Eric Forestier [Paraboot] : « Garder notre savoir-faire et les emplois en France »

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La marque Paraboot, née en 1908, traverse l’épreuve du temps en s’appuyant sur les valeurs instaurées par la famille Richard.

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Eric Forestier [Paraboot] : « Garder notre savoir-faire et les emplois en France »

113 ans. Telle est la longévité de Paraboot sur le marché de la chaussure haut de gamme. Dans un secteur où les modes se renouvellent sans cesse, la marque réussit à s’adapter et à évoluer en conservant ce qui fait le succès de ses produits, et surtout, de ses valeurs. Eric Forestier, directeur général de Paraboot depuis 2019, nous explique la recette du succès de cette PME familiale, dont le siège est installé en Auvergne-Rhône-Alpes.

Comment Paraboot a réussi à faire perdurer son savoir-faire à travers les époques ?

L’entreprise est née en 1908 et depuis, nous avons la chance est d’avoir su créer un patrimoine de chaussures très riche. Pour conserver notre ADN, nous piochons dans ce patrimoine en le réactualisant. Ce qui caractérise nos produits, c’est la solidité, la durabilité et la simplicité de l’esthétique.

C’est ainsi que l’entreprise traverse les générations et les modes. Nous opérons de légères modifications sur des détails, plutôt que des changements fondamentaux. Nous regardons constamment ce que nous pouvons faire évoluer dans nos produits.

Pourquoi le made in France est-il si cher à la marque ?

Paraboot est détenu par la même famille depuis quatre générations. C’est une vraie famille d’entrepreneurs qui a toujours eu la volonté de produire en France et cette volonté a traversé les époques. Aujourd’hui, nous sommes par exemple l’un des seuls fabricants à produire notre propre semelle et à le faire en France. Il ne s’agit pas seulement de la transmission d’une entreprise, mais aussi de valeurs.

La famille Richard détient 100 % du capital et veut converser son savoir-faire et les emplois en France, car cela fait partie de l’ADN de l’entreprise. Quand j’ai été recruté en mai 2019, c’était défini dans le brief de départ, et c’est aussi pour cette raison que je suis venu chez Paraboot.

Est-ce difficile de conserver cet ADN pendant la crise que nous traversons ? De quelle manière avez-vous du évoluer ?

La crise n’épargne personne, à part les vendeurs de gels et de vaccins (rires). Nous sommes tous sur un pied d’égalité. On contrôle notre distribution dans trente et une boutiques en propres et d’autres en Asie, donc il y a évidemment un impact sur notre business et nos détaillants. Mais Paraboot a la chance d’avoir des bases industrielles et financières solides. Cette crise révèle un besoin d‘agilité extrême car la situation change continuellement et il faut réussir à s’y adapter.

Faire du made in France, c’est aussi faire du circuit court. Il faut bien dimensionner l’outil de production pour ne pas faire d’erreur, mais cette crise n’impacte pas notre manière de produire. Ce qui est dur, c’est de ne pas savoir quand elle va s’arrêter et à quelle vitesse l’activité va reprendre. Je ne jette pas la pierre au gouvernement, car il a besoin de réagir rapidement face à la crise. Mais pour une entreprise, réagir au marché et aux décisions politiques est une autre paire de manches. Les aides ne sont pas forcément faciles à comprendre. Parfois, sans savoir pourquoi, on n’y a pas le droit. D’autres fois, on ne sait pas sur quoi se base notre éligibilité.

Quelles sont vos ambitions pour l’avenir de Paraboot ?

Nous voulons continuer à développer la marque, notamment en Chine et aux États-Unis. Nos filiales sont présentes dans ces pays, mais peu activées. On souhaite aussi poursuivre la digitalisation de l’entreprise. L’e-commerce amortit un peu la chute due à la Covid-19. C’est un canal sur lequel nous espérons doper notre performance, même s’il ne compense pas un réseau de boutiques fermées.

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