L'Usine Aéro

Equipementiers aéronautiques : notre sélection

, , , ,

Publié le

A l'occasion du salon du Bourget, L'Usine Nouvelle et Roland Berger publient le premier classement international des équipementiers aéronautique. Focus sur ces sous-traitants, qui sont parfois plus rentables que leurs clients.

Equipementiers aéronautiques : notre sélection © DR

Les équipementiers prennent une place de plus en plus importante dans la filière aéronautique, avec le développement des contrats de "risk-sharing". Ces entreprises peuvent dépasser en taille certains constructeurs, et sont parfois centrales pour l'industrie de pays entiers. Etudions de plus prêt une sélection des équipementiers les plus performants du monde. 

L-3 Communications - La vigie du Pentagone
1er du classement
Dans les groupes américains liés à la défense, on connaît Lockheed Martin, Raytheon ou Boeing parce qu'ils fabriquent des avions, des satellites ou des drones. Mais il y a aussi - et surtout ! - L-3 Communications, le champion de notre top 100 des équipementiers mondiaux. Derrière ce nom un peu énigmatique se cache l'un des principaux fournisseurs du Pentagone. Si ce groupe au chiffre d'affaires proche des 17 milliards de dollars n'est pas le plus gros des contractants du ministère de la Défense américain, c'est l'un des plus complets en termes d'activités. L-3 Communications fournit des centres de commandement, de contrôle et de communication intégrés (C3ISR), de la communication en réseau (sur avions ou drones), des systèmes de cyber-sécurité ou de surveillance des frontières. Il réalise la maintenance et la modernisation de flottes d'avions, fabrique des équipements électroniques, de l'avionique ou de l'optronique.

UTC - Pratt & Withney, c'est lui !
2e
Ce conglomérat géant détient le motoriste Pratt et Withney et l'équipementier Hamilton Sundstrand. Motoriste des lanceurs spatiaux et des avions de combat américains, Pratt et Whithney a fait un retour en force dans l'aviation civile en décrochant la motorisation du nouvel A320 NEO d'Airbus. Il est également le fournisseur du CSeries de Bombardier.

Rolls-Royce - Le premier Européen
5e
Le motoriste britannique a affronté de fortes turbulences avec l'explosion de l'un des moteurs d'un Airbus A380 de Qantas et les retards du Boeing 787. Valeur sûre de cette industrie, il domine le marché des moteurs de forte puissance, avec un carnet de commandes civiles chiffré à 57 milliards d'euros.

Finmeccanica - L'EADS italien
6e
Personne ne devrait s'étonner de voir le champion italien de l'aéronautique figurer à la sixième place de notre classement, au coude-à-coude avec Rolls-Royce. Ce groupe diversifié, sorte d'EADS transalpin, a su marier croissance régulière et rentabilité. Finmeccanica est certes plate-formiste (hélicoptères AgustaWestland, avions d'entraînement M 146 ou missiles), mais c'est aussi un partenaire de longue date de Boeing et de Lockheed Martin dans les aérostructures via sa filiale Alenia. Il fabrique un tronçon complet du Boeing 787 en matériaux composites (il est d'ailleurs en partie responsable des retards du programme). La collaboration avec Boeing est ancienne. Finmeccanica a oeuvré sur les 767 et 777 comme sous-traitant. Avec le 787, il est devenu "risk sharing partner" et table sur ce programme pour alimenter sa croissance dès que la production aura vraiment décollé. Dans le secteur militaire, Finmeccanica prend part au programme du F-35, le futur avion de combat de cinquième génération de Lockheed Martin. Par ailleurs, le groupe est un équipementier très complet dans les systèmes et l'électronique de défense (radars, avionique, radios...).

Mahindra et Mahindra - Dans le sillage du Brésilien Embraer
11e
Présent dans une dizaine de secteurs d'activités (automobile, machine agricole, tourisme, services informatiques...), le conglomérat indien affiche ses ambitions dans le secteur aéronautique. Sa division spécialisée, créée en 2007, s'inspire du brésilien Embraer, devenu le quatrième avionneur mondial. Le groupe indien veut s'imposer comme un fournisseur de rang 1 au niveau mondial. Pour obtenir ces compétences, il a mis la main en 2009 sur deux sociétés australiennes, le fabricant d'avions légers Gipps Aero et Aerostaff Australia, un spécialiste de la mécanique de haute précision. "Ces acquisitions nous apportent un accès immédiat au marché aéronautique et aussi à la supply chain des grands acteurs de l'industrie", fait savoir le groupe. L'opération lui a ouvert les portes des lignes d'assemblage de programmes aussi prestigieux que celui du Boeing 737, de l'avion d'affaires G150 de Gulfstream et de l'avion de combat F-35. Installée à Bombay, la société développe aussi à Bangalore un site dernier cri spécialisé dans l'assemblage et l'usinage de pièces en métal. Mahindra et Mahindra devra relever un lourd handicap : l'aéronautique est mondialisée alors qu'il reste un acteur local, avec 86 % de son activité en Inde.

Fuji Heavy Industries - Au coeur du 787
14e
Fondé en 1953 à Tokyo, le groupe FHI fait partie de ces "heavies" japonais très diversifiés, comme Kawasaki (KHI) ou Mitsubishi (MHI). Il fait un peu figure d'exception puisque cet industriel réalise l'essentiel de son activité dans l'automobile avec la marque Subaru. L'aéronautique est encore très minoritaire - à peine 7 % de ses 15,4 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Logique, ce métier est relativement nouveau. FHI a démarré avec un peu de sous-traitance sur le Boeing 767, un long-courrier lancé à la fin des années 80, puis a poursuivi avec le 777. Enfin, FHI est devenu en 2003 "risk sharing partner" pour le 787. Dans son usine principale de Utsunomiya, à une centaine de kilomètres au nord de Tokyo, il fabrique une pièce clé : le caisson central de voilure en composite. Ce partenariat fait grincer des dents chez les concurrents puisque les "heavies" japonais ont bénéficié de généreuses subventions du Meti (ministère de l'Économie, du Commerce extérieur et de l'Industrie) pour doter le Japon d'une vraie industrie aéronautique.

Kawasaki - Un pilier du Boeing 787
15e
Avionneur, fabricant d'hélicoptères et de sous-ensembles de lanceurs spatiaux, le groupe japonais a développé une forte activité d'aérostructures. Il fabrique des éléments de fuselage pour Boeing (767, 777, 787) et Embraer (170 / 175, 190 / 195). Dans le programme du Boeing 787, il se charge du développement et de la fabrication d'une partie du fuselage avant.

ATK - Le nouvel allié d'Astrium
21e
Ce spécialiste des équipements militaires et des lanceurs spatiaux a noué un partenariat prometteur avec Astrium pour concevoir une fusée à petit prix. Très dépendant des budgets gouvernementaux américains, ATK pourrait s'implanter sur le marché européen des aérostructures. Il s'intéresserait notamment à Latécoère.

Spirit Aerosystems - L'Américain d'Airbus
22e
Basé à Wichita, dans l'état du Kansas, aux États-Unis, ce fournisseur est né du rachat des activités d'aérostructures de Boeing en 2005 par le fonds d'investissement canadien Onex. À ce titre, il est le principal fournisseur d'éléments de fuselage de l'avionneur. Sur le 787, il fabrique les mâts réacteurs, le fuselage avant et des composants de voilure du long-courrier. Il fait aussi partie des fournisseurs retenus sur le futur avion ravitailleur destiné à l'US Air Force. "Depuis le démarrage de ses activités en 2005, Spirit s'est engagé dans la diversification à travers des acquisitions et des partenariats", indique Jérôme Rein, du cabinet Roland Berger. L'année 2008 l'a ainsi vu enregistrer des contrats aux contenus variés : ailes du Gulfstream G650, nacelles pour Rolls-Royce, mâts réacteurs pour l'avion régional MRJ de Mitsubishi Heavy Industries... Son grand succès reste le contrat décroché auprès d'Airbus comme fournisseur du pavillon central de l'A350 XWB, un tronçon de 20 mètres de longueur et de 6 de largeur. Ce marché l'a conduit à construire une usine à Montoir-de-Bretagne (44), à deux pas de celle de son client. Il fait partie des acquéreurs potentiels du groupe toulousain Latécoère.

Elbit Systems - Le touche-à-tout israélien
30e
Avions et hélicoptères de combat produits sous licence, électronique de défense, système de commandement intégré, drones, optronique, aérostructures, radios tactiques... demandez plutôt ce que ne fait pas Elbit Systems ! Fournisseur de Tsahal, Elbit est certes légèrement moins gros qu'IAI, auquel il dispute la place de leader israélien de l'aéronautique et de la défense, mais il est beaucoup mieux classé en raison de ses meilleures performances. Le groupe de Haïfa, présidé par Joseph Ackerman, est partenaire de longue date de l'aviation américaine. Il fabrique ainsi de nombreuses pièces de structures des F-16 de Lockheed Martin et des F-15 et F-18 de Boeing. Activité moins connue, Elbit Systems intervient en tant que sous-traitant dans de nombreux programmes commerciaux de Boeing, comme pour le 737 (les portes passagers) ou le tout nouveau 787, dont il fabrique les trappes de trains d'atterrissage en matériaux composites. Ces revenus récurrents s'ajoutent aux activités militaires à l'international.

Tusas (TAI) - Un petit Turc parmi les grands
32e
Véritable découverte de notre classement, le fabricant turc d'éléments de fuselage s'impose comme le champion de la croissance et de la profitabilité parmi les sociétés de taille moyenne. Fondé par les pouvoirs publics en 1984, le groupe multiplie les références. Il s'est imposé comme un fournisseur du F-35 de Lockheed Martin et comme partenaire en "risk sharing" de l'A400M et de l'A350 d'Airbus.

GKN - Les ailes anglaises d'Airbus
36e
Fort de 40 000 salariés, l'anglais GKN est un groupe diversifié qui ne réalise qu'un quart environ de son activité dans l'aéronautique. Le dynamisme de ses trois autres divisions (composants automobiles, véhicules agricoles et de travaux et métallurgie des poudres) a pu faire oublier la légère décroissance de l'activité aéronautique en 2010. Le groupe avait pris une nouvelle dimension en 2008 lorsqu'il a acquis certaines des activités d'Airbus de voilure implantées à Filton, au Royaume-Uni. GKN affiche deux atouts. D'une part, un chiffre d'affaires aéronautique partagé équitablement entre les activités civiles (53 %) et militaires (47 %). Et d'autre part, une clientèle très diversifiée. Outre EADS (28 % de l'activité) et Boeing (21 %), il compte comme clients les groupes américains United Technologies (14 %), Lockheed Martin (6 %) ainsi que Rolls-Royce (3 %), Bombardier (3 %).

Goodrich - Un champion des services
38e
Présent dans 18 pays, la société a grandi par croissance externe jusqu'à atteindre les 7 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2010. Goodrich est l'un des leaders mondiaux des nacelles, des inverseurs de poussée, des trains d'atterrissage et de l'électronique de bord. Surtout, il réalise 41 % de son activité dans les services, l'activité la plus profitable.

MTU - Le moteur de l'A400M
42e
Depuis mai dernier, le premier motoriste allemand respire. Le consortium chargé de fabriquer le système de propulsion de l'A400M, auquel MTU appartient, a réglé son litige avec Airbus Military. MTU était en première ligne dans les retards de livraison du moteur. Le groupe, qui réalise 37 % de son chiffre d'affaires dans les services, est également l'un des fabricants du moteur de l'Eurofighter.

Saab - L'équipementier avionneur
43e
Fabricant de l'avion de combat Gripen - par le passé d'appareils civils -, Saab réalise la moitié de son activité dans l'aéronautique civile et militaire. Touche-à-tout, le champion suédois maîtrise le développement et la fabrication de fuselages, d'équipements d'avionique, de systèmes d'activation hydrauliques, de composants de missiles et d'électronique de défense...

Xi'an Aircraft - Le fabricant chinois arrive en Europe
45e
En décembre dernier, Xi'An Aircraft (groupe Avic) créait l'événement. Pour la première fois, une société chinoise mettait la main sur un fabricant aéronautique européen. La filiale d'Avic, le principal groupe aéronautique en Chine, a en effet pris le contrôle de l'entreprise autrichienne FACC, spécialisée dans les pièces en matériaux composites. Une belle prise ! Outre son chiffre d'affaires de 272 millions d'euros, sa technologie est reconnue par des acteurs comme Airbus, Boeing et même Dassault Aviation qui s'équipent chez lui pour leurs ailettes d'extrémité de voilure (winglets) ou spoilers (gouvernes brise-air). Cette acquisition matérialise les nouvelles ambitions des entreprises chinoises. Ainsi, fin 2010, Avic a repris les moteurs à pistons destinés à l'aviation générale de l'américain Teledyne.

Esterline - Acquéreur en série
52e
Ce groupe américain diversifié (capteurs, contacteurs électriques...) a réalisé trente acquisitions en moins de quinze ans. La prochaine cible est française : il est en négociation exclusive pour racheter le spécialiste des connecteurs Souriau. 70 % de son milliard de dollars en carnet de commandes proviennent des d'acquisitions menées à bien depuis 2000.

Triumph - Fournisseur de carlingues
58e
Triumph s'impose comme un des nouveaux acteurs américains majeurs avec un chiffre d'affaires de 2,9 milliards de dollars. Il a plus que doublé de taille avec l'acquisition en 2010 d'un fournisseur de Boeing, alors en difficulté, Vought Aircraft. Triumph réalise désormais deux tiers de son activité dans le domaine des aérostructures.

B/E Aerospace - Chargé du confort à bord
63e

B/E Aerospace est le principal rival de Zodiac dans l'aménagement des cabines pour les avions commerciaux et les jets d'affaires. Il fournit l'ensemble des équipements nécessaires à une compagnie aérienne : sièges, éclairage, cafetières et fours de cuisine, systèmes d'oxygène, système de couchage... De quoi réaliser près de 2 milliards de dollars de chiffre d'affaires.

Ulan Ude - Rescapé de l'URSS
67e
Cette entreprise spécialisée dans les aérostructures et sise aux confins de la Sibérie faisait partie des anciens combinats aéronautiques de l'URSS. Ulan Ude Aviation Plant, qui s'est recentré sur la fabrication d'éléments pour hélicoptères et avions de combat (le Mi-171, le Sukhoi 25 et 39), est aujourd'hui contrôlé par l'entreprise d'État Oboronprom, le leader russe de l'hélicoptère.

KAI - Le petit Coréen aux grandes ambitions
77e
Malgré sa taille modeste (930 millions de dollars de chiffre d'affaires en 2009), Korea Aerospace Industries a plusieurs fers au feu sur le marché de l'aéronautique et de la défense. Pour les appareils civils de Boeing et d'Airbus ainsi que pour les avions de combat, il fabrique des éléments de fuselage et de voilure. KAI a noué des partenariats forts avec les hélicoptéristes Eurocopter et Bell. KAI est lui-même fabricant d'avions, d'hélicoptères, de drones et des satellites ! Que ce soit sous licence ou pour des appareils de sa conception. Sa grande originalité : une volonté de s'imposer sur le marché des avions supersoniques d'entraînement avec son T-50, un modèle déjà acheté par l'Indonésie.

Stork Fokker - Le néerlandais volant
85e
Avionneur emblématique des Pays-Bas - il a été fondé en 1919 - Fokker s'est fait racheter par le groupe Stork en 1996. Recentré sur les aérostructures, il fournit les empennages des jets de Gulfstream, des volets extérieurs pour l'A350 d'Airbus et des systèmes électriques pour le CSeries de Bombardier et l'avion de combat américain F-35.

Aernnova Aerospace - Le fuselage à l'espagnole
86e
Ce spécialiste des aérostructures a séduit les grands avionneurs mondiaux et les hélicoptéristes (Sikorsky, AgustaWestland ...). Il s'est distingué en remportant des contrats sur le Boeing 747 LCF, cet avion modifié pour transporter les tronçons du 787. Aernnova fabrique des éléments du fuselage du 747-8, version allongée du Jumbo.

Diehl Aerospace - Éclairagiste en altitude
87e
Ce joint-venture détenu par l'allemand Diehl Aerosystems (51 %) et le français Thales (49 %) a une spécialité originale, l'éclairage de cabine. Cet équipement permet de plus en plus aux compagnies aériennes de se différencier. Il fournit également des solutions d'avionique et de contrôle des équipements pour les appareils civils et militaires.

Heroux Devtek - Fournisseur militaire
91e
Le Canadien cultive son voisinage avec les États-Unis. Il fournit des éléments de voilure et de fuselage ainsi que des trains d'atterrissage pour des appareils vedettes comme le F-35 de Lockheed Martin (commandé à 65 exemplaires par le Canada), le Chinook de Boeing ou encore le C-130J. De quoi réaliser 60 % de son activité dans le domaine militaire.

Retrouvez tous ces équipementiers dans notre classement.

Découvrez les nouveautés du salon de l’aéronautique Bourget 2015

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte