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L'Usine Energie

Eramet veut accélérer grâce à la transition énergétique

Franck Stassi , , , ,

Publié le

Le groupe minier et métallurgique Eramet souhaite répondre à la demande croissante en nickel, en manganèse et en cobalt, tirée par le développement des batteries. En Nouvelle-Calédonie, le redressement de la SLN se poursuit.

Eramet veut accélérer grâce à la transition énergétique
SLN, filiale d'Eramet, Nouvelle-Calédonie
© D.R.

Eramet souhaite se positionner sur les "métaux de la transition énergétique", a annoncé sa PDG Christel Bories à l’occasion, de la présentation, mercredi 21 février, de ses résultats annuels. "Dans les batteries, il y a beaucoup de métaux sur lesquels nous sommes compétents et actifs. Les cathodes sont composées de nickel, de manganèse et de cobalt. Nous sommes particulièrement bien positionnés pour en profiter. Nous travaillons aussi sur le développement de solutions de recyclage pour les batteries", a-t-elle expliqué.

Le groupe lorgne notamment sur un gisement de lithium en Argentine, pour lequel une décision d’investissement sera prise mi-2019 au terme d’une phase pilote. Des acquisitions de sociétés dans le sulfate de nickel et le cobalt figurent également parmi les pistes explorées.

Le groupe minier et métallurgique a enregistré en 2017 une progression de 22 % de son chiffre d’affaires, à 3,6 milliards d’euros. A périmètre constant, cette hausse est de 30 %. Il a également annoncé la reprise du versement d'un dividende, avec un montant de 2,30 euros par action proposé au titre de 2017. Arrivée en mai 2017, Christel Bories ne compte pas se reposer uniquement sur ces bons chiffres avec l’annonce d’un plan de transformation baptisé Neways. "Il faut des gouvernances plus plates, des organisations simplifiées, et un corporate léger mais fort. Dans le passé, chez Eramet, on a eu du mal à arrêter des projets. Il faut se benchmarker et s’ouvrir à des partenariats", estime-t-elle.

La SLN doit encore réduire ses coûts de production

Le redressement et le repositionnement des actifs les moins performants du groupe est également à l’ordre du jour. En difficultés chroniques, la SLN en fait partie. Les cours du nickel ont atteint 4,73 dollars la livre en 2017, en légère hausse mais toujours inférieurs au coût de production de la filiale calédonienne d'Eramet, qui s'est établi à 4,76 dollars en moyenne l'an passé. Le groupe a confirmé son objectif de baisse du coût de production de la SLN à un niveau de 4 dollars la livre à horizon 2020. "La SLN a atteint ses objectifs, si vous saviez combien c’était important !", a souligné Christel Bories. L’entreprise a produit 56,8 Kt de nickel en 2017, "point haut de la décennie", en hausse de 2,9%.

Le plan de redressement de l’entreprise tient en deux volets. Le premier, dédié à la productivité (-0,3 dollar par livre) passe par une augmentation du temps de travail à la mine et à l’usine, destiné à permettre un meilleur taux d’utilisation des machines. L’entreprise vise un effectif de 1700 personnes fin 2020, contre 2000 personnes aujourd’hui, en jouant sur les départs naturels. "Il est absolument essentiel, si l’on veut conserver ces 1700 personnes, de réaliser ces efforts", estime le directeur financier d’Eramet, Thomas Devedjian. Deuxième volet, des gains de coûts énergétiques avec la renégociation du prix de l’électricité et davantage de performances.

Les prix élevés du manganèse portent la branche

La branche manganèse, qui représente 50% de l’activité du groupe, a pour sa part enregistré une progression de 33% de son chiffre d’affaires, à 1,9 milliard d’euros. Des prix historiquement élevés (5,97 dollars par tonne sèche) et des stocks toujours bas, malgré le redémarrage de capacités en Afrique du Sud et en Australie, ont favorisé cette activité. Eramet compte développer le gisement de Moanda au Gabon, l'une des deux mines de manganèse les plus compétitives au monde, avec l'objectif d'augmenter à terme la production de sa filiale gabonaise Comilog de plus de 30%. L'année 2018 doit être consacrée aux études d'avant-projet détaillé et cet investissement potentiel, estimé à 450 millions d'euros, pourrait donner lieu à une décision finale mi-2019.

Il faudra également attendre "encore quelque mois" avant que l’usine de Sandouville (Seine-Maritime) ne résolve ses problèmes. 34,5 millions d’euros ont été investis l’an dernier pour adapter la raffinerie au changement de fournisseur de matte de nickel, un produit intermédiaire constituant la matière première pour produire du nickel, qui provient désormais de Finlande, avec une nouvelle composition.

Sur la branche alliages (dont le chiffre d’affaires a progressé de 14 %, à 1,987 milliard d’euros), Christel Bories enfin a déclaré que le groupe n'excluait pas des partenariats, voire des achats. Un nouveau management travaille à la "redéfinition de la branche" et à des mesures d’amélioration opérationnelle chez Aubert & Duval, dont le résultat opérationnel courant a reculé de 21% en 2017 (à 38 M€), contre un gain de 71% chez Erasteel (à -6 M€).

 

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