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EPR de Flamanville, un nouveau retard qui fait mal à la filière nucléaire

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5 ans de retard et une facture qui ne cessent de grossir, l’EPR en construction de Flamanville affiche un nouveau délai dans sa mise en service. Il produira ses premiers électrons en 2017. Face à cette nouvelle difficulté, EDF met en cause Areva.

EPR de Flamanville, un nouveau retard qui fait mal à la filière nucléaire © EDF

Ce mardi 18 novembre, EDF a annoncé que l’EPR de Flamanville (Manche) affiche un nouveau retard. Prévue pour 2016, la mise en service n’interviendrait désormais qu’en 2017. Soit 9 ans après la mise en chantier et avec 5 ans de retard sur le planning initial. La facture du réacteur, déjà gonflée à 8,5 milliards d’euros, devrait encore s’alourdir.

Sans Flamanville, quid de Fessenheim ?

L’annonce de retard d’un an, en 2017, de la mise en service de l’EPR de Flamanville interroge sur l’avenir de la centrale de Fessenheim (Bas-Rhin). La loi de transition énergétique, votée en première lecture à l’Assemblée Nationale, prévoit le plafonnement de la puissance du parc nucléaire français à sa puissance actuelle. Une méthode qui force EDF à fermer deux réacteurs existants pour ouvrir son réacteur en construction. Habilement, le démarrage en 2016 de Flamanville coïncidait avec la promesse de François Hollande de fermer Fessenheim avant fin 2016. Désormais, EDF n’a pas de raison de fermer de réacteurs avant 2017 car il n’entrera pas en contradiction avec la loi.

 

Dans un communiqué, EDF met en avant deux arguments pour expliquer ce nouveau délai, et pointe Areva du doigt : "Cette révision du planning résulte des difficultés rencontrées par Areva sur les livraisons d’équipements tels que le couvercle et les structures internes de la cuve [et] la mise en place de la réglementation des équipements sous pression nucléaires (ESPN) pour laquelle Flamanville 3 est tête de série, en particulier sur un lot de montage réalisé par Areva et ses entreprises sous-traitantes".

Areva déjà à la peine

Un coup dur pour Areva alors que la société vient le même jour d’annoncer une suspension de ces prévisions financières pour les années 2015 et 2016 en raison de difficultés sur un grand nombre de ses activités. "La revue de projet permettra, avec l’ensemble des fournisseurs, de définir précisément les conséquences des éléments mentionnés portés à notre connaissance et de prendre toutes les décisions nécessaires pour le bon achèvement du chantier", précise EDF.

Ce sera donc le premier dossier chaud qu’aura à traiter Jean-Bernard Lévy qui doit, ce vendredi 21 novembre, prendre la tête d’EDF à l’issue de l’Assemblée générale du groupe en remplacement d’Henri Proglio.

Ludovic Dupin

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