L'Usine Auto

[Equipementiers auto] "Les spécialistes liés au système de propulsion connaissent une bonne dynamique", selon Roland Berger

Julie Thoin-Bousquié , , , ,

Publié le

Chaque année, le cabinet de conseil Roland Berger et L’Usine Nouvelle publient le classement des 100 meilleurs équipementiers mondiaux. Sébastien Amichi, senior partner en charge du secteur automobile chez Roland Berger, analyse les résultats du cru 2016.

[Equipementiers auto] Les spécialistes liés au système de propulsion connaissent une bonne dynamique, selon Roland Berger
Sébastien Amichi, senior partner en charge du secteur automobile chez Roland Berger
© Pascal Guittet

L'Usine Nouvelle - Quels sont les enseignements à tirer de ce classement 2016 des équipementiers automobile?

Sébastien Amichi - Le premier enseignement est lié à la confirmation d’une tendance à l’œuvre depuis plusieurs années. On assiste à l’affirmation nette du positionnement des "Tier1"* en tête du classement des équipementiers mondiaux, à l’image de Continental, Hyundai Mobis ou Bosch. Dans ce top 20 relativement stable, on trouve les segments les plus porteurs comme celui du groupe motopropulseur (powertrain). Le Dieselgate et la pression supplémentaire sur l’optimisation des moteurs qui en découle sont venus soutenir l’activité des équipementiers positionnés sur ce créneau. Le créneau relatif à l’info-divertissement connaît également une bonne dynamique. A l’inverse, les pneumaticiens ont souvent accusé un recul dans le classement 2016, en grande partie liée au prix des matières premières. Ils ont été pris en 2016 dans une forte baisse du prix du pétrole qui a mécaniquement fait diminuer celui du caoutchouc synthétique et in fine leur chiffre d’affaires.

Comment a évolué l’activité des équipementiers sur la période?

Les niveaux de production ont été bons. Les équipementiers ont bénéficié de la reprise assez forte du secteur automobile aux Etats-Unis. Les performances ont également été plutôt satisfaisantes en Europe. En comparaison des résultats de 2015, la croissance n’a pas été énorme. Mais on reste sur des niveaux de création de valeur parmi les plus importants observés depuis ces cinq dernières années. Bien plus élevés que ce que l’on a pu observer en 2010 ou 2011.

Comment se sont comportés les équipementiers français?

Faurecia et Valeo font partie des dix premiers équipementiers mondiaux (respectivement 9e et 10e). Michelin occupe la 17e place et Plastic Omnium ferme la marche des équipementiers français avec une belle 52e place. Faurecia a su garder depuis plusieurs années sa place à la tête du classement grâce à son savoir-faire. Et étend aujourd’hui ses compétences: en témoigne le rachat de la division automobile de Parrot qui va lui permettre d’accélérer sur la connectivité. Michelin est tiré de son côté par le succès de toutes ses innovations, comme sa gamme de pneus à faible résistance, ou ses pneumatiques Kormoran.

Valeo a gagné cinq places dans le classement pour se hisser au 9e rang devant Faurecia. Comment expliquer cette progression?

Elle est liée à la stratégie de Valeo sur ses choix de produits. L’équipementier propose des solutions de connectivité intéressantes, travaille sur la propulsion électrique et continue à avoir une présence rentable dans des créneaux comme ceux des alterno-démarreurs ou des essuie-glaces, là où d’autres acteurs se demandent s’ils souhaitent conserver ces activités en interne. Les "5 axes de l’excellence opérationnelle" définis par Valeo sont une des clefs de sa réussite, et lui permettent de se maintenir sur son activité historique tout en gagnant des places sur d’autres segments.

L’Allemagne et le Japon surfent sur une bonne dynamique. Comment expliquer leur bonne performance?

Comme l’année dernière, le Japon a profité d’un effet yen assez fort. L’Allemagne a de son côté bénéficié des acquisitions réalisées par les acteurs allemands. Les Etats-Unis ont à l’inverse perdu des places du fait des désinvestissements de certains de ses équipementiers. L’évolution du contexte politique dans ce pays, avec l’élection de Donald Trump, pourrait par ailleurs avoir des conséquences sur un acteur émergent fidèle du classement, le Mexique. Depuis plusieurs années, Nemak, spécialiste de la culasse moteur, tire très bien son épingle du jeu. Il a d’ailleurs progressé de onze places encore cette année. Mais les élections américaines pourraient changer la donne.

Quelles tendances sont susceptibles de faire évoluer ce classement dans l’année à venir?

Les nouveaux enjeux relatifs à l’aide à la conduite (ADAS, Advanced driver assistance systems), la connectivité et les véhicules autonomes devraient permettre à de nouveaux acteurs de faire leur entrée dans le classement, comme Mobileye. La startup israélienne est devenue en quelque temps incontournable dans la course aux véhicules autonomes et équipe les plus grands constructeurs mondiaux. Elle occupe cette année la 111e place grâce une progression fulgurante et devrait pénétrer dans le classement des 100 équipementiers sous peu.

Quels autres acteurs peuvent faire leur entrée dans le classement?

On peut s’attendre à l’arrivée de Samsung, qui s’est offert l’américain Harman en 2016 pour 8 milliards de dollars. Un autre Coréen, LG, pourrait également s’inviter dans le prochain classement des équipementiers mondiaux. Le spécialiste de l’électronique a de grandes ambitions dans la voiture autonome.

* Des groupes de plusieurs dizaines de milliards de chiffre d’affaires qui se concentrent sur quatre ou cinq métiers différents. ?

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