Environnement : Degremont se renforce dans le traitement de l'eau

Les " traiteurs " d'eau et de fluides de process se concentrent outre-Atlantique. Degrémont, numéro 1 européen du secteur, réplique en prenant le contrôle de l'allemand Schilling

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ENVIRONNEMENT

DEGREMONT SE RENFORCE DANS LE TRAITEMENT DE L'EAU

Les " traiteurs " d'eau et de fluides de process se concentrent outre-Atlantique. Degrémont, numéro 1 européen du secteur, réplique en prenant le contrôle de l'allemand Schilling

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Engagé dans le traitement chimique de l'eau depuis six ans, Degrémont, dont le métier de base est la construction de stations d'épuration, poursuit ses acquisitions. La filiale de la Lyonnaise des eaux vient de prendre une participation majoritaire dans l'allemand Schilling (180 millions de francs de chiffre d'affaires, 300 salariés), qui sera effective en janvier prochain. Grâce à cette opération, les ventes d'antitartre, d'inhibiteurs de corrosion, de coagulants et autres floculants aux stations d'épuration, papetiers et tout industriel souhaitant traiter ses eaux de process atteindront plus de 1 milliard de francs, soit le cinquième de l'activité totale de Degrémont. " La construction est un métier à risque ", explique Pascal Rémy, le patron, chez Degrémont, du " conditionnement " de l'eau - un terme qui peut évoquer, à tort, l'emballage plutôt que le traitement chimique. " Le conditionnement nous apporte des revenus récurrents et fidélise le client ", poursuit-il. Outre-Atlantique, une grosse fusion a fait basculer les forces en présence. En juillet dernier, les américains Betz Laboratories et Grace Dearborn, respectivement deuxième et troisième leaders mondiaux du secteur, ont fusionné. Du coup, la nouvelle entité formée, BetzDearborn, pèse autant que Nalco, un autre " conditionneur " américain, soit un peu plus de 6 milliards de francs de chiffre d'affaires chacun. Grâce à ses acquisitions, Degrémont pointe au troisième rang mondial. Mais, à la différence de ses grands concurrents américains, la filiale de la Lyonnaise des eaux n'est centrée que sur l'eau. " Chez Degrémont, nous considérons par exemple que le traitement du pétrole ou du fioul n'est pas notre métier ", précise Pascal Rémy. En revanche, tous les grands traiteurs d'eau finals se retrouvent sur un point : le développement d'une logique de service. Histoire de fidéliser le client au-delà de la simple vente de consommables. Ainsi, BetzDearborn loue le matériel qui assure la fiabilité des produits chimiques qu'il vend. Un système informatique peut gérer l'exploitation d'un circuit d'eau d'une chaudière.

Une complémentarité des deux entreprises

Autre préoccupation commune aux grands du domaine : présenter la couverture géographique et/ou sectorielle la plus large possible. Max Rouyer, chef de produit des eaux résiduaires et des procédés industriels de BetzDearborn France, donne un exemple de la complémentarité des deux entreprises qui ont fusionné. " En France, Betz possède une expérience importante en procédés industriels de type dénaturation des peintures en cabines humides et contrôle des émissions de poussières par voie chimique, indi- que-t-il. Dearborn présente des compétences dans les procédés agroalimentaires. " De même, l'anglais Houseman, qui affiche déjà une présence forte forte dans le traitement des eaux des circuits de refroidissement, peut-il s'appuyer sur le savoir-faire des autres filiales de Degrémont depuis son rachat par le groupe français en 1995. " Le grenoblois Joud va nous aider à pénétrer le marché du process papetier et Degrémont Erpac celui du traitement des eaux usées ", explique John Dobson, le directeur général de Houseman. Cet apport n'est d'ailleurs pas à sens unique. " Houseman offre une gamme pour désencrasser les membranes. Un marché qui croît de 30 à 40 % par an ", souligne Pascal Rémy, de Degrémont. Un achat d'un anglais l'année dernière, un allemand cette année, Degrémont bâtit bel et bien son pôle européen. " Nous sommes les premiers dans ce marché, qui pèse 5,5 milliards de francs ", explique Pascal Rémy. La filiale de la Lyonnaise devrait continuer sur sa lancée en achetant l'année prochaine un traiteur d'eau espagnol.





Trois groupes dominent

BetzDearborn


· Américain.

· Plus de 6 milliards de francs de chiffre d'affaires.

· 6 600 salariés.

Nalco

· Américain.

· Plus de 6 milliards de francs de chiffre d'affaires.

· 6 081 salariés.

Degrémont, pôle de conditionnement

· Français.

· Groupe Lyonnaise des eaux.

· 765 millions de francs de chiffre d'affaires en 1996 (plus de 1 milliard en 1997).

· 800 salariés en 1996 (1 100 en 1997).

· Principales filiales : Degrémont Erpac (France), Joud (France), Houseman (Grande-Bretagne), Schilling (Allemagne).

· Cinq sites de production.

Le marché du conditionnement de l'eau qui, dans sa globalité, pèse 9,5 milliards de francs en Europe, selon le cabinet d'étude Frost & Sullivan, intéresse aussi les chimistes. Ainsi, des grands groupes comme BASF fabriquent des produits de base, tels la chaux ou les sels minéraux, qui peuvent être utilisés directement par le client. D'autres chimistes produisent des produits de spécialité à plus haute valeur ajoutée. C'est le cas du français SNF Floerger, premier producteur mondial de floculants, qui vend sa gamme directement ou au travers de sociétés comme Degrémont.

USINE NOUVELLE N°2569

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