Environnement : Eco-Lubrifiants démarrera avant la fin de l'année

Eco-Lubrifiants, la société de droit privé qui, sous la responsabilité des professionnels, doit gérer la filière des huiles usagées, a six mois de retard. Mais le relais avec le système actuel devrait s'opérer en douceur.

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La nouvelle version du décret réglementant l'élimination des huiles usagée, en cours d'examen par le Conseil de la concurrence, ne pourra pas être publiée avant la mi-novembre au "Journal officiel". Tout, pourtant, avait été anticipé, tant du côté des trois ministères concernés (l'Environnement, l'Industrie, les Finances) que du côté des professionnels, pétroliers et industriels du graissage.

Eco-Lubrifiants, créée le 10mai dernier pour financer la collecte et la revalorisation de quelque 220000tonnes d'huiles usagées, devait commencer à fonctionner le 1erjuillet dernier. Avec un budget d'environ 120millions de francs, alimenté par une "contribution" demandée aux producteurs d'huiles automobiles et industrielles usagées au prorata des tonnages mis sur le marché. Le comité chargé de préparer le décret sur l'élimination des huiles usagées (dans le sillage du rapport Pietrasanta, demandé par Ségolène Royal, alors ministre de l'Environnement) l'avait remis sur le métier pas moins de vingt-six fois avant de le soumettre pour avis au Conseil d'Etat le 16 mai dernier.

150 francs par tonne

Le 20 juillet, à la surprise générale, la haute juridiction estimait néanmoins que le Conseil de la concurrence aurait dû être obligatoirement consulté et exigeait que soient incluses dans les produits à récupérer les huiles dites " de procédé", utilisées comme matières premières par les industries des encres, du caoutchouc ou encore des plastiques. Et, pour remplacer l'ancienne taxe, applicable jusqu'au 31août, une taxe parafiscale a dû être instituée, sur des bases identiques (150francs par tonne d'huiles de base neuves et régénérées), afin de continuer de financer le ramassage par les quelque soixante sociétés spécialisées. Insuffisante toutefois pour éponger les pertes du système, géré sous la responsabilité de l'Ademe (l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), elle devra très probablement être perçue au-delà de la date de parution du nouveau décret.

Sans autre ressource que les avances de ses trente-cinq actionnaires (représentent 93% du marché français), Eco-Lubrifiants reste, sous la responsabilité de Serge Bielikoff, dans les starting-blocks pour opérer la transition le plus vite possible. Sauf nouvel incident de parcours.





Un seul centre de reraffinage français

Les deux unités de UFP, en Lorraine, et de Solunor, dans le Nord, ayant fermé en 1992, il n'y a plus en France qu'un seul centre de reraffinage des huiles usagées noires, celui de Lillebonne-Port-Jérôme, en Seine-Maritime. Le nouveau décret affirmant la priorité de la regénération sur le brûlage dans les cimenteries, les usines de traitement de déchets et les fours

à chaux, ce sera l'interlocuteur obligé d'Eco-Lubrifiants. En redressement judiciaire pendant plus d'un an, CBL, une filiale de Castrol, Total, Elf et Motul, qui l'exploitait depuis le début des années70, a été reprise en décembre 1993 par la nouvelle Compagnie française Eco-Huile, contrôlée par Joèl Picard. Au prix de 20millions de francs d'investissements sur deux ans, les rendements de cette unité de 110000 tonnes par an de capacité "agréée" ont été améliorés au point que Philippe Jamot, le P-DG de la société (90millions de ventes prévus , 70salariés), assure qu'elle sera "positivement équilibrée" dès 1994. Sans avoir renoncé à son procédé de distillation sous vide et de traitement à la terre activée.

La construction d'une deuxième unité de reraffinage de 80000t. par an (ou deux de 30000 à 40000t.) sera décidée d'ici à la fin de 1994 pour traiter les huiles usagées de la moitié sud de la France. Les coupes obtenues à Lillebonne sont vendues aux principaux industriels du graissage, Castrol, Igol, Labo, Motul, qui

les incorporent dans les huiles neuves.



le marché des huiles en 1993

Huiles pour l'automobile: 490900tonnes

Huiles industrielles: 264000tonnes

Huiles de procédé: 85400tonnes

Source: Centre professionnel des lubrifiants

USINE NOUVELLE - N°2471 -

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