais probable que, d'ici à la fin de l'année, la crise franchisse l'Atlantique même si les industriels ne voient encore rien venir tant la lancée de la croissance reste forte. Les réponses devront être adaptées de manière pragmatique sans écouter la séduisante musique des joueurs de flûte. Comment dès lors garder le cap des vraies réformes, dont on sait qu'elles ne produisent leurs effets qu'à retardement ? Il faut continuer à mettre en oeuvre tout ce qui pourra libérer les initiatives et tout ce qui renforcera la compétitivité de notre pays. En laissant de côté des réformes qui ne sont pas prioritaires (la publicité télévisée, la carte judiciaire ou les chauffeurs de taxis peuvent attendre). Toutes les crises ont - aussi - du bon. Elles exigent une attitude : se concentrer sur l'essentiel. Et garder ses nerfs.


Olivier Jay,
Directeur délégué de la rédaction
«L'Usine Nouvelle»

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