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Quotidien des Usines

Eolien offshore : « Il est encore temps de prendre le train en marche »

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Le débat public du premier projet éolien en mer le long du littoral français, le parc des Deux Côtes étudié par la filiale de GDF Suez la Compagnie du vent, a pris fin la semaine dernière. Interview de Jean-Mathieu Kolb, directeur des activités offshore de la société.

Eolien offshore : « Il est encore temps de prendre le train en marche »

Comment s’est passé le débat public autour de votre projet ?

Nous venons de vivre un débat public sur un projet novateur en France. Le débat s’est déroulé sur les mois d’avril, mai, juin, juillet et septembre avec une douzaine de réunions publiques ainsi que des questions posées sur Internet, auxquelles nous avons été tenus de répondre. Nos réponses sont aujourd’hui consultables par tous.

Les craintes soulevées lors de ce débat auraient été balayées s’il ne s’était pas agi d’une première en France. De la même manière que les agriculteurs craignaient que les éoliennes terrestres fassent tourner le lait des vaches dans les années 2000, certaines rumeurs sont tombées d’elles-mêmes au fil du débat. Nous avons retrouvé les craintes exprimées pour l’éolien terrestre que tous les oiseaux se dirigent vers les éoliennes par exemple.  D’autres intervenants ont exprimé la crainte que les éoliennes ne tiennent pas face aux tempêtes. Or celles présentes dans la mer du Nord semblent tenir ! Nous savions que ces questions surgiraient lors du débat, c’était le jeu. Le débat a été riche, argumenté, et a permis de faire progresser l’information sur l’éolien offshore.

Le projet des deux côtes

Ce projet consiste à réaliser un parc éolien en mer, d'une puissance installée de 705 MW, produite par 141 éoliennes d'une puissance de 5 MW chacune, à 14 km de la côte, entre Dieppe et le sud de la Baie de Somme, dans des fonds d'une profondeur moyenne comprise entre 10 et 25 mètres, pour un montant d'1,8 milliards d'euros.
Le projet s'étend sur une superficie de 72 km², les éoliennes étant distantes entre elles de 600 m au minimum. L'énergie produite par le parc serait acheminée vers le réseau électrique 400 kV existant, au niveau du poste de transformation RTE de la Centrale nucléaire de Penly.
Quel sera son impact concret sur le projet ?

A à la différence d’une enquête publique, le commissaire du débat public ne donne pas d’avis favorable ou défavorable sur la poursuite du projet. C’est au maître d’ouvrage, c’est-à-dire la Compagnie du vent, de décider s’il poursuit ou non le projet compte tenu de la teneur des débats. La commission tire actuellement un compte-rendu traduisant les arguments qu’elle a pu entendre.

Pensez-vous éviter aux futurs parcs du littoral français certaines de ces discussions ?

Dans chaque territoire concerné, nous allons assister à une découverte de l’éolien en mer par les parties prenantes riveraines. Les discussions devront être abordées à chaque fois qu’elles seront nécessaires.

Quelle part ont pris les industriels dans le débat ?

Les acteurs économiques français ont compris l’intérêt du débat public. Notre projet a fait l’objet d’un fort soutien des régions, des départements, des communes concernés, et des deux ports. Les industriels, et les ports en première ligne, nous disent qu’ils voient ce qui se passe à l’étranger et que cela leur fait envie. Ils se sentent capables de décrocher des parts de marché sur l’éolien offshore.

La France a de sérieux atouts dans le domaine. Il faut savoir que contrairement au terrestre, où l’éolienne représente 70%de l’investissement de la création d’un parc, la machine ne représente de 50% de l'investissement sur un parc éolien en mer. Le reste de l’investissement est consacré au matériel électrique ou aux fondations. Des fleurons français tels que l’ancien Areva T et D désormais scindé chez Alstom et Schneider, le franco-norvégien Naexens pour les câbles, ou les chantiers navals DCNS et STX ont de sérieuses opportunités à saisir.

Plusieurs constructeurs de tours éoliennes tels les mâtiers Siag, Seole ou un mâtier local breton, ainsi que  le constructeur de turbines Repower  sont tentés par la diversification vers l’éolien offshore et réfléchissent à implanter une usine en bord de mer. Sachant que la tour représente 30% de l’investissement dans une éolienne, les possibilités de croissance sont réelles.  D’autant qu’il s’agit de matériel très encombrant : il y a un véritable intérêt à produire sur place et à ne pas transporter les mâts sur des kilomètres et des kilomètres.

Sommes-nous en retard sur la Grande-Bretagne ou la Chine, qui vient d’annoncer un parc d’1 GW ?

A ce jour, la Chine ne compte qu’une douzaine d’éoliennes offshore : attendons de voir. Le grand marché qui avance par contre est bel et bien la Grande-Bretagne, qui multiplie les projets depuis deux ans et se fabrique une carte de visite à l'international. Néanmoins, nous ne sommes pas encore trop en retard. Il est aujourd’hui possible de prendre le train en marche. L’éolien offshore a débuté dans les années 2000. Aujourd’hui, les industriels du secteur montent en puissance. Il y a forcément une courbe d’apprentissage de quelques mois pour apprendre le métier et adapter l’outil industriel. D’autres en Europe apprennent encore. Le risque pour nous est qu’ils commencent à rentabiliser l’outil de production : à nous de décoller avant que ces derniers ne terminent leur courbe d’apprentissage.

Encore une fois, nous avons des atouts dans l'Hexagone. La valeur ajoutée d’une éolienne réside dans ses pièces et non dans l’assemblage : une éolienne compte 6000 pièces, en comparaison, une voiture n’en compte que 2000. Les industriels français à même de fabriquer ces pièces sur toute la chaîne de valeur ont déjà été identifiés par une étude de Cap Gemini et du Syndicat des énergies renouvelables. Reste à les qualifier, et à se lancer.

Lire aussi :
Un port français sera reconverti en mâtier éolien offshore
Ouverture du débat public pour le projet de Parc éolien off shore "des deux côtes"

 

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