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L'Usine de l'Energie

EPR, endettement, Fessenheim... Les 12 travaux herculéens d’EDF

Ludovic Dupin

Publié le

Malgré de bons résultats, EDF fait face à un lourd endettement. Un poids difficile à porter alors que les obstacles et chantiers sont nombreux sur la route de l’électricien. 

EPR, endettement, Fessenheim... Les 12 travaux herculéens d’EDF
Jean-Beranrd Levy PDG EDF
© Stéphane de Bourgies

"Jean-Bernard Levy est incroyablement optimiste", commentent deux analystes alors que le PDG d’EDF vient de présenter ses résultats annuels. 2016 a été une année très difficile pour l’électricien que ce soit sur le plan économique, de la sûreté nucléaire et de la réglementation. Au crédit du dirigeant, notons qu’une nouvelle fois EDF fait partie des deux seuls grands électriciens européens à ne pas être en déficit. EDF enregistre un résultat net part du groupe de 2,9 milliards d’euros, soit une progression de 140 % par rapport à 2015. Et ce malgré un chiffre d’affaires en recul de 5,1% à 71,2 milliards d’euros en raison de la faiblesse des marchés de l’électricité. L’énergéticien continue à souffrir d’un fort endettement, il doit faire face à un mur d’investissement à venir et porter des projets qui dimensionneront EDF pour le siècle à venir. Voici les douze travaux d’EDF.  

Augmentation de capital : Mener à bien l’augmentation de capital sera sans doute l’épreuve la plus rapide de Jean-Bernard Lévy. Lundi 13 février, le conseil d’administration a validé le lancement de cette opération à hauteur de 4 milliards d’euros à laquelle l’Etat va souscrire pour 3 milliards d’euros. Le reste proviendra de différents partenaires privés dont le chinois CGN. Cette augmentation des fonds propres permettra à l’électricien d’acquérir Areva NP, la branche d’Areva en charge de la construction et de la maintenance des réacteurs nucléaires. Une acquisition qui va améliorer la compétitivité d’EDF, selon le patron du groupe. Cette opération doit être bouclée d’ici la fin du premier trimestre 2017.

Cessions : Dans le cadre de son grand plan d’économies, EDF a réussi à réduire ses charges opérationnelles de 300 millions d’euros en 2016 par rapport à 2015. Surtout, le groupe vise environ 10 milliards d’euros de cessions entre 2015 et 2020. Le groupe a déjà atteint 6,7 milliards d’euros, en grande partie grâce à la cession à la Caisse des dépôts et CNP de 49,9 % de sa filiale RTE valorisée à hauteur de 8,2 milliards d’euros.

Concurrence : L’ouverture des marchés de l’électricité imposée à la France par l’Union européenne est un vrai obstacle pour EDF. En 2016, l’électricien a été exposé trois fois plus aux marchés de gros, au moment où celui-ci atteint un point bas historique. Le PDG note une robustesse du groupe qui compte toujours 90 % du marché des particuliers et 65 % du marché professionnel. "Nous avons gardé trois quart de nos clients après la fin des tarifs vert et jaunes (tarifs professionnels) alors que notre objectif était de deux tiers", se réjouit le PDG avant d’ajouter : "Nous avons fait mieux que prévu alors que le régulateur voulait que nous perdions des parts de marché".

Endettement : EDF est trop endetté. C’est le talon d’Achille de l’entreprise. Mais il y a un très léger mieux. "En 2016, pour la première fois l’endettement a été stabilisé alors qu’il progressait ces dernières années", se réjouit Jean-Bernard Lévy. Il est resté à 37,4 milliards d’euros. En revanche, le ratio de l’endettement net sur l’Ebitda est passé de 2,1 à 2,3. Le PDG assure qu’il n’y a "pas de tension sur la capacité d’emprunt du groupe afin de couvrir nos besoins d’investissement". Réduire cet endettement reste cependant le plus gros chantier du dirigeant qui rappelle avoir été surpris de son niveau quand il a pris ses fonctions en 2014.

EPR : redonner des couleurs à l’EPR est essentiel car c’est le seul réacteur nucléaire abouti que possède la France sur étagère. Jean-Bernard Lévy réaffirme que l’EPR de Flamanville (Manche) entrera en service fin 2018 tout en assurant que les anomalies de la cuve ne poseront pas de problème. "Nous avons toute confiance dans le fait que l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) jugera au second trimestre que la cuve ne pose pas de souci", juge-t-il. Par ailleurs, il se félicite de la fin de chantier à Taishan en Chine et du début des travaux à Hinkley Point en Angleterre. "Le climat de confiance sur l’EPR est en train de basculer positivement", explique le dirigeant en se rappelant le regain d’intérêt de l’Inde pour ce réacteur.

Fessenheim : Le PDG se soumet à la loi de Transition énergétique qui plafonne la puissance du parc nucléaire en France. La fermeture des deux réacteurs de Fessenheim (Haut-Rhin) interviendra donc en 2018 lors du démarrage de l’EPR de Flamanville. Il imagine même que le conseil d’administration puisse se réunir avant la fin du mandat présidentiel en cours  pour acter cette mise à l’arrêt.

Hinkley Point : En 2016, EDF a pris la décision finale d’investissement pour la construction de deux EPR à Hinkley Point malgré des oppositions en interne et le Brexit. Le premier béton doit être coulé en 2019. Pour l’heure, EDF mène des travaux de terrassement et "mobilise ses fournisseurs et ses équipes d’ingénieurs", explique Vincent de Rivaz, président de EDF Energy (filiale britannique d’EDF).

Hydraulique : L’énergie hydroélectrique a connu une belle progression en 2016 avec une hausse de 9 % par rapport à 2015 à 42,4 TWh. Une réussite due à de bonnes conditions hydrologiques. Mais EDF doit faire face à la demande insistante de Bruxelles de mise en concurrence des concessions des barrages français.

Innovation : Pour Jean-Bernard Lévy, l’innovation auprès des clients particuliers est un enjeu stratégique d’EDF. Il met en avant trois projets en cours : le lancement du terminal Sowee destiné à piloter la maison, l’installation de trois millions de compteurs communicants Linky et l’offre d’autoconsommation comprenant des panneaux solaires et des batteries.

Production nucléaire : La découverte d’une anomalie générique sur les générateurs de vapeur du parc nucléaire a amené l’ASN a demandé la mise à l’arrêt de 18 réacteurs en 2016. S'ils ont presque tous redémarré, l’épisode a couté très cher à l’entreprise. D’une part, il a fallu se passer de ces outils de production et, d’autre part acheter l’électricité manquante sur les marchés. La production nucléaire s’est établie à 384 TWh en 2016 en recul de 32,8 TWh par rapport à 2015. C’est un manque à gagner de 1,27 milliard d’euros. En 2017, le PDG annonce un objectif modeste de production nucléaire entre 390 et 400 TWh en raison de réacteurs toujours déconnectés et de grands arrêts programmés.

Rebond : Après une année 2016 compliquée, Jean-Bernard Lévy anticipe une année 2017 difficile avec un Ebitda qui atteindra un point bas entre 13,7 et 14,3 milliards d’euros, en particulier à cause de conditions de marché très défavorables. En revanche, il s’engage sur un rebond 2018 grâce, entre autres, au déploiement du plan d’économies, d’une meilleure production nucléaire et de la croissance des activités renouvelables. Rendez-vous est pris !

Renouvellement : C’est le chantier du siècle pour EDF. Le groupe doit d’ores-et-déjà anticiper le renouvellement du parc nucléaire français qui est "d’une importance cruciale pour EDF et pour l’indépendance du pays", explique le PDG. Les premiers réacteurs seront remplacés à l’horizon 2030 assure-t-il. Depuis trois ans, les équipes d’EDF et d’Areva travaillent à faire baisser les coûts de l’EPR dans le cadre d’une grande série. Mais le PDG évoque des questions encore plus complexes : le financement de ce chantier alors que le groupe est très endetté, la rémunération qui doit être garantie dans le cadre d’un marché de plus en plus volatil, les partenariats pour développer ce nouveau parc. 

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