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Entretien : « Le pilote de l'export, c'est la région »

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Publié le

Enquête Nicole Bricq, la ministre du Commerce extérieur, veut mieux identifier les PME à fort potentiel d'exportation. Elle a demandé au Trésor d'identifier les filières porteuses.

Votre objectif est de réduire le déficit du commerce extérieur de 25 milliards sur cinq ans. Plus qu'un problème d'export, n'est-ce pas le symptôme d'un affaiblissement de l'industrie ?

Oui, c'est le marqueur d'une défaillance. Le diagnostic est bien connu : nos entreprises ont un problème de taille, de produits et de gammes. Je disposerai fin septembre d'une étude du Trésor, qui identifie pays par pays nos filières porteuses. Elle va me permettre de définir des priorités d'action pour pousser l'offre commerciale de la France. Mais j'ai besoin de la mobilisation de tous : d'Arnaud Montebourg pour renforcer la taille des entreprises, de Fleur Pellerin et de Geneviève Fioraso, car une entreprise qui innove a trois fois plus de chance d'exporter, et aussi de Pierre Moscovici et de Jérôme Cahuzac pour l'amélioration des financements à l'export.

 

Quel est le problème avec ces financements ?

Ils ne sont pas toujours assez compétitifs, en particulier par rapport à l'Allemagne, aux États-Unis et au Japon. À chaque fois que nous avons été confrontés à une difficulté, nous avons su réagir et proposer in fine des financements compétitifs, mais il nous faut trouver des solutions pérennes. L'État doit devenir un prêteur direct. Il faut donc un volet export à la Banque publique d'investissement.

 

Cela risque de coûter cher ?

Il faudra faire des arbitrages mais l'enjeu est de taille : 1 milliard supplémentaire à l'export, c'est 10 000 emplois en France.

 

Encore faut-il que les grandes entreprises s'appuient sur leurs sous-traitants... Faut-il mettre des conditions aux aides qui leur sont accordées ?

Pourquoi pas. Il faut que nos grandes entreprises, qui ont beaucoup reçu de la puissance publique pour les aider à s'internationaliser, entraînent leur PME. Quand Airbus s'implante en Alabama, je comprends leur stratégie, la question du dollar, la volonté de s'ouvrir des marchés, mais je suis très vigilante sur le sort des équipementiers derrière.

 

Y a-t-il aussi un problème de coût du travail ?

Cela joue incontestablement pour certains secteurs, comme l'habillement ou la chaussure. Dans le domaine des services aux entreprises, nous sommes également 25% plus chers que les Allemands. Je ne nie donc pas le problème mais je le remets à sa place. La question de la compétitivité-coût n'est pas primordiale à l'export. Ce qui l'est, c'est la capacité d'innovation et la taille de l'entreprise.

 

Comment voulez-vous organiser le dispositif de soutien à l'export en France ?

La clé c'est de bien repérer les entreprises à potentiel exportateur. Il y a beaucoup d'intervenants sur les territoires et les synergies ne jouent pas toujours. Il faut un pilote et je pense que ce doit être les régions qui connaissent bien leur tissu industriel. À elles de réunir les acteurs de l'export.

 

Et l'organisation à l'étranger, Laurent Fabius a indiqué récemment aux ambassadeurs qu'ils devaient être « les capitaines de l'équipe de France » ?

C'est très bien que Laurent Fabius mobilise les ambassadeurs autour de la diplomatie économique dont je suis, par fonction, l'animatrice. Je souhaite également qu'Ubifrance accompagne mieux les entreprises dans la durée. Sur 100 entreprises qui se lancent à l'export, 70 n'y sont plus l'année suivante.

 

C'est fini les charters où l'on emmène des centaines d'entreprises pendant une journée ?

La technique de l'avion plein à craquer, c'est spectaculaire, ça fait de belles images, mais ce qu'il faut c'est de la performance et du suivi. Il faut bien préparer les rendez-vous pour que cela soit productif. Et des délégations d'entreprises qui ont fait leur analyse de marché, musclé leur offre et qui ont une capacité financière suffisante. Je vais aider les PME mais, de leur côté, il faut qu'elles soient ouvertes sur le monde.

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1 commentaire

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13/09/2012 - 15h21 -

Si « Le pilote de l'export, c'est la région », alors pour l'exploration du système solaire, le pilote c'est le département, et l'empire galactique sera du ressort des communes ?
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