Environnement: la percée de Degrémont

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Environnement: la percée de Degrémont

Le Japon a vingt ans de retard dans le traitement des eaux. Degrémont, filiale de la Lyonnaise, dispose des meilleures technologies au monde. Pour le français, il était logique de tenter l'aventure. D'autant que le marché est considérable: 60millions de Japonais ne sont pas encore raccordés à l'égout. Mais, sur ce marché très fermé et conservateur, l'association avec des firmes japonaises était incontournable. En 1985, Jérôme Monod, le patron de la Lyonnaise, suscite un joint-venture à 50-50 entre Degrémont-Lyonnaise d'une part, Shimizu (numéro 1 du B-TP japonais) et un chimiste nippon d'autre part. Fin 1990, Degrémont impose sa technologie des planchers de filtres pour la station de Kanamachi, qui traite les eaux potables de la ville de Tokyo. Une opération prestigieuse qui aura valeur de référence. Et permettra à Degrémont de pénétrer aussi les marchés ruraux d'assainissement des eaux usées. La dernière prouesse en date a été l'homologation du système Degrémont de filtration par membrane face à dix-sept concurrents japonais. Une dizaine de systèmes pilotes sont actuellement testés, et les premières commandes sont attendues pour 1995. Mais la filiale nippone de Degrémont, Dic-Degrémont (250millions de francs de chiffre d'affaires), est déjà rentable. Elle est aussi passée maître dans l'art de se servir des aides du Japon aux pays tiers pour décrocher des marchés au Mexique et en Indonésie. "Le plus dur, confie Jean-Louis Pradier, directeur de Dic-Degrémont à Tokyo, a été la systématique remise en cause par les Japonais de nos technologies, pourtant reconnues dans le monde entier. Car au Japon, il faut tout justifier. Une leçon d'humilité."

J.-F. J.

USINE NOUVELLE - N°2449 -

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