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Entre sanctions australiennes et polémique américaine, la Russie cherche des fournisseurs alternatifs d’uranium

Myrtille Delamarche , ,

Publié le

Frappée par des sanctions liées au conflit en Ukraine et critiquée aux Etats-Unis pour l’importance de sa part des capacités de production d’uranium sur le sol américain, la Russie cherche à sécuriser ses futurs approvisionnements en uranium en diversifiant ses importations. Parmi les pistes explorées, l’ouverture de capacités d’extraction en Mongolie.

Entre sanctions australiennes et polémique américaine, la Russie cherche des fournisseurs alternatifs d’uranium

La Russie produit sur son sol un peu plus de 3000 tonnes d’uranium par an, de quoi satisfaire la moitié de la demande de Rosatom, selon la division extraction du groupe. ARMZ extrait également de l’uranium du Kazakhstan voisin. Elle recourt également à ses stocks militaires, qui contiennent quelque 720 tonnes d’uranium hautement enrichi (soit le triple de la production annuelle mondiale, selon la World Nuclear Association).

Moscou contrôle en outre, depuis le rachat en 2009 de la société canadienne Uranium One, 20% de la capacité de production américaine d’uranium. Ce qui provoque quelques remous médiatiques aux Etats-Unis actuellement, Uranium One ayant financé la Fondation Clinton alors que ce rachat nécessitait la validation d’un comité interministériel américain où siégeait, entre autres, Hillary Clinton, comme le révèle le livre « Clinton cash », paru cette semaine.

Australie: un embargo symbolique... pour l'instant

L’Australie, enfin, avait annoncé dès septembre 2014 un embargo sur les ventes d’uranium à la Russie, en raison du comportement de cette dernière en Ukraine. Une sanction symbolique, car malgré la signature d’un accord bilatéral en 2007, une seule livraison de 100 tonnes était intervenue depuis, affirme le Moscow Times. Si l’Australie possède 29% des réserves mondiales, elle ne produit que 11% de l’uranium, derrière le Kazakhstan (38%) et le Canada (16%).

Or l’ambitieux plan de développement de l’énergie nucléaire russe implique la sécurisation de gisements supplémentaires. La Russie prépare une montée en puissance de sa production domestique, à travers un plan de développement d’ARMZ Uranium Holding, qui vise une réduction de 35% du coût d’extraction et la multiplication par six de son chiffre d’affaires d’ici 2030.

Mais les réserves russes n’y suffiront pas. Rosatom doit renforcer ses capacités à l’étranger. La polémique actuelle aux Etats-Unis et la fermeture potentielle de son accès aux gigantesques réserves australiennes pourrait, à terme, poser problème.

La Mongolie en ligne de mire

C’est donc vers des terres moins occidentales que Vladimir Poutine prospecte. La Mongolie est l’un des pays les plus prometteurs en termes de réserves. Selon le ministre russe des ressources naturelles, le sous-sol mongol renferme 120 000 à 150 000 tonnes de réserves prouvées, et quelque 1,4 million de tonnes de réserves probables, ce qui pourrait en faire le 5e producteur mondial.

L’intérêt russe pour l’uranium mongol n’est pas nouveau. Des discussions avaient été entamées dès 2009, avec la signature d’un accord par le Premier ministre Dimitri Medvedev lors d’une visite en Mongolie.

Sentant sa source d’approvisionnement se tarir, la compagnie ukrainienne Energoatom a, quant à elle, prudemment signé en avril un accord d’approvisionnement en uranium enrichi avec Areva pour remplacer le combustible russe.

Myrtille Delamarche

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