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Entrepreneurde parti politique

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Entrepreneur en série, le fondateur de Business Objects et de l’association Croissance Plus, Denis Payre, a lancé, début octobre, un parti politique, Nous Citoyens. Son ambition : que la classe politique ressemble enfin à la société civile.

Entrepreneurde parti politique
La France est bloquée, mais elle a pourtant un potentiel considérable.

Entrepreneur de parti politique

  • Transat Passionné de voilier, il a déjà traversé l’Atlantique en équipage.
  • Famille Pour lui, elle passe avant ses intérêts financiers. Il a quitté Business Objects afin de voir davantage ses enfants.
  • Lyonnais Il tient de sa ville natale sa culture entrepreneuriale, mélange d’humanisme et d’innovation. Son grand-père et arrière-grand-père, soyeux lyonnais, sont ses modèles.
  • Exil fiscal Il a habité dix ans à Bruxelles, avant de revenir en France, en 2008. Il en a profité pour fonder Kiala et créer un Croissance Plus européen.
Dans quel projet se lancer, à cinquante ans, quand on a déjà fait deux fois fortune En quittant, début septembre, la direction de Kiala, son entreprise de livraison de colis rachetée par l’américain UPS en 2012, Denis Payre aurait pu profiter de ses quatre enfants, âgés de 9 à 19 ans. Ou naviguer, son autre grande passion. Au lieu de cela, il a fondé un nouveau parti politique baptisé Nous Citoyens.

Ce virage n’a pas étonné ses proches. "Il ne peut pas rester inactif. S’il ne crée pas, il s’ennuie", résume Geoffroy Roux de Bézieux, un ancien, comme lui, de l’Essec, qui fut dans la promotion précédant la sienne. Jusqu’à présent, ce Lyonnais ne s’était pourtant jamais engagé en politique, ni à droite ni à gauche.

C’est dans les affaires qu’il a fait bouger les lignes. En 1990, il a cofondé Business Objects, devenu l’un des rares poids lourds français de l’informatique. Il en démissionne à 34 ans, lessivé par les incessants voyages en avion, mais aussi faute d’envie "après 27 trimestres au-dessus de l’objectif". Avant Kiala, il avait également créé Croissance Plus, le lobby des start-up. L’esprit d’entreprise qui le caractérise est un héritage familial, renforcé par son éducation lyonnaise. Et par l’exemple de son arrière-grand-père, un entrepreneur parti vendre ses soieries jusqu’au Canada.

Fin 2012, la révolte des Pigeons contre le projet de taxation des plus-values a été un déclic. Denis Payre l’a soutenue, dénonçant le fossé entre la réalité et le monde politique. L’ancien exilé fiscal à Bruxelles a aussi gardé la dent dure contre la classe politique. En 1998, il avait fait le tour des cabinets ministériels et des députés pour réclamer un plafonnement de l’impôt sur la fortune, supprimé par le gouvernement Juppé. "Tous ceux que j’ai rencontrés m’ont dit qu’ils connaissaient le problème, mais les Français n’auraient pas compris que l’on touche à l’ISF. J’ai eu l’impression d’être mis à la porte de mon pays", s’énerve celui qui est revenu en France en 2008, à la faveur du bouclier fiscal.

Un appel au bon sens

Avec son parti Nous Citoyens, il entend réserver ses flèches à la classe politique, coupable de ne plus prendre de risques et de bloquer le pays. Il réclame des candidats "qui nous ressemblent, et non pas seulement des fonctionnaires ou des élus de carrière". Il n’est pas plus tendre avec Nicolas Sarkozy, qui n’arrive pas à tourner la page du pouvoir. Sur le fond, il réclame du "bon sens" et s’inquiète du dérapage de la dépense publique. "La France est bloquée, mais elle a pourtant un potentiel considérable. Dans mes entreprises, je devais souvent renvoyer chez eux, le soir, des Français qui voulaient continuer à travailler, jamais des Allemands ou des Américains", affirme l’ancien patron.

Il finance en partie les trois permanents de son mouvement, installé à Paris, dans un local exigu. "Ce n’est pas par ambition personnelle. Il ne cherche pas le pouvoir, mais veut faire bouger les choses", assure le PDG d’Avanquest, Bruno Vanryb, qui le côtoie depuis 1997 dans l’association patronale.

Il fonctionne par séquence, mais il ne peut pas rester inactif. S’il ne crée pas, il s’ennuie.

Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef

Séduire au-delà des patrons

Être élu, il l’assure, n’est pas son but. Denis Payre espère que sa petite musique contraindra les grands partis à reprendre ses propositions, élaborées au cours des mois qui viennent sur une plate-forme collaborative. "Comme tous les grands entrepreneurs, il est convaincu de son leadership", juge Jean-David Chamboredon, l’ancien chef de file des pigeons et adhérent du nouveau parti, qui lui reconnaît une certaine capacité d’écoute. Il peut marcher sur la corde raide, mais refuse d’être pris pour un Beppe Grillo à la française. Avec le fondateur italien du Mouvement 5 Étoiles, pourfendeur des élites, il affirme "ne partager que le principe de la plate-forme internet, pas le populisme". Il déteste les extrêmes. "Nous sommes raisonnables", précise-t-il.

Avec son costume élégant mais pas trop et son discours très rodé, Denis Payre a l’allure du gendre idéal. En deux semaines, son nouveau parti a reçu 1 000 adhésions. Sans surprise, ses réseaux d’entrepreneurs ont fait le plein des premiers soutiens. Mais il jure ne pas vouloir faire de son parti celui des patrons. Son défi sera de séduire au-delà. "Il est quelquefois trop cartésien, un peu lisse. Il lui manque un petit grain de fantaisie", note Geoffroy Roux de Bézieux. La politique est un monde plus hostile que l’entreprise. Le challenge ne lui fait pas peur. Au contraire. Lui, qui ne pense plus à s’exiler, prévient : "J’aime gravir les Everest." 

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