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EPR : l'ASN demande des compléments à EDF et l'Autriche attaque le projet britannique

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L'Autorité de sûreté nucléaire juge recevable le dossier de demande de mise en service du réacteur EPR de Flamanville. Cependant, elle suspend son instruction le temps qu'EDF fournisse des pièces complémentaires. Dans le même temps, l'Autriche confirme ses menaces et va attaquer les subventions du Royaume-Uni pour construire deux EPR sur son territoire.  

EPR : l'ASN demande des compléments à EDF et l'Autriche attaque le projet britannique © EDF - Facebook

Pas une semaine sans que l'EPR de Flamanville ne fasse l'actualité. Ce 23 juin, l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a rendu public un courrier de son président Pierre-Franck Chevet, adressé à EDF le 12 juin dernier. Elle fait suite à la demande d'autorisation de mise en service du réacteur EPR en construction à Flamanville (Seine-Martime) déposé par l'électricien national le 19 mars 2015. Dans sa lettre de 113 pages, le gendarme de l'atome juge que le dossier d'EDF est incomplet. Il suspend son instruction, censé durée un an, le temps qu'EDF complète sa demande.

"L’ASN considère que le dossier remis par EDF est recevable. L’ASN considère toutefois qu’il doit être complété afin que l’instruction technique puisse être menée", explique l'autorité indépendante dans un communiqué. Le document remis par EDF (40 000 pages environ) compte un rapport de sureté, des règles générales d’exploitation, une étude sur la gestion des déchets de l’installation, un plan d’urgence interne, un plan de démantèlement et une mise à jour de l’étude d’impact.

A titre d'exemple, l'ASN, conforté par l'avis de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), demande des justificatifs supplémentaire sur la qualification de la sureté de l’enceinte de confinement. L'autorité juge cependant que ses demandes sont normales pour instruire un dossier d'une telle importance.

Vienne attaque le projet britannique

Une mauvaise nouvelle n'arrivant jamais seule, une autre vient d'Autriche. Vienne a indiqué que le pays allait porté plainte auprès de l'Union Européenne pour dénoncer le financement du projet des deux réacteurs EPR qu'EDF projette de construire à Hinkley Point au Royaume-Uni. L'Autriche, fortement opposée au nucléaire, menace depuis plusieurs mois d'attaquer le prix garanti sur 35 ans obtenu par l'électricien français. L'Union Européenne a déjà enquêté sur ces subventions et les a jugées conformes au droit européen. Pour l'heure, Londres affirme que le projet britannique n'est pas remis en cause et EDF doit annoncer sa décision finale d'investissement d'ici fin 2015.

L'EPR est dans une période difficile. Sur le chantier français, les difficultés se sont accumulées depuis plusieurs mois. Des défauts ont été constatés sur l'acier de la cuve de l'EPR fabriquée par Areva, des dysfonctionnements ont été observées par l'IRSN sur des soupapes et des soudures sont à refaire sur le circuit primaire. Malgré ces différents obstacles, EDF ne remet pas en cause le démarrage du réacteur prévu pour 2017.

Ludovic Dupin

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1 commentaire

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24/06/2015 - 09h35 -

Petite correction de l'article, la ville de Flamanville est située dans le département de la Manche(50) et non de la Seine-Maritime (76).
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