EspagneContraintes budgétairesCandidate à la monnaie unique, l'Espagne sacrifie désormais à la doctrine des critères de Maastricht. La croissance se ralentit. Mais il reste tout de même une marge pour permettre des performances, en 1996, au-dessus de la moyenne européenne.

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Contraintes budgétaires

Candidate à la monnaie unique, l'Espagne sacrifie désormais à la doctrine des critères de Maastricht. La croissance se ralentit. Mais il reste tout de même une marge pour permettre des performances, en 1996, au-dessus de la moyenne européenne.



En Espagne, un peu comme en Italie, on est entré récemment dans la logique sérieuse de la monnaie unique européenne. Il faut se soumettre au test des critères de convergence de Maastricht - même si, chacun le sait (mais fait semblant de l'ignorer), pratiquement aucun pays ne passera l'examen final. Pour bien se préparer, une bonne dose d'austérité est mise en oeuvre dans les politiques monétaires et fiscales. Le gouvernement Aznar entend limiter la progression des dépenses publiques en 1996 et 1997 au strict niveau de l'inflation, et prépare des coupes budgétaires à hauteur de 200 milliards de pesetas (8,1 milliards de francs). Et, comme il n'est plus envisagé de jouer la carte de la dévaluation compétitive, la politique monétaire se cale d'une manière ou d'une autre sur celle de l'Allemagne, avec pour objectif de maintenir l'écart de taux nécessaire pour éviter que la devise espagnole ne se déprécie relativement au deutsche Mark. Le loyer de l'argent s'établit ainsi à un niveau plus élevé que les conditions économiques purement internes ne le justifieraient. Le taux à trois mois est à 7,25 %, avec une inflation à 3,8 % seulement. Soit un taux d'intérêt réel de 3,3 %, à comparer avec 1,5 % en France. Sur les taux longs, l'écart est encore plus important. Le financement de l'expansion devient donc plus onéreux dans un contexte de freinage de la demande. Résultat : l'activité s'est nettement ralentie au cours des derniers mois. Le volume de la consommation des ménages a diminué de 2,3 % au premier trimestre. En avril, le niveau de la production industrielle était en recul de 6,6 % relativement au même mois de 1995. Le taux de chômage n'a pas encore subi les effets de ce changement ; il a en fait diminué, de 15,3 % en mars à 14,9 % en avril. Mais les prévisions officielles de croissance du PIB en 1996 ont été révisées en baisse, passant de 3,4 % à 2,3 %.





USINE NOUVELLE N°2555

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