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EPR : le retour du nucléaire en Europe par la Manche

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

Le contrat d’EDF au Royaume-Uni symbolise le retour du nucléaire dans la Vieille Europe où la catastrophe de Fukushima a ébranlé durablement l’atome, au point de déchirer le sacro-saint consensus français.

EPR : le retour du nucléaire en Europe par la Manche © Flickr - C.C.

Officialisée ce lundi 21 octobre, la vente de deux EPR en Grande-Bretagne marque une vraie réussite pour la filière électronucléaire française en mal de grands contrats en matière de nouvelle construction depuis 2007. Mais au-delà du cas franco-britannique, c’est aussi un véritable sursaut du nucléaire dans l’OCDE et en Europe en particulier. Après la catastrophe de Fukushima en mars 2011, l’Europe a été balayée par une forte opposition à l’atome. Elle a débuté en Allemagne quand Angela Merkel a décidé de relancer le plan de sortie de nucléaire initié au début des années 2000.

L’Italie envisageait également de revenir au nucléaire après sa sortie en 1987 un an après l’accident de Tchernobyl en Ukraine. L’épisode japonais a mis fin à ces velléités. En  2011, la Suisse annonce aussi sa volonté de ne pas construire de nouveaux réacteurs, se contentant de les mener à leur fin de vie après 50 ans de fonctionnement. Enfin, la France, avec l’élection de François Hollande en mai 2012, s’engage sur une voie de réduction de la part du nucléaire de 75 à 50 % d’ici 2025. Le pays va fermer Fessenheim, la doyenne des centrales, et exclut de fait la construction d’un deuxième EPR en France après celui de Flamanville (Manche).

Un précurseur du nucléaire

Bien sûr, il y a d’autres pays en Europe qui mènent des projets : la Finlande, la République Tchèque, la Pologne… Mais aucun n’a la puissance symbolique du Royaume-Uni. D’une part, le pays est un vrai pionnier de l’énergie électronucléaire puisque les premiers réacteurs de puissance datent de la fin des années 50. Par ailleurs, il y a dans le pays un consensus politique de tous les partis politiques autour de l’atome, même si cela n’empêche pas des oppositions dans la population. Le pays met particulièrement en avant le nucléaire pour, au côté de l’éolien offshore, conduire le pays vers un mix électrique décarboné.

Ludovic Dupin

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