Essais aéronautiques : en plein boom, le Cetim Maroc investit et embauche

Exclusif : La filiale au Maroc du Centre technique mécanique français accroît de 50% ses installations de test de Casablanca et va recruter une soixantaine d’ingénieurs et techniciens.

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Essais aéronautiques : en plein boom, le Cetim Maroc investit et embauche

L’aéronautique donne des ailes au Cetim Maroc qui est en train d’accroître ses capacités de 50% en 18 mois. Pour cela, la filiale à 100% du Centre technique des industries mécaniques français réalise en ce moment sur sa plate-forme de Casablanca un investissement de 6 à 7 millions d’euros.

Sur ce site, basé sur la zone industrielle Aéropole de Nouaceur près de l’aéroport Mohammed V, une extension de 3 000 m² s’ajoutant aux 2 000 m² existants est en phase de construction.

L’achèvement est prévu avant mi 2014 et intègre l’expansion des partenaires usineurs français du Cetim installés dans ses locaux à Casablanca (Mecafim).

Ce projet s’accompagne de l’acquisition de moyens d’essais pouvant par exemple tester les dernières générations d’alliage de titane ou de composites.

Avec des compétences couvrant un large spectre : caractérisation physico-chimique des matériaux, préparation des éprouvettes, essais matière, essais de fatigue, traction, usinage … "Avec cette extension, il s’agit pour nous de suivre la forte croissance du marché des essais aéronautiques, sur lequel le Cetim en France ou à l’international se développe fortement. Le centre du Maroc va ainsi devenir l'un des plus importants laboratoires de référence au monde pour Snecma pour la partie moteur", explique en exclusivité à L’Usine Nouvelle Daniel Richet, délégué au développement international du Cetim, rencontré à Marrakech, en marge de la World investment conference North Africa.

Le centre français, présent aussi plus modestement en Tunisie, s’est implanté à Casablanca en 2007 et pas seulement dans une optique low cost. "Nos activités et nos investissements en France dans l’aéronautique sont, eux aussi, en phase de croissance et d’investissement. Nous sommes dans une logique de co-localisation".

Surtout que le marché est là. Les nouveaux programmes de moteur comme le Leap-X ou l’accroissement de la production chez Airbus et Boeing suscitent au plan mondial un véritable boom de la demande d’essais et de tests tout au long de la supply-chain.

Et l’offre peine à suivre. "La demande est en passe de doubler à l’horizon 2017, intégrant les demandes issues des programmes de développement et de production des principaux avionneurs et motoristes. Les exigences requièrent des certifications, des moyens d’essai et des compétences pointues multi-matériaux, métalliques mais aussi composites, voire dans le futur de composites à matrices céramiques", détaille Daniel Richet pour qui actuellement : "les étapes intégrées de production de coupons et d’essais de caractérisation constituent aujourd’hui un goulot d’étranglement général pour tout le secteur aéronautique. Actuellement, il n’y a plus dans le monde de capacité machines disponibles, en particulier dans le domaine des essais de fatigue,"

Le Cetim Maroc, dirigé par Karim Cheikh s’inscrit donc dans cette tendance. D’autant que, depuis environ 5 ans, au Maroc, la sous-traitance ou la fabrication de composants aéronautiques, quasi inexistante jusqu’alors, émergent peu à peu à travers des entreprises comme Aircelle, Le Piston Français, Mecadec et bientôt Bombardier en train de s’installer à Nouaceur.

Le chiffre d’affaires du Cetim Maroc est d’environ 5 millions d’euros et connaît une croissance annuelle à deux chiffres. "Le projet est de doubler l’activité à l’horizon de deux ou trois ans", indique Daniel Richet.

Outre l’aéronautique, le centre de Casablanca a aussi pour clients par exemple les chemins de fer marocains (ONCF) pour lesquels il réalise notamment des tests anti vibratoires ou la raffinerie Samir sur des caractérisations de matériaux. La montée en puissance de l’automobile dans le royaume ne s’est par contre pas accompagnée d’un fort courant d’affaires. Pour l’instant.

À Marrakech, Pierre-Olivier Rouaud

Un programme d’embauche
Le programme d’extension  du Cetim s’accompagnera de l’embauche d’environ 60 techniciens et ingénieurs. Ce plan va conduire en fait à doubler l’effectif du site de Casablanca pour le porter de 110 à 120 personnes (préparateurs, techniciens, ingénieurs) d’ici au premier semestre 2014. "Au Maroc, nous atteignons un niveau de compétence en métallurgie assez remarquable avec des profils d’ingénieurs issus des Mines de Rabat par exemple. Nous pratiquons de plus en plus aussi des brassages entre nos équipes françaises et marocaines", indique Daniel Richet du Cetim.


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