Entre les sacs papiers, plastiques ou en tissu, la bataille est lancée

Si les sacs en plastique jetables sont désormais bannis des magasins, les fabricants de plastique ne veulent pas abandonner la partie pour autant. Ils partent en campagne pour concurrencer les sacs en papier ou en tissu.

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Entre les sacs papiers, plastiques ou en tissu, la bataille est lancée

Vendredi 1er juillet, l’interdiction des sacs plastiques jetables aux caisses des supermarchés et des magasins, puis de ceux des rayons fruits et légumes, viandes et poissons six mois plus tard, n’impacte pas que les consommateurs. Chez les industriels, on se bat pour s’imposer avec des alternatives et récupérer une part du gâteau.

Pour emballer les produits alimentaires primeront désormais les sacs en papier ou en plastique biosourcé et compostable. Un créneau autorisé par la loi de Transition énergétique de Ségolène Royal, qui arrange à la fois la ministre… et l’industrie du plastique. Car pour s’emparer de ce dernier marché, les entreprises françaises (SPhere et Publi Embal & Artembal, Barbier, Limagrain…) assurent multiplier les innovations. "Le développement de ces nouveaux plastiques biosourcés permettra en tout de créer 3 000 emplois sur le territoire national", se réjouit déjà la ministre de l’Environnement. Et de sauver 900 emplois dans la filière des fabricants de sacs plastique en polyéthylène, ajoute l’industrie.

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Les fabricants de sacs plastiques en campagne

Pourtant, à partir du 1er juillet, ce sont surtout les sacs en papier qui devraient fleurir aux caisses des magasins. Pourraient-ils se généraliser en France et devenir, comme aux Etats-Unis, incontournables lorsqu’on fait ses courses ou qu’on achète de la nourriture à emporter ? "Le sac plastique a été vraiment adopté en masse en France grâce à la grande distribution, estime Julien Mechin, co-fondateur de la plateforme communautaire de designers Creads. Mais lorsqu’on va à l’épicerie du coin, on n’a pas forcément les mêmes usages car ce ne sont pas les mêmes volumes."

Pas question pourtant pour l’industrie du plastique souple d’abandonner le filon des supérettes et supermarchés, déjà mis à mal il y a vingt ans par la décision de Leclerc de supprimer les sacs de ses caisses. Alors, pour convaincre, elle mouille la chemise. Fin juin, le numéro un mondial de la chimie BASF s’invitait ainsi dans un des magasins d’alimentation générale du groupe Causses, pour faire la démonstration auprès des médias et du grand public de ses sacs en plastique biosourcés et compostables. Avantage, aux yeux du fondateur de Causses Alexis Roux de Bezieux, ces sacs transparents permettent au caissier de gagner du temps en voyant les produits. Et, argument de taille, ils ne coûteraient pas plus cher (cinq à huit centimes par sac, ndlr) qu’un sac papier.

L’étanchéité, talon d’Achille des sacs en papier

Reste que si le sac en papier se déchire avec l’humidité, les sacs en bioplastique expérimentés par le passé avaient plutôt laissé des souvenirs amers au consommateur, se déchirant aussi voire pourrissant… Ce n’est plus le cas avec sa technologie résistante et étanche, assure BASF. Qui multiplie donc les campagnes pour convaincre grande distribution et communes. Des expériences pilotes ont été lancées avec le Syndicat Centre Hérault et six collectivités du réseau Compost + pour les ancrer dans les habitudes de tri sélectif, avec deux millions de sacs distribués au total.

"Ces sacs devraient prendre le dessus, assure Jean-Marc Petat, le directeur développement durable de BASF à L’Usine Nouvelle. La France est notre deuxième marché sur les sacs bioplastiques. Notre objectif est d’atteindre au moins 25% de parts de marché sur les sacs fruits et légumes, capsules et films pour emballage de revues d’ici 2020." Or, grâce à cette loi, la France devrait être le plus grand mondial marché pour les sacs compostables à partir de l’an prochain, selon le chimiste.

Un support de communication pour les grandes marques

Mais la partie ne sera pas si simple… du côté des caisses des magasins. Sont désormais autorisés seulement les sacs en kraft, plastique épais (supérieur à 50 microns) ou réutilisables (coton, toile de jute, tissé). Un enjeu pour les grandes marques, observe Julien Mechin. "Plus le sac sera pratique, résistant et esthétique, plus leur clientèle aura envie de le porter à des occasions autres que le shopping. Pour cela, le choix des matériaux représente un enjeu stratégique."

Or les sacs en tissu bénéficient de l’envie des marques de monter en gamme, d’en faire un accessoire de garde-robe. D’autant plus lorsqu’un slogan décalé ou une identité visuelle est apposée dessus. Le spécialiste de la distribution d’emballages Raja a ainsi réalisé pour la marque de produis culturels d’occasion BookOff des sacs en coton personnalisés, les transformant "en vecteurs de communication et de marketing". Mais les dés ne sont pas jetés. "Pour moi, l’enjeu sera sur la qualité du support, quel que soit le type de sac", assure Julien Mechin.

Gaëlle Fleitour

Des milliards de sacs à remplacer !

700 millions de sacs de polyéthylène, à 95% issus d’Asie, étaient distribués à la caisse des supermarchés de France l’an dernier. Tandis que 5 milliards de sacs plastiques, fabriqués à 50% en France, sont distribués dans les chaînes de magasins et commerce de proximité, souvent personnalisés avec le logo de la marque. Tous ceux inférieurs à 50 microns sont désormais interdits. Enfin, 12 milliards de sacs étaient donnés à l’intérieur des supermarchés pour emballer les denrées alimentaires, comme les fruits et légumes. Fabriqués à l’étranger, ils seront interdits à compter du 1er janvier 2017, sauf pour les sacs plastiques compostables et biosourcés, ou en papier.

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