Entreprises de la Silver Economie cherchent investisseurs désespérément

La filière industrielle de l’autonomie des personnes âgées est en pleine émergence. Mais les entreprises du secteur peinent à grandir faute de financement à l’heure de développer commercialement leurs produits, souligne une étude.

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Entreprises de la Silver Economie cherchent investisseurs désespérément

Créer des services personnalisés et mettre au point des technologies qui favorisent l’autonomie des personnes âgées : l’objectif est louable et devrait être profitable. Mais pour que la filière industrielle de la Silver Economie, voulue par le gouvernement, se développe, encore faut-il que les entreprises du secteur trouvent à se financer. Car la situation actuelle favorise encore trop la création de TPE, et non des PME ou entreprises de taille intermédiaire, selon les conclusions de l’enquête dévoilée ce jeudi 4 avril par le cluster Silver Valley. Avec l’aide de grands financeurs - la Caisse des dépôts, la Datar, le groupe de protection sociale AG2R La Mondiale et l’organisme de prêts d’honneur Scientipôle Initiative -, le cluster a interrogé une cinquantaine d’entreprises engagées dans l’autonomie des seniors.

Traverser "la vallée de la mort"

Si le marché est en explosion, soutenu par le vieillissement de la population et quelques success stories (les bracelets anti fugue de Bluelinea, les téléphones pour seniors de Doro…), les dirigeants de ces start-up – des quadragénaires expérimentés, ingénieurs et "serial-entrepreneurs" pour la plupart – peinent encore à traverser "la vallée de la mort". Cette étape de transition entre la phase d’amorçage et l’industrialisation.

Difficile pour eux de s’y retrouver entre les différentes aides financières apportées par le public ou le privé, et de convaincre les investisseurs d’un modèle économique viable pour leur technologie qui ne dépende pas d’un éventuel remboursement par la Sécurité Sociale ! Conséquence, ils lèvent en moyenne 156 000 euros en fonds propres (leurs propres deniers ou de la "love money") et 163 000 euros d’aide publique. Mais se retrouvent souvent à court de trésorerie au moment de commercialiser leur produit, observe Benjamin Zimmer, directeur de la Silver Valley. "Le souci n’est pas que les entreprises disparaissent, mais qu’elles ne croissent pas", estime Eric Vaysset, directeur de Scientipôle Initiative.

Prêts d’honneur pour les start-up, fonds d’investissement pour les PME

Que faire alors ? Accompagner les entrepreneurs, grâce aux clusters spécialisés, plaide évidemment le francilien Silver Valley, pour les aider à construire un business plan adapté et à rencontrer la demande. Mais aussi "accroître la visibilité et l’utilisation de véhicules financiers existants, et les flécher davantage sur les entreprises de la Silver Economie", estime Jérôme Arnaud, président de la Silver Valley. Cette dernière a donc signé ce jeudi 3 avril une convention avec Scientipôle Initiative pour proposer aux dirigeants de start-up franciliennes des prêts à taux zéro pouvant aller jusqu’à 90 000 euros, remboursables sur cinq ans.

Quant aux entreprises un peu plus avancées et disposant déjà de revenus, elles peuvent compter sur le jeune fonds d’investissement sectoriel de la Caisse des Dépôts, SISA, dédié au financement des services Innovants pour les acteurs de la santé et de l’autonomie. Il compte aussi parmi ses financeurs tous les grands acteurs de la protection sociale… mais aucun groupe industriel. Ces derniers préférant jouer la carte du partenariat.

Gaëlle Fleitour

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