L'Usine Aéro

ESPACEAlenia près d'une allianceL'italien Alenia choisit un partenaire dans le spatial en rêvant d'une société européenne unique.

Publié le

ESPACE

Alenia près d'une alliance

L'italien Alenia choisit un partenaire dans le spatial en rêvant d'une société européenne unique.



Armand Carlier, le patron de Matra Marconi Space, était venu la semaine dernière à Rome " en ami " fêter chez Alenia la fin de la construction du satellite Artemis. Jusqu'où ira cette amitié ? On le saura bientôt. Alenia va en effet choisir un partenaire dans le spatial, après l'électronique de défense, où il se mariera avec le britannique GEC. Depuis fin 1997, l'italien discute satellites, infrastructures spatiales et lanceurs avec les deux grands européens du secteur, MMS justement (8,4 milliards de francs de chiffre d'affaires en 1997) et le nouveau pôle français Alcatel-Thomson-Aérospatiale (une dizaine de milliards de francs de chiffre d'affaires prévus). " Dans un mois, nous aurons arrêté les modalités de l'opération et nous espérons conclure en juin ", indique Giuseppe Viriglio, le responsable de la division espace d'Alenia Aerospazio. La solution doit donc d'abord respecter ses trois priorités : le " développement dans le multimédia ", les " systèmes de navigation " (spatiale, maritime et terrestre) ainsi que " la poursuite des activités dans les infrastructures spatiales ". Mais, entre les deux alliés possibles, le coeur de l'italien balance. Le franco-britannique MMS, bientôt rejoint dans le spatial par l'allemand Dasa, semble avoir mis toutes les chances de son côté pour séduire l'italien. Il permettrait de créer " la société la plus internationale " et offre à Alenia, son quatrième actionnaire potentiel, davantage qu'un strapontin dans un simple joint-venture. Pour enfoncer le clou, MMS a associé Alenia à son offre de petits satellites pour la deuxième génération de la constellation Iridium, à réaliser à partir de 2001. Cela pourrait tirer une épine du pied de l'italien. Après Globalstar, sa belle usine romaine de 30 millions de dollars n'aura plus de petits satellites à construire début 1999. Le seul écueil est cependant de taille : le recouvrement des activités entre MMS et l'italien est total. Au sein d'un groupe autour d'Alcatel-Aérospatiale, les redondances seraient moins nombreuses. Mais des relations orageuses avec leurs états-majors par le passé ont laissé des traces chez Alenia, où l'on juge par ailleurs que " le risque est que ce pôle soit trop franco-italien ".

Services et production

En choeur avec la position bien connue du patron de MMS, le responsable de la division spatiale d'Alenia martèle que, face aux concurrents américains Lockheed Martin et Boeing, " il faut arriver à terme à former une seule société en Europe ". A dix ans, " la clé de lecture sera peut-être différente ", estime en outre Claudio Mastracci, premier vice-président en charge des opérations spatiales. " En Europe, un groupe prendra position pour les services, l'autre pour la production. Dans le premier, il y aura plus d'argent et, dans le second, davantage de maîtrise technologique. " Trop petite pour rester seule, Alenia va devoir choisir un des deux camps européens, mais à regret. De notre envoyée spéciale en Italie,



Les chiffres de la division espace d'Alenia Aerospazio

700 millions de dollars de chiffre d'affaires en 1997 (4,1 milliards de francs).

Objectif : 1 milliard de dollars en 2000.

2 600 personnes en 1997.

Principaux sites : Une usine à Turin (800 personnes, infrastructures spatiales et satellites scientifiques) ; cinq usines à Rome ou à proximité (1 200 personnes, R et D, activités télécommunications et observation de la Terre, radars, équipements spatiaux).

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte