"Eramet n’est qu’au début de sa transformation", annonce Christel Bories

La nouvelle dirigeante d’Eramet annonce de nouvelles réductions de coûts dans les branches nickel et alliages, mais aussi des perspectives d’investissement et une attention renouvelée à la sécurité et à l’excellence opérationnelle.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Avec discrétion, mais détermination. Pour sa première présentation de résultats, la nouvelle PDG entrée en fonction en mai, Christel Bories, a marqué une rupture de ton avec celles que tenait son prédécesseur Patrick Buffet. Ce 27 juillet, devant la presse et les analystes, elle présente de bons chiffres, les meilleurs depuis longtemps. Le chiffre d’affaires est en hausse de 31%, la trésorerie a doublé (hors cession), le ratio d’endettement net sur capitaux propres est passé en dessous de l’Ebitda (il était à 26 fois en 2016 !). Mais surtout, le groupe minier et métallurgique présentait ce semestre ses premiers résultats positifs depuis plusieurs années.

Pourtant, Christel Bories a choisi d’entamer sa présentation avec le taux d’accidents de travail dans le groupe, qui n’est, lui, "pas très bon". Et même "très éloigné du benchmark de l’industrie", insiste-t-elle. De l’autocritique chez Eramet ? On n’avait pas vu cela depuis bien longtemps. Mais ce n’est pas de la provocation, ce n’est qu’un levier vers le premier objectif de Christel Bories. "Si nous ne faisons pas attention aux hommes, pourquoi ferions-nous attention au produit, aux machines aux clients ? Les entreprises qui ont un excellent niveau de sécurité ont généralement un excellent produit."

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Restructuration en France

Et justement, l’excellence, c’est ce que vise la nouvelle PDG. Et pas seulement pour la SLN calédonienne, où elle "pense qu'on n'est pas du tout allés au bout de ce que nous pouvions faire". Mais aussi dans la branche alliages, ou "Erasteel est pour la première fois depuis longtemps à l’équilibre." Si la branche a profité de la bonne croissance du secteur aéro, qui représente 60% de son chiffre d’affaires, elle est néanmoins en pleine restructuration : plan de performance, renforcement de la fiabilité des outils et des produits, diversification avec l’ouverture de MKAD dans l'usinage du titane de qualité aéronautique, d'Ecotitanium pour le recycler, et le réinvestissement de Valdi à Commentry dans le recyclage des piles et des catalyseurs… "L’activité de l’aciérie de Firminy devrait être transférée à l’usine des Ancizes, nous sommes en discussion avec les instances représentatives du personnel."

Encore du sang et de la sueur en Nouvelle Calédonie

Une diversification également au programme dans la branche nickel. "Pas sur le site de la SLN", Christel Bories l’exclut. Mais bien pour viser la complémentarité entre le nickel de haute pureté produit à Sandouville, le ferronickel à haute teneur calédonien, et bientôt la fonte de nickel (nickel pig iron, ou NPI) en Indonésie, sur le gisement de Weda Bay enfin sorti de son cocon avec la signature, en juin, d’une joint-venture avec le chinois Tsingshan. C’est vrai que, quitte à voir son ferronickel concurrencé sur les inox bas-de-gamme, autant organiser sa propre concurrence et en tirer profit. Surtout quand on a investi plus de 300 millions d’euros et déprécié presque d’autant cet actif…

Cette nouvelle complémentarité qui doit aider la branche nickel, dont la performance financière représente cette année encore "une relative déception" pour le directeur financier Thomas Devedjian. Malgré les efforts fournis par la SLN, celle-ci continue de perdre entre 18 et 20 millions d’euros par mois et le plan de performance renforcé, doublé du futur remplacement de la centrale électrique, ne suffiront pas à compenser les effets d’une crise durable du nickel, dont "Eramet n’espère pas une remontée significative des cours", reconnaît Christel Bories. Concernant l’usine de Nouméa - mais aussi sur mine -, elle annoncera à l’automne de nouvelles mesures pour améliorer la compétitivité. "La prise de conscience en Nouvelle-Calédonie que le nickel traverse une crise profonde va nous aider à réaliser ces progrès tous ensemble."

De nouveaux marchés à conquérir

Si Eramet va de voir se réformer en profondeur – Christel Bories a annoncé en préambule que "le groupe n’en [était] qu’au début de sa transformation", il envisage aussi des leviers de croissance plus riants. Car la diversification s’étend au niveau du groupe lui-même. Après le manganèse, qui affiche une enviable croissance depuis qu’Eramet a réinvesti au Gabon, les sables minéralisés avec Tizir au Sénégal pour produire du dioxyde de titane et du zircon, Eramet vient de se positionner sur le lithium en Argentine. Ce projet d’extraction sans assèchement du salar (avec réinjection de l’eau) en est à l’étude de faisabilité économique. Si tout va bien, "la construction démarrera début 2019 pour un entrée en production en 2021". De là à lorgner le marché des batteries pour surfer sur la croissance des véhicules électriques, puisqu’après le manganèse, le lithium et les sels de nickel, il ne manque à Eramet que le cobalt ? "Effectivement Le groupe a un bon potentiel pour adresser le marché des batteries, et nous pourrions nous poser des questions sur le cobalt à l’avenir", répond Christel Bories. Mais chut, ses propositions pour la nouvelle stratégie du groupe n’ont pas encore été présentées au conseil d’administration.

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
NEWSLETTER Matières Premières
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

  • Recherche le contact d'un décideur ou d'une entreprise industrielle

    ERASTEEL
ARTICLES LES PLUS LUS